Histoires stellaires
1.
L’IBP change son nom pour « International Budget
Partnership »
2.
Deuxième
audience à Mombasa: des islamiques en faveur
des droits de l’homme et les audits sociaux au Kenya, par Robert
Valencia, se basant sur le rapport complet par Manuela Garza et Sowmya
Kidambi
3.
L’usage de budgets participatifs pour atteindre les
objectifs communautaires de la santé au Pérou, par Laura C. Atobelli
4.
Au Pérou, CAD crée des incitations créatives pour la
bonne gouvernance, par Rocío Campos
5.
Le pouvoir d’amendement budgétaire en Afrique du
Sud: de vieux débats et une nouvelle proposition de loi, par Len Verwey
6.
Projet pour la protection de services de base en
Ethiopie, par Zinash Kefale
Incidence
7.
Comment générer des réponses de la société civile
lorsque de nouvelles données sortent sur la pauvreté et les revenus, par Danilo Trisi
8.
Le droit à l’accès à l’information: le rôle de la
société civile en Ouganda, par Mukotani Rugyendo
9.
Le droit à l’accès à l’information publique: La
déclaration d’Atlanta et le plan d’action, par Laura Neuman
Nouvelles ressources
10.
Vidéos
de l’UNIFEM sur l’impact des budgets de genre en Bolivie et au Maroc
11.
Une évaluation montre que les efforts de
reconstruction suite au tremblement de terre au Pakistan ne replissent
pas leur promesse
12.
Une étude lie les programmes du FMI à l’aggravement des
niveaux de tuberculose dans les pays postcommunistes
13.
Budgets participatifs à Porto Alegre par le Département de Développement durable/Amérique Latine et Caraïbes
de la Banque Mondiale
Conférences
14.
Le droit à l’alimentation et les budgets
gouvernementaux
15.
Conférence sur le suivi de la dépense publique en
Azerbaïdjan
16.
Les OCS d’Afrique Occidentale participent à un atelier d’incidence
budgétaire
Annonces
17.
Opportunité de travail
18.
Nouveaux membres de l’équipe de l’IBP
L’IBP change son nom pour l’ «International Budget
Partnership»
Dans le
cadre de la célébration de notre dixième anniversaire, nous avons le
plaisir d’annoncer que l’International Budget Project a décidé de
changer son nom pour:
International
Budget Partnership
Open
Budgets.
Transform Lives.
Le
passage de « Project » à « Partnership » symbolise le fait que notre
relation avec chacun de nos collaborateurs est l’axe central de notre
travail et continuera à l’être à l’avenir. Notre nouveau nom est
fortement lié à la phrase : « Open Budgets. Transform Lives » (Budgets
ouverts. Transformer des Vies). La phrase représente non seulement notre
attention quotidienne à promouvoir, activement, la transparence
budgétaire et la participation citoyenne mais aussi notre intention
d’orienter nos efforts afin d’assurer que l’ouverture aux budgets amène
une meilleure qualité de vie pour les populations pauvres ou de bas
revenus.
Ensemble, nos nouveau nom et slogan sont un appel à l’action. Durant
les dix prochaines années, nous travaillerons en collaboration avec une
large variété d’institutions de la société civile pour construire des
alliances globales et nationales, faisant usage de l’analyse de budgets
et d’outils d’incidence pour le renforcement de la gouvernabilité et
l’anéantissement de la pauvreté et de l’inégalité.
Nous
pensons que, pour arriver à ces résultats, nous aurons besoin de suivre
les stratégies suivantes:
i)
inclure dans notre travail une focalisation plus forte sur un groupe de
pays sélectionnés; ii) augmenter les aides financières et techniques
dans chacun de ces pays afin d’élargir les coalitions de la société
civile iii) promouvoir une surveillance plus large des budgets de
gouvernements locaux, de l’exécution du budget et de la prestation de
services publiques, et iv) Commencer un programme local afin de
documenter, apprendre et faire connaître les leçons du travail sur le
terrain de nos associés ou de nos collaborateurs.
L’IBP a
été fondé il y a dix ans pour réaliser une série de réunions et appuyer
des organisations intéressées par la possibilité d’apprendre et
d’appliquer l’analyse budgétaire et les activités qui en découlent.
Pionniers dans le champ d’analyses de budgets de la part de la société
civile, nos efforts furent opportuns pour contribuer à l’intérêt global
naissant pour la transparence budgétaire et la remise de comptes.
Même si
nos taille et complexité programmatique ont évolué avec le temps, notre
mission reste la même : travailler avec des organisations de la société
civile dans le monde entier afin d’utiliser l’analyse de budgets et
d’incidence pour améliorer la gouvernabilité et réduire la pauvreté et
les inégalités. Nous restons convaincus par le fait que transformer les
budgets publics à travers des activités d’incidence se basant sur des
faits, est fondamental pour faire face aux menaces de mauvaise
gouvernabilité, de pauvreté et d’inégalité.
Toujours
plus important, nous restons engagés à travailler ensemble – dans une
société équitable – avec nos associés de la société civile et de réseaux
du monde entier pour mener à bien notre mission. Le changement réel
dépend surtout de l’innovation, de la capacité et du courage de nos
associés; notre contribution est là pour renforcer et appuyer leur
travail et partager ces leçons avec les organisations de la société
civile, hommes politiques, universitaires et experts en développement
dans le monde entier.
Ensemble, nous avons accompli d’importants progrès durant notre première
décennie. Dans de nombreux pays, le travail de nos associés a permis
d’améliorer l’accès public à l’information budgétaire et d’élargir la
participation dans le processus budgétaire. Dans certains pays, il a
donné lieu à des ajustements importants dans les assignations
budgétaires et la qualité de la dépense budgétaire qui affecte
directement les communautés les plus démunies.
Il est
important de reconnaître ce que nous avons atteint et ajuster nos
objectifs pour l’avenir. Au cours de nos dix premières années, nous
avons travaillé très dur pour apprendre comment faire un travail de
budgets – ; dans les dix années à venir, nous nous concentrerons de
plus en plus sur comment faire un travail de budgets plus efficace.
Le défi principal pour l’IBP est d’assurer que le travail budgétaire se
traduise en changements réels dans la vie des gens vivant dans la
pauvreté, avec une plus grande fréquence et dans encore plus de pays.
Notre slogan – « Open Budgets. Transform Lives. » - transmet ce
changement stratégique dans notre perspective.
Le
changement de nom est seulement l’une des nombreuses avancées
enthousiasmantes de l’IBP. Certains points importants de notre travail
récent et de celui à venir incluent ce qui suit:
Partnership Initiative (PI):
En tout début d’année, l’IBP a lancé un nouveau programme appelé –
“Partnership Initiative” -, qui collaborera intensément avec de
multiples associés et coalitions dans chacun des 15-18 pays afin de
promouvoir la recherche budgétaire et l’action avec comme potentiel de
catalyser des changements dans les systèmes budgétaires, institutions,
assignations et impacts. Le PI inclura aussi un programme de recherche
substantiel afin de lui donner un suivi et documenter l’impact du
travail que nous appuierons. Nous espérons que le PI fonctionne tel un
incubateur pour un travail innovant, qui puisse être adapté dans le
monde entier.
Open
Budget Initiative (OBI):
Début décembre de cette année, nous publierons l’Indice du Budget Ouvert
2008 - une enquête sur l’accès public à l’information du budget dans
plus de 80 pays. L’OBI sera lancé simultanément à DC, Londres et dans
divers centres régionaux en Afrique, Asie et Amérique Latine. L’IBP
planifie aussi une expansion importante de l’Indice du budget ouvert
pour mesurer la transparence budgétaire à un niveau local, tout comme
une recherche et un programme d’incidence plus vigoureuse.
Elargir
le travail de communications:
Début 2009, nous lancerons une version significativement actualisée et
révisée de notre site Internet, qui inclura des sections spéciales pour
à la fois des débutants et des experts en la matière, ainsi qu’un
programme d’apprentissage à distance et de nombreux outils pour analyser
les budgets et prendre des décisions. Nous créerons aussi sur notre site
Internet un espace exclusif, pour que nos associés communiquent
directement entre eux et publient des articles, avec comme but de
renforcer notre réseau et de renforcer l’apprentissage inter collègues.
Le nouveau site internet complètera la récente évolution de nos
activités en ligne, incluant la publication régulière de notre gazette (Budget
Briefs) (http://www.internationalbudget.org/resources/briefs/)
et de l’Open Budgets Blog (http://internationalbudget.wordpress.com/).
Renforcement du suivi des dépenses :
Afin de promouvoir notre focalisation croissante sur le suivi de
l’exécution du budget à un niveau local, notre champ de formation est en
train de piloter un nouveau programme de formation d’une durée de dix
jours sur les outils de suivi de dépenses – comme l’enquête de suivi de
la dépense publique et les audiences publiques communautaires. Les cours
commenceront mi 2009. Pour compléter cette formation, nous ferons un
effort majeur pour travailler avec INTOSAI et avec des associations
internationales de législateurs, afin de fomenter des relations de
collaboration plus proche entre la société civile, les institutions
supérieures de contrôle et les législatures.
Décentralisation de l’IBP:
Afin d’améliorer notre capacité de réponse et l’efficacité de nos
programmes, l’IBP a ouvert des bureaux dans les villes de Mexico et Cape
Town, mais aussi prochainement en Asie. Les bureaux régionaux de l’IBP
sont responsables de programmes globaux qui, précédemment, étaient
situés à Washington DC. Notre service d’assistance financière est géré
depuis la ville de Mexico et celui de formation depuis Cape Town. Dans
le cadre de ce changement de gouvernabilité, nous lancerons bientôt un
Comité Consultatif Stratégique réanimé de l’IBP.
Nous
espérons que vous partagez notre optimisme et notre enthousiasme pour le
travail budgétaire et d’incidence de la société civile. Nous espérons
pouvoir continuer de compter sur votre collaboration sur le chemin
partagé vers la bonne gouvernabilité et la réduction de la pauvreté.
Deuxième audience à Mombasa : des Islamiques en faveur des Droits de
l’Homme et les audits sociaux au Kenya, par Robert
Valencia se basant sur le rapport complet par Manuela Garza
et Swmya Kidambi
“
L’audience publique et l’opportunité de témoigner m’ont sensibilisé
autour du thème du CDF et du fait que la population ait le droit de
poser des questions concernant les projets du CDF. Ceci est important
car la majorité des gens au Kenya et dans la région ne sont pas
conscients de leurs droits. Beaucoup ont peur de poser des questions
lorsqu’il s’agit de projets financés par des fonds publics, même s’ils
s’en posent beaucoup. » - M. Moses Tsuma, ville de Kifili, Kenya.
En août
2007, l’IBP a réalisé un rapport sur un exercice d’audit social conduit
dans la région côtière de Mombasa, au Kenya, pour le groupe « Muslims
for Human Rights » (MUHURI), une organisation de droits humains qui
veille au fonds de développement « Kenyas’s Constituent Development Fund »
(CDC), fonds qui apporte aux membres du parlement presque un million de
dollars pour les dépenser avec les membres de leurs partis (politiques).
Cet article est un rapport sur le second exercice d’audit, organisé par
MUHURI dans la ville de Kifili, au nord de Mombasa.
L’exercice initial a donné aux résidents l’information sur les fonds CDF
et l’opportunité de veiller à l’usage de ces fonds au niveau local. Les
résidents eurent l’opportunité de discuter de la manière dont se sont
utilisés les fonds lors d’une audience publique, à laquelle assistèrent
de nombreuses personnes. MUHURI, qui a travaillé sur des thèmes de
droits de l’homme au Kenya utilise l’analyse budgétaire et l’audit
social comme outils effectifs pour accéder, récolter et distribuer des
informations sur des projets sponsorisés par des fonds du CDF à Mombasa.
[1]
Le
deuxième atelier d’audit social et la seconde audience publique de
MUHURI se sont réalisés en juillet
2008. A
cette occasion, ont été obtenues des information s détaillées sur les
projets du CDF et ont été formés des membres du personnel et affiliés
dans d’autres régions du Kenya, sur le CDF et la méthodologie d’audit
social. Avec cette information, les auditeurs sociaux ont visité de
nombreuses villes afin de créer une conscience entre les communautés et
de travailler avec elles, pour évaluer si les fonds du CDF avaient été
reversés correctement afin de bénéficier à la population visée.
Le CDF a
à l’origine été conçu comme un “fond de développement” qui serait
utilisé pour financer des projets choisis par la communauté. Pourtant,
accéder à l’information sur le fonds et les projets qu’il finance n’est
pas chose facile. Le fait que le Kenya n’ait pas accès à la loi
d’information rend l’obtention de l’information sur le CDF encore plus
difficile.
Pour ce
second exercice d’audit social, le comité de développement “Constituency
Development Commitee » (CDC) de Kisauni, situé dans les alentours de
Mombasa, a accepté de donner les registres de quinze projets financés
par le CDF à l’équipe d’audit social, afin de les analyser et des les
discuter durant l’audience publique. Ce fut le résultat d’un accord
entre MUHURI et le récent membre élu, représentant cet électorat.
Malheureusement, une semaine avant l’atelier et l’audience publique, les
bureaux de CDC à Kisauni ont été cambriolés et les registres qui
allaient être utilisés pour l’exercice de l’audit social « ont
disparu ».
Suite à
cet événement inattendu – un exemple des défis qu’affrontent les groupes
de la société civile lorsqu’il s’agit de promouvoir l’examen de
documents publics – MUHURI a dû faire appel à d’autres comités de CDC
afin de rassembler des informations sur les projets CDF. Les autres CDCs
ont dispensé l’information à condition que les fonctionnaires CDC
puissent avoir accès à la formation de l’audit social et, de cette
manière, s’assurer que MUHURI ne parlerait pas d’autres sujets sans
qu’ils en soient informés.
Les
auditeurs sociaux analysèrent les documents, identifièrent l’information
importante et distribuèrent les responsabilités au sein de leurs propres
groupes. De suite, ils menèrent à bien un processus de vérification
physique en visitant les lieux du projet et en interrogeant les
résidents sur les projets sous scrutin. Durant la vérification physique,
l’un des projets examinés fut la construction d’une salle de bains pour
le chef du gouvernement local. Les activistes de MUHURI trouvèrent que
celle-ci était mal construite. Aussi, les auditeurs découvrirent que
l’installation du nouveau centre polytechnique se situait dans un lieu
sans électricité ni eau potable, ce qui rendrait difficile son
fonctionnement.
En plus
de compléter l’audit social, un second objectif de l’atelier de
formation de MUHURI est d’aider à préparer une audience d’un jour sur le
CDF. Elle a finalement eu lieu le 19 juillet 2008 et environ 700
personnes y assistèrent, dont des résidents de la ville de Bahari. Les
participants de l’atelier lurent les résultats de la recherche sur les
projets CDF et invitèrent les résidents à questionner les fonctionnaires
du CDF, présents en lieu et heure. Les groupes reportèrent le manque de
participation des habitants de la localité concernant la prise de
décisions du CDF et identifièrent les points suivants :
1. Les
communautés n’étaient pas au courant de qui étaient les entrepreneurs du
projet, ni comment ils seraient sélectionnés (deux ou trois projets
eurent le même entrepreneur).
2. Des
conflits internes au sein du comité de projet, où quelques membres
eurent plus de voies que d’autres.
3. Les
femmes ne furent pas toujours prises en compte et trouvèrent que les
projets ne leur bénéficiaient pas.
4. Les
travailleurs venaient de l’extérieur au lieu d’être embauchés à
l’intérieur des communautés. Dans certains cas où les résidents locaux
avaient été embauchés, ils ne reçurent qu’un salaire partiel pour leur
travail.
5. Les
comptes, ou “Bills of Quantity” (BQ), excédèrent les montants stipulés
et les matériaux ne coïncidaient pas avec ce que disait le BQ.
MUHURI
employa plusieurs méthodes pour que le procès soit plus intéressant et
utilisa musique, comédie et marionnettes. A la fin de l’audience
publique a été adoptée une résolution sur la transparence, une remise de
comptes et une plus grande participation dans l’administration de CDF.
MUHURI prévoit d’organiser plusieurs audiences publiques similaires sur
CDF dans les mois suivants. Pour plus d’informations, contacter Sowmya
Kidambi de MKSS
sowmyakrishkidambi@gmail.com
ou Manuela Garza de l’IBP
garza@cbpp.org.
[1] Pour
le rapport de cette audience publique, aller sur :
http://www.internationalbudget.org/resources/library/HearingKenya.pdf
L’usage
des budgets participatifs pour atteindre les objectifs communautaires de
santé au Pérou, par Laura C. Altobelli
La santé
de la communauté de Las Moras à Huánuco, Pérou, consiste en fait en une
clinique de santé d’une seule pièce, sommairement équipée, avec une
infirmière auxiliaire et où sont traités très peu de patients. En 1994,
la clinique de santé primaire de Las Moras et quelques 250 autres du
pays s’incorporèrent à un nouveau système d’alliance entre le
gouvernement et la communauté pour administrer, financer, surveiller et
offrir des services de santé primaire, appelé Programme d’Administration
Partagée. Celui-ci est formé par des comités de membres élus par la
communauté, connus comme Communautés Locales d’Administration de Santé (CLAS),
avec des associations privées à but non lucratif pour co-administrer les
fonds gouvernementaux de services de santé primaire. Ceci permet aux
communautés non seulement d’avoir une voix pour définir les priorités et
surveillance, mais pour d’avoir un contrôle direct sur la dépense des
fonds publics pour l’infrastructure, l’équipement et les ressources
humaines. Depuis l’introduction de CLAS, « Future Generations », une ONG
privée travaille avec le gouvernement, la société civile et les
communautés locales pour créer le système CLAS et développer la capacité
des communautés pour concrétiser le succès le CLAS.
Du fait
de la participation du CLAS, la clinique de santé de Las Moras a
construit des pièces supplémentaires ainsi qu’une petite maternité, elle
a acquis l’équipement nécessaire de manière opportune et a augmenté son
personnel à 36 membres, dont des médecins. Désormais, elle aide un
système de promoteurs de santé à rendre des visites mensuelles à des
familles avec femmes enceintes et enfants de moins de deux ans, afin de
recevoir des contrôles et une éducation sanitaire. Ce système d’aide a
quadruplé le niveau de couverture de santé maternelle et infantile.
Las
Moras n’est pas une histoire avec succès isolée. CLAS s’est étendu à
tout le pays, améliorant la couverture de santé et l’efficacité quant à
la prestation de services. Les comités de CLAS supervisent aujourd’hui
un tiers de tous les services de santé du gouvernement. CLAS est aidé
par les systèmes administratifs et financiers du secteur de santé du
gouvernement et est capable de mobiliser – à travers des financements
participatifs, des donations, des schémas de prépaiement et d’autres
moyens – des recours complémentaires de mairies locales et d’autres
entités gouvernementales et non gouvernementales pour atteindre les
objectifs du secteur santé. Cette stratégie sans pareil, de
participation directe de la communauté, s’est traduite par plus de fonds
publics et privés, pour des équipements locaux de santé et par une plus
grande efficacité dans l’usage de ces fonds pour augmenter la qualité et
l’utilisation des services de santé. Les études démontrent que CLAS est
arrivé à une meilleure couverture des services de santé essentiels pour
les mères et enfants, une plus grande équité et de meilleurs niveaux de
satisfaction que les services de santé publique primaire, opérant
traditionnellement.
Même si
le système CLAS ne couvre pas tout le pays, une nouvelle législation a
laissé aux pouvoirs municipaux la responsabilité d’administrer la santé
primaire et exige d’ouvrir les processus budgétaires au public. [1] Dans
le contexte de décentralisation, le gouvernement central du Pérou se
préoccupe d’augmenter le rôle et les capacités des pouvoirs municipaux,
dont beaucoup s’occupent de petites villes rurales et périurbaines. Les
pouvoirs municipaux ont, historiquement, investi leurs petits budgets
dans une infrastructure locale, sans forcément rendre de comptes à ses
constituants. Le fait d’élargir le rôle des pouvoirs locaux afin
d’inclure la prestation de santé primaire a provoqué une attention plus
grande en termes de capacité et de remise de comptes, ce qui se reflète
dans les exigences législatives pour que les villes ouvrent leurs
processus budgétaires à la participation publique et promeuvent des
financements par résultats. Même avec le mandat général de santé, seule
une petite partie des revenus des villes se distribuent à travers les
processus de budgets participatifs. Il existe peu d’information sur la
manière dont fonctionne ce processus, mais apparemment tout va bien.
“Future
Generations” soutient le système de budgets participatifs de CLAS et de
co-administration locale, grâce au lien plus efficace de ces fonctions
avec les communautés [les comités] dont s’occupe CLAS et, avec cela,
aide le système de santé à fortifier sa relation avec les municipalités
locales. L’objectif est de développer un modèle communautaire effectif
et efficace de santé, se basant sur l’intégration de processus
budgétaires fondés sur les résultats dans la surveillance de la
prestation de services de santé primaire à un niveau local.
“Future
Generations” forme des équipes d’agences municipales, le personnel du
secteur santé et des représentants de la communauté pour travailler avec
des communautés locales et ainsi développer une vision stratégique,
basée sur les données locales et les priorités communautaires et sur un
plan de travail, afin d’implanter la vision. Concernant les priorités
communautaires nécessitant des fonds en dehors de la communauté,
certains projets se présentent dans le processus annuel de financements
participatifs. Il est apparu aux fonctionnaires municipaux que cette
méthode est idéale pour faire en sorte que les nécessités et demandes de
la communauté soient satisfaites conformément à la loi, ainsi que pour
apprendre des capacités d’organisation qui rapprochent les communautés,
avec leurs constituants. [2]
L’effort
d’augmenter la transparence en ouvrant le processus de prise de
décisions et le contrôle social à la participation publique contribue,
au Pérou, à la décentralisation. Le but de programmes comme CLAS est de
donner aux habitants, communautés et institutions les outils pour
co-administrer l’usage des fonds publics, atteindre les objectifs
d’équité grâce à la gouvernabilité partagée des services sociaux au
niveau local et des investissements pour le développement. Suivant ces
principes, la communauté de Las Moras à Huánuco a réduit
significativement la malnutrition chronique et a gagné la reconnaissance
du Ministère de la santé et de
la
Société Nationale d’Industries du Pérou. De même, cet exemple sert
d’observatoire national et de centre de formation, afin de répéter le
modèle CLAS dans d’autres régions du pays et à l’étranger.
Pour
plus d’informations, contacter Laura C. Altobelli
laura@future.org
ou Daniel Taylor
daniel@future.org.
Voir aussi :
www.future.org.
[1] Les
financements participatifs ne sont pas le point central au niveau
national, mais ils le sont pour les CLAS qui reçoivent l’assistance
technique de la part de « Future Generations ».
[2]
Certaines nécessités des pays peuvent être implantées avec des fonds de
la communauté, comme le nettoyage de la commune.
Au Pérou,
CAD crée des incitations créatives pour la bonne gouvernance, par Rocío
Campos
En juin,
Béatrice Boza, fondatrice et directrice exécutive de Ciudadanos al Dia
(CAD – Citoyens au jour), un laboratoire d’idées orienté vers les
activités d’incidence, a offert une présentation au sein du « National
Endowment dor Democracy » (NED), à Washington, DC, sous le titre « Providing Incentives
for Democracy : A Bottom Up Approach. » Dans sa présentation, Boza
décrit les méthodes innovatrices promues par CAD, afin de créer des
incitations pour des réformes qui soient efficaces, de faible coût et
qui promeuvent l’usage de la loi. Boza a présenté quelques unes des
questions qui ont guidé les activités de CAD :
·
Comment convaincre les autorités locales d’implémenter des réformes
coûteuses qui ne leur bénéficieront pas à court terme?
·
Comment transformer les demandes des citoyens et des petites industries
en plans d’action collectifs pour faire des réformes?
·
Comment générer ces dites demandes en premier lieu?
· Comment
garantir la collaboration entre les différents niveaux de gouvernement?
· Comment
assurer le soutien des efforts de réforme?
Boza
décrit comment CAD se sert de l’information, du pouvoir d’illustrer de
bonnes pratiques afin de générer leur continuité et d’offrir l’accès à
l’information pour gagner la confiance des citadins. CAD s’est rendu
compte que l’usage de l’information est une stratégie effective pour
promouvoir l’usage de la loi, peut-être encore plus puissante que
d’autres méthodes plus traditionnelles comme la formation de
fonctionnaires officiels, le conseil pour changer les lois ou
l’augmentation de budgets de renfort. Boza a partagé l’exemple de
l’envoi d’un simple courrier électronique par CAD à des fonctionnaires
du gouvernement, les informant d’une loi impliquant que certaines
informations doivent être mises à la disposition du public à travers
internet. Le courrier électronique publiait la recherche réalisée par
CAD et dans laquelle s’évaluait quelles institutions étaient en accord
avec la loi ou non. Avant que CAD envoie le courrier électronique, seul
20% des fonctionnaires publics se rattachaient à la loi de transparence.
Un jour après l’envoi du courrier, le niveau d’attachement à la loi
passa à 70%. Cet exemple n’est pas juste une grande source
d’inspiration ; il démontre aussi le rôle important que peut jouer la
société civile en mettant l’information à la portée des gouvernements
comme des citoyens et en faisant en sorte que l’information génère une
certaine compétitivité et serve à mettre en avant de tels succès. [1]
Lorsque
Boza parla aussi du pouvoir de la publication, elle décrivit la
distinction des meilleures pratiques de CAD et les initiatives de
classement RankinCAD. (voir aussi :
http://www.internationalbudget.org/resources/newsletter35.htm#CAD
et
http://www.ciudadanosaldia.org/premiobpg2007/ganadores_2007.pdf).
A
travers ces programmes, CAD met l’accent sur les succès accomplis par
les entités publiques, au lieu de se focaliser seulement sur les points
faibles du gouvernement. Cette stratégie crée une demande pour la
continuité des meilleures pratiques en offrant un stimulant aux
gouvernements pour s’améliorer, en renforçant leur responsabilisation.
Boza a montré la vidéo de l’une des cérémonies de remise de prix CAD.
L’émotion et l’anticipation des participants avant que soit annoncé le
gagnant de chaque catégorie sont évidentes. La légitimité et la
crédibilité de la cérémonie de remise de prix sont un moteur sain pour
la bonne gouvernance parmi les fonctionnaires publics qui participent à
la compétition sur la base de meilleures pratiques de travail, qu’elles
soient nouvelles ou existantes, au sein de leur service respectif dans
le gouvernement.
Finalement, l’accès à l’information comme moyen de gagner la confiance
des citoyens est fondamental pour arriver à une bonne gouvernabilité.
Dans un pays comme le Pérou, où presque 40% de la population continuent
à vivre dans la pauvreté et avec environ 14% en extrême pauvreté, le
niveau de confiance envers les institutions du gouvernement est très
faible. D’après le Latinobarómetro [2], la satisfaction publique
concernant les services de santé et d’éducation au Pérou est la plus
basse des dix-huit pays étudiés. C’est pourquoi, CAD travaille pour
s’assurer que les entités gouvernementales concourent afin de servir les
citoyens et de gagner leur confiance en offrant une information
compréhensible et utile à travers les moyens de communication qui, à
leur tour, génèrent des demandes de la part des citoyens de services
gouvernementaux de haute qualité.
[1] Bien
que le courrier n’ait pas permis que 100% des fonctionnaires se
soumettent à la loi de transparence, il eut cependant un impact très
positif.
[2]
Latinobarómetro
est une étude d’opinion publique réalisant annuellement environ 19 000
enquêtes sur dix-huit pays d’Amérique Latine.
Pour
plus d’informations, voir:
http://www.ciudadanosaldia.org
Le
pouvoir d’amendement budgétaire en Afrique du Sud : de vieux débats et
une nouvelle proposition de loi, par Len Verwey
Même si
le premier parlement démocratique d’Afrique du Sud incluait beaucoup de
membres de haut niveau du Congrès National Africain « African National
Congress » (ANC) en 1994 et qu’ils ont approuvé un large éventail de
lois, il n’approuva pas la législation exigée constitutionnellement, qui
définirait les pouvoirs d’amendement budgétaire du parlement. Au jour
d’aujourd’hui, le parlement sud-africain est prêt à valider les
appropriations du budget en sa totalité. Il peut, en principe, refuser
une assignation à un département en particulier, même s’il n’existe pas
de procédés pour des amendements moins radicaux à l’assignation. Le
refus total d’une assignation départementale serait nécessairement
interprétée comme un vote de non confiance et amènerait avec lui un
crise de gouvernabilité, et même, de caractère constitutionnel. Le fait
de pouvoir amender des propositions budgétaires peut permettre au
parlement d’avoir un rôle plus substantif que de simplement offrir sa
marque d’approbation, ce qui met en doute la légitimité du gouvernement.
En août
2008, le parlement sud-africain a reçu des propositions d’une novelle
législation afin d’établir son pouvoir d’amendement à la proposition
budgétaire de l’exécutif. Le niveau approprié de participation du
législatif en Afrique du Sud a été un sujet de discussion durant plus
d’une décennie. La nouvelle proposition de loi a capturé certains de ces
débats mais possède un grand nombre de déficiences et le plus sur, c’est
qu’elle ne soit approuvée sans préalablement passer par une série de
modifications.
Une
question basique dans les débats d’amendements budgétaires est si les
législatures doivent avoir l’habilité de changer les budgets ajoutés,
c'est-à-dire, le pouvoir implicite sur la politique fiscale et
l’administration macroéconomique. Dans certains pays, les législatures
ont des pouvoirs d’amendement illimités, alors que dans d’autres les
législatures peuvent simplement réduire les niveaux budgétaires ajoutés.
En d’autres termes, ils peuvent réassigner des fonds entre différentes
catégories de dépenses, mais l’impact global de ses changements doit
avoir comme résultat une position fiscale conservatrice, conforme à un
indicateur spécifique, comme la taille du déficit. Dans d’autres pays,
les législatures peuvent avoir l’autorité pour augmenter et diminuer les
assignations au sein des catégories individuelles, mais le résultat de
chaque changement doit rester à l’intérieur de la balance budgétaire
initiale.
La
proposition de loi n’éclaire pas la portée du pouvoir d’amendement, par
exemple, si les ajouts proposés par l’exécutif doivent être retenus ou
si les amendements du parlement peuvent avoir un impact macroéconomique.
Toute législation proposée doit avoir une certaine clarté vis-à-vis de
cette question de base, dans le cas où elle espère pouvoir guider le
processus d’amendement et éviter les conflits excessifs et
l’opportunisme politique, tout comme continuer à reléguer au parlement
un rôle symbolique.
De plus,
la proposition de loi comporte d’autres omissions devant être prises en
compte. Elle établit que le parlement peut amender une proposition
monétaire après avoir considérer et adopter le « cadre fiscal ».
Cependant, la proposition n’offre pas une définition claire de ce qui
s’entend par « cadre fiscal ». Spécifiquement, cela n’indique pas si
ceci se réfère à un ensemble de règles fiscales (restrictions sur le
déficit et la dette d’action en proportion avec la mesure de l’économie
par exemple), ou si cela se réfère à un compromis plus large de
« prudence fiscale » et à un régime de « transparence-discrète »
fiscale, comme ceci existe en Afrique du Sud.
Les
règles fiscales limitent l’habilité de gouvernement pour répondre aux
circonstances changeantes, même si ces dites règles sont couramment
évitées par les gouvernements lorsqu’ils se sentent en position de
faiblesse. « La prudence fiscale », d’un autre côté, est un concept
normatif – maintenir un bénéfice budgétaire peut être « prudent » pour
l’économie de droite mais un conservatisme excessif pour la gauche.
Comme il s’agit de questions potentiellement séparatistes, la
législation doit être claire.
Autre
inquiétude avec la proposition de loi, c’est qu’elle offre quatre mois
pour compléter le processus d’amendement, défaillance existante dans le
budget original. Ce n’est pas beaucoup de temps au vu de la complexité
potentielle de cette tâche. D’un autre côté, la crédibilité du budget
pourrait en pâtir si un processus d’amendement permettait de prolonger
de loin ce laps de temps. Dans ses commentaires sur la proposition faite
au parlement, Idasa explique que doit être inclus un langage établissant
le procédé à travers lequel pourraient se concevoir des amendements
importants au budget sur le moyen terme du processus budgétaire. Dans ce
cadre, le parlement peut adopter un budget à condition d’indiquer
formellement son intention de suggérer des amendements nécessitant être
reflétés dans le budget à venir. L’exécutif serait obligé de traiter et
de s’impliquer dans ces amendements, dans la future présentation à moyen
terme sur la politique budgétaire « medium-term budget policy statement”
(MTBPS).
Ceci
donnerait au parlement un rôle limité mais utile sur « les propositions
budgétaires », dans le sens où n’importe quelle préoccupation avec un
budget déterminé pourrait (avec l’aide de l’exécutif) informer la
création du budget à venir. L’exécutif n’est pas nécessairement obligé
d’adopter les changements proposés par le parlement dans sa MTBPS, mais
il peut être obligé de participer formellement et d’offrir des
commentaires, dans un appendice destiné par exemple au “Budget Review
or Medium-Term Budget Policy Statement”. Si le parlement
sentait que ses propositions n’étaient pas sérieusement considérées, il
aurait toujours le pouvoir d’amendement légiféré comme une forme de
pression.
D’autres
organisations firent des observations similaires à celles qui se
présentent ici.
La
Trésorerie Nationale porta l’attention sur la nécessité d’une clause de
« responsabilité fiscale », qui établirait probablement les paramètres
d’amendement. Il est peu probable qu’une proposition de loi révisée soit
prise en compte cette année ou qu’elle ait beaucoup d’impact sur les
délibérations du budget de 2009.
Pour
plus d’informations, contacter Len Verwey
lverwey@idasa.org.za.
Projet pour la protection des services de base en Ethiopie, par Zinash
Kefale
L’Ethiopie
est l’un des pays les plus pauvres du monde avec un revenu per capita
de seulement $130 dollars. Le gouvernement est décidé à augmenter ses
efforts de réduction de la pauvreté et est en train de préparer la
seconde tournée de DERPS (Documents sur les Stratégies pour
la
Réduction
de
la
Pauvreté), connu comme le Plan de Progrès Accéléré et Soutenable vers le
Développement ou « Plan for Accelerated & Sustained Progress towards
Sustainable Development » (PASDEP), qui couvre la période 2005-06
à 2009-10.
En
outre, a été planifié un paquet de soutien budgétaire direct « Direct
Budget Support” (DBS) comme instrument principal pour le financement de
PASDEP. Dans le cas où les donataires auraient suspendu le DBS pour l’Ethiopie
en novembre 2005 – pour des questions de gouvernabilité en relation avec
le controversé processus électoral de mai 2005 –
la
Protection
des services de base« Protection of Basic Services » (PBS) a été créée
comme un instrument alternatif au DBS afin de protéger la provision de
services de base de la part des gouvernements locaux.
La
différence entre
la PBS
et le DBS est que
la PBS
est destinée à la dépense locale de lutte contre la pauvreté et couvre
des frais d’éducation primaire et secondaire, d’eau, de salubrité et
d’agriculture. La PBS
exige aussi une surveillance plus minutieuse de la dépense et de
l’implémentation de fonds pour s’assurer qu’ils soient utilisés selon
les objectifs prévus. Ceci inclut des activités destinées à fortifier
les droits fiduciaires du gouvernement et ajuster les conditions
requises aux rapports fiscaux. Pour que la prestation de services de
base ait lieu à un niveau local,
la PBS
cherche aussi à soutenir le renforcement de la gouvernabilité
institutionnelle en Ethiopie.
Le
projet PBS inclut une composante visant à développer la participation
citoyenne dans la prestation de services de base et à donner aux
citoyens l’opportunité de se faire entendre à travers un programme qui
cherche à améliorer la responsabilisation dans la prestation de services
de base. Ceci représente une collaboration entre les efforts des
donataires et du gouvernement afin de faire perdurer le soutien des
budgets nationaux pour la réduction de la pauvreté et la prestation de
services.
La PBS
recherche davantage et de meilleurs services, ainsi qu’une plus grande
responsabilisation au niveau local. Les objectifs de
la PBS
sont :
·
améliorer le développement humain et promouvoir la croissance
économique.
·
améliorer la gouvernabilité.
·
protéger et diffuser la prestation de services de base par les
gouvernements locaux, à travers l’augmentation du volume total des
ressources fédérales aux régions et districts (woredas), dans le cadre
intergouvernemental existant.
· assurer
l’usage effectif de transferts de fonds aux régions ou woredas.
·
fortifier les mécanismes de responsabilisation au niveau local.
·
encourager la transparence du processus budgétaire.
Composantes du programme
Le
programme PBS se constitue de quatre points. Trois des quatre
composantes de
la PBS
seront implémentées à travers le système décentralisé de prestation de
services de base existants, faisant usage du système public
d’administration financière d’Ethiopie. La composante 4 est l’exception,
nécessitant une administration hors des systèmes gouvernementaux. Les
quatre composantes sont :
Composante 1
– Encourager la prestation de services de base comme l’éducation, la
santé, l’eau, la salubrité et l’agriculture ainsi que des services
administratifs (tels que des agences régionales de finances, des bureaux
par secteur et des agences d’audit).
Composante 2
–
Atteindre les objectifs du millénaire sur la santé et arriver à avoir un
meilleur impact sur les services de santé primaire comme le programme
auxiliaire de malaria.
Composante 3 –
Renforcer les accords avec les donataires pour le suivi de la PBS et
améliorer la gouvernabilité institutionnelle, la transparence financière
et la remise de comptes. Afin d’évaluer l’accomplissement de ces
objectifs, la composante appuiera une grande diversité d’outils afin de
mesurer le processus et les résultats. Cette composante consolidera la
capacité du Ministère des Finances et du Développement Economique
“Ministry of Finance and Economic Development” (MFED) à porter
assistance technique ; embaucher des comptables et du personnel
administratif ; offrir formation et équipement de base aussi bien au
MFED qu’à l’agence régionale de développement économique et financier.
Elle financera des activités urgentes pour le renforcement de capacités
du bureau d’audit général « Office of the Federal Auditor General” (OFAG),
incluant formation et paquets de hardwares et de softwares afin
d’auditer de manière continue les activités menées à bien dans la
composante 1.
Composante 4
–
Renforcer la gouvernabilité institutionnelle et la responsabilisation
sociale, concernant la prestation de services de base. Cette composante
recherche:
·
promouvoir la transparence des processus budgétaires et la capacité
citoyenne, mais aussi d’organisations de la société civile pour
l’analyse budgétaire et, de ce fait, augmenter la participation à ces
dits processus.
·
Appuyer les mécanismes sélectionnés pour fortifier la voix des citoyens
et de la société civile, afin d’augmenter la remise de comptes dans le
contexte de la décentralisation des services publics.
·
Evaluer les leçons apprises au cours d’autres initiatives soutenues par
cette composante.
·
Diffuser ces leçons
· Et
préparer des schémas effectifs de responsabilisation sociale.
Concernant l’accès à l’information budgétaire au niveau régional, la
composante 3 promeut des initiatives pour faire connaître l’information
budgétaire au niveau régional et de woredas (données sur le budget,
dépenses et audits) au public en général, à travers différents moyens et
forums, afin d’augmenter la conscience sur le budget. Elle a aussi pour
idée de publier une version simplifiée du budget et des formats de
dépenses pour faire connaître le budget public. D’autres activités pour
promouvoir la transparence financière et la remise de comptes de
l’administration de la ville à ses résidents sont :
· Elargir
l’accès au budget de la ville pour les résidents à travers des révisions
publiques et participatives de la dépense et d’enquêtes citoyennes de
satisfaction sur la prestation de services municipaux.
·
Soutenir la diffusion d’information budgétaire au niveau régional et
woreda à l’intérieur du gouvernement et entre les citoyens.
·
Formation pratique sur les budgets pour les membres du conseil régional
et woreda, fonctionnaires kebele, prestataires de services,
représentants de la société civile et autres intéressés.
·
Assistance technique spécialisée pour les administrations woreda, devant
améliorer leurs activités d’ouverture des budgets.
·
Développer des processus de médiation par rapport aux processus
budgétaires au niveau régional et woreda.
La PBS a
des indicateurs d’exercice spécifiques et des mécanismes qui mesurent le
progrès vers les objectifs établis. Les résultats espérés avec la PBS
incluent : l’amélioration de l’opportunité, la précision et la
transparence à divers niveaux administratifs ; l’augmentation du flux de
ressources vers les gouvernements locaux et celle des dépenses vers les
services de base. Les résultats pouvant se surveiller incluent des
améliorations dans les prestations de services ce qui, à la fois, amène
à des résultats d’un niveau plus élevé comme la réduction du taux de
mortalité infantile et les niveaux d’inscription dans les écoles
primaires. Le progrès vers des résultats à long terme et les buts
établis dans le PASDEP seront aussi contrôlés.
Le rôle
de PANE soutenant
la PBS
Le
réseau “ Poverty Action Network of Civil Society in Ethiopia » (PANE) se
compose de plus de 90 organisations de la société civile, et cherche à
réduire la pauvreté en Ethiopie grâce à la participation dans les
processus politiques, principalement des Documents sur
la
Stratégie
de Réduction de
la
Pauvreté
(DERPS) du gouvernement en Ethiopie et les objectifs du millénaire
« Millenium Development Goals ». PANE espère atteindre cette
participation à travers la recherche, l’analyse politique, l’incidence
mais aussi à travers l’échange d’informations. Les membres du réseau
rassemblent une grande variété d’acteurs de la société civile, incluant
des ONG locales et internationales, réseaux d’ONG, institutions de
recherche, organisations religieuses, associations de jeunes, de femmes
et organisations communautaires. PANE dispose d’antennes régionales dans
tout le pays.
Le
réseau a pour objectif général de coordonner la participation de groupes
de la société civile et d’encourager les citoyens à participer
activement à des politiques de réduction de la pauvreté, avec
l’intention de promouvoir des changements de manière rapide et
soutenable, pour le bien être des personnes et surtout des gens pauvres.
PANE travaille en tant que membre de la table directive, établie pour
guider l’agence administrative et, dans cette capacité, actualise le
groupe budgétaire de PANE et le groupe de dialogue et de recherche, où
sont présentées des avancées de PBS. De plus, PANE partage son
expérience d’analyse de budgets avec les initiatives pilotes du projet
PBS, ainsi que son expérience concernant l’application de l’indice
citoyen « Citizen’s Report Card Study » en Ethiopie comme un outil de
responsabilisation sociale, pouvant être utilisé par des organisations
sélectionnées pour diriger la composante de responsabilisation sociale à
l’intérieur du projet PBS.
Pour
plus d’informations, contacter Zinash Kefale
zinashk@yahoo.com
Comment
générer des réponses de la société civile lorsque de nouvelles données
sortent sur la pauvreté
et les revenus,
par Danilo Trisi
Pendant
plus de vingt ans, le “ Center on Budget and Policy Priorities ” a
produit une réponse immédiate dans les premières 24 heures de lancement
annuel de données, sur l’augmentation du revenu, les niveaux de pauvreté
et le nombre de personnes n’ayant pas d’assurance médicale. Ces données
sont offertes à la connaissance chaque année par le « U.S. Census
Bureau », qui réalise des recensements annuels de logements en EUA et
qui publie un rapport annuel incluant une large variété de données sur
les niveaux de pauvreté et revenu moyen pour différents secteurs
démographiques.
L’objectif principal de donner une analyse le jour même est de faire
ressortir ce que les données disent sur les progrès (ou le retard) qu’a
obtenu un pays dans sa lutte contre la pauvreté, l’augmentation des
niveaux de vie, de logements, durant la distribution du revenu et
s’assurer que tous les individus aient accès à une assurance médicale.
Sont données aux médias et à d’autres acteurs intéressés, une analyse et
interprétation de données indépendante de celles qu’ils reçoivent des
agences gouvernementales de statistique.
Le jour
du lancement, le Centre révise l’information aussitôt qu’elle est
disponible. Ensuite, est annoncée une déclaration d’une feuille pour les
médias, avec comme objectif d’avoir un impact sur les premières notes
s’écrivant sur le propos. En début d’après-midi se déroule une
conférence de presse avec des reporters pour discuter de l’information
et plus tard – ce même après-midi – est publiée une analyse écrite
(autour de sept pages) sur la page internet. Aux Etats-Unis, la presse
commence à reporter l’information immédiatement après qu’elle soit
connue, et c’est pourquoi il est crucial de pouvoir présenter des
commentaires sur les données rapidement. Dans d’autres pays où les
médias ne réagissent pas aussi vite à la nouvelle information
statistique, la publication d’une analyse peut être moins urgente.
Pourquoi
faire une analyse indépendante de nouvelles données statistiques?
La
raison principale pour créer une réponse propre au lancement de
nouvelles données sur des indicateurs clés du bien-être, de la pauvreté
ou de l’augmentation des revenus, est de pouvoir offrir une perspective
qui, d’une autre façon, puisse échapper au débat de la nouvelle
information, que ce soit parce qu’elle est différente à celle qu’offre
le gouvernement ou parce que cela fait ressortir des aspects importants
de l’information pouvant passer inaperçus.
Par
exemple, aux EUA, les médias focalisent usuellement leurs informations
sur les niveaux de pauvreté et de revenu annuel d’un logement; mais il
est important d’offrir une perspective historique plus ample des
données. De sorte que cette année, le Centre a consacré ses efforts à
voir comment les indices de pauvreté et de revenu moyen pour familles
travaillant en 2007 se comparaient avec les niveaux de 2001, année
pendant laquelle l’économie d’EUA était en récession, juste avant cette
dernière période de croissance économique.
L’analyse n’apporte pas plus à la nouvelle information, mais elle porte
son attention sur les politiques pouvant améliorer les indicateurs. Par
exemple, dans son dernier rapport, le Centre remarquait que 8.15
millions d’enfants aux Etats-Unis – 11% des enfants – n’ont pas
d’assurance médicale ; puis, mentionnait la législation sur ce sujet qui
avait été débattue au congrès l’année d’avant mais et qui n’avait pas
été approuvée, et que ceci aurait pu offrir une couverture des dépenses
médicales à quasiment quatre millions d’enfants.
De la
même manière que les organisations du réseau de l’IBP ont développé
l’habileté de générer une analyse indépendante des propositions
budgétaires du gouvernement, offrir une analyse indépendante de la
pauvreté et des revenus donnés à connaître par les gouvernements, les
ONG ou par les entités gouvernementales, peut aussi être de grande
utilité. Si les médias dans votre pays couvrent cette information, il
peut être important de faire une analyse ou un communiqué de presse le
jour même afin d’influer sur la couverture des informations. Si, d’un
autre côté, il est peu probable que la presse donne couvre cette
information le jour même mais elle peut s’intéresser à l’information si
elle comporte une analyse plus détaillée, il est alors possible de
prendre plus de temps pour faire une analyse plus complète.
Préparation:
Avec
comme base la méthodologie que nous avons développée lors de notre
travail aux Etats-Unis, nous présentons ci-dessous les étapes à suivre
en réponse à la présentation de la nouvelle information statistique :
Tenter
de savoir quand et comment l’information va être publiée. Il est d’une
grande aide de savoir avec anticipation quelle information sera
diffusée, comment elle sera diffusée, et les changements que l’agence a
implémentés dans sa méthodologie pour la recompilation de l’information
ou la systématisation statistique.
Travailler avec d’autres groupes de la société civile qui pourraient
être intéressés en organisant une réponse à la nouvelle information
disponible. Notre travail se focalise sur des données nationales mais
nous coordonnons avec beaucoup de groupes de l’Etat qui publient leurs
propres analyses, avec des données de l’Etat publiées par le « Census
Bureau » le jour même. Il peut être avantageux de contacter un groupe
expert dans des thèmes différents des nôtres. Par exemple, si vont être
publiées des informations sur des assurances médicales mais qu’il n’y a
pas de personnel spécialisé, il est possible de travailler conjointement
avec une organisation de santé. (Nous faisons notre conférence de presse
avec une organisation qui a plus d’expérience que nous sur les questions
de salaires et de marché du travail.)
Recompiler des listes de journalistes pouvant être intéressés pour
couvrir le lancement de la nouvelle information. Une manière de
commencer à armer cette liste serait de voir qui a écrit des articles
lorsque les données se sont publiées à d’autres occasions ou qui écrit
des notes sur des sujets liés, comme la pauvreté, la santé et les
programmes aidant les familles aux faibles revenus.
Trouver
des données précieuses pouvant servir à prédire ce que les nouvelles
données peuvent démontrer. Par exemple des données existantes sur le
chômage, les salaires et les indicateurs économiques peuvent en général
aider à déterminer si la pauvreté est en cours d’amélioration ou non.
S’appuyer sur cette information additionnelle peut aussi aider à avoir
une histoire plus complète pour les reporters et répondre aux questions
des médias et d’autres groupes.
Préparer
des feuilles de calcul pouvant être utilisées pour comparer les
nouvelles données avec celles des années antérieures. Nous avons ici un
exemple des fichiers d’Excel que nous gérons. Avant le lancement de
l’information, chacun doit se familiariser avec une méthodologie
recommandée par son agence de statistiques afin de voir si une
différence de deux ans dans l’information est statistiquement
remarquable.
Penser
quel est l’angle de l’article et le message que l’on souhaite
transmettre. Il ne sera pas possible de prédire avec exactitude ce que
les nouvelles données démontreront, mais il peut être démontré quels
sont les aspects des données sur lesquels vont porter l’accent et
quelques uns des points clé souhaitant être transmis. La spécialité de
l’organisation et les projets et analyses de l’information préalablement
publiés peuvent aider à déterminer l’approche de l’analyse. Par exemple,
si vous réalisez une campagne sur les dépenses de santé, il peut être
utile de se focaliser sur des statistiques de santé. Si votre
organisation est connue pour son expérience en politiques d’éducation,
vous voudrez sans doute vous focaliser sur des statistiques de ce thème
et vous associer à des organisations ayant une certaine familiarité avec
d’autres thèmes. Il est clair que si vous n’écrivez pas d’analyse le
jour même, vous aurez plus de temps pour considérer ses message et
objectif. Dans le cas où l’information révèle quelque chose de
surprenant – comme les augmentation ou chute des niveaux de pauvreté
inattendues -, il vous faudra modifier vos plans selon ce qui convient.
Si vous
êtes en train de préparer un communiqué de presse ou une analyse écrite
le jour même de la publication d’une certaine information, préparez des
brouillons de ces matériaux avant que les données soient publiées.
Utilisez votre critère sur ce que l’information démontrera et laissez de
l’espace vide pour les chiffres exacts. Parfois, nous écrivons plus
d’une version de différentes sections de ces rapports si nous ne sommes
pas surs de ce que les données vont démontrer. Utilisez le brouillon
comme point de départ lorsque vous obtenez la nouvelle information. Même
si vos brouillons ne concordent pas avec les données, dans tous les cas
ils peuvent vous aider à écrire plus rapidement et précisément le jour
où les données sont publiées. Il est possible que vous désiriez
contacter des journaux et demander si votre organisation peut publier un
article d’opinion sur le lancement des données. Vous pouvez l’écrire
avant pour être prêt à le livrer dès que les données sont mises en
lumière.
Activités du CBPP pour 2008:
Nos
activités en réponse au lancement de la nouvelle information sont très
compactes, car notre objectif est de tenter d’influer sur la couverture
des médias le jour même où est publiée l’information. Les activités qui
sont présentées ci-dessous doivent s’adapter à des situations
spécifiques et à la manière dont fonctionnent les médias dans votre
pays.
7/30/08 Nous publions sur notre page Internet et envoyons par
email à des reporters un communiqué de presse annonçant une conférence
de presse et les informant sur le lancement de notre analyse, le jour
même de publication de l’information. Nous envoyons aussi des rappels
les 18, 21 et 25 août.
8/25/08
Nous publions sur notre page Internet et envoyons par email à
des reporters un document avec les antécédents, expliquant ce qui doit
être pris en compte en révisant les données, le jour suivant.
8/26/08
(jour du lancement de l’information du “U.S. Census Bureau”)
10:00
a.m. Le “Census Bureau” a publié ses documents sur Internet. Nous
les téléchargeons et insérons les nouvelles données dans nos feuilles de
calcul auparavant configurées, comparant ainsi les nouvelles données
avec les antérieures, ceci mettant à l’épreuve l’importance statistique
des dites différences.
12:15
p.m. Nous lançons une déclaration de notre directeur exécutif, qui
présente les éléments clé de notre analyse et des « citations
textuelles » afin qu’elles soient utilisées immédiatement dans les notes
journalistiques.
1:00
p.m. Nous réalisons une conférence de presse avec les médias, en
collaboration avec une autre organisation pour discuter de nos analyses
de l’information et répondre aux questions des reporters. Voir le
fichier audio
ici.
2:00
p.m. Nous envoyons un email aux organisations de l’Etat avec
lesquelles nous collaborons, avec un ensemble de tableaux contenant
l’information récente de l’Etat sur la pauvreté et les revenus, ceci
afin qu’elles les utilisent dans leurs propres analyses et communiqués
de presse.
5:30
p.m. Nous publions notre rapport principal sur notre page Internet
et envoyons un email à notre liste de journalistes.
Pendant
la journée, nous répondons aux questions des reporters et des
organisations.
Pour
plus d’informations, contacter Danilo Trisi
trisi@cbpp.org
Le
droit à l’accès de l’information: le rôle des organisations de la
société civile en Ouganda, par Mukotani Rugyendo
La loi
d’accès à l’information publique en Ouganda 2005 “Uganda’s Access to
Information Act
2005”
(ATIA) — fondée sur des articles de la constitution de la République
d’Ouganda, qui offre au public le droit à l’accès de l’information –
reflète le compromis de la nation à établir une base légale solide pour
la protection et la promotion des droits de ses citoyens. Non seulement
ATIA représente les désirs et intérêts de groupes politiques isolés ;
mais aussi le désir collectif du peuple d’Ouganda d’établir une base
sure pour la démocratie de la Nation,
en partie grâce à la garantie des droits de l’homme de base.
Dans cet
article, nous argumentons sur le fait que les organisations de la
société civile (OCSs) doivent participer à l’implémentation effective de
ATIA et aider les membres du public, spécialement ceux des secteurs
marginalisés, à utiliser la loi d’accès à l’information publique. Les
gens ont besoin d’être bien informés afin de pouvoir participer
activement à la lutte contre la corruption. “Uganda Debt Network” (UDN)
considère qu’implémenter ATIA et promouvoir son usage est critique dans
cette lutte. Dans cet article, nous offrons aussi quelques perspectives
générales sur la manière dont les OCS peuvent se préparer et se
positionner pour une campagne nationale qui fortifierait ATIA.
Pourquoi
l’accès public à l’information?
En
Ouganda, le public a été conditionné depuis l’époque coloniale à
attendre les décisions officielles du gouvernement. Pourtant,
l’information qui a été offerte par le gouvernement ces jours-ci n’a pas
été suffisante pour que les citoyens affrontent les défis de la
construction de la nation ou la réalisation de leurs droits humains et
civiques. Au jour d’aujourd’hui, les réformes de gouvernabilité et la
reconnaissance de la nécessité de bénéficier du savoir et de l’énergie
créative des gens d’Ouganda - si le pays veut atteindre son
développement humain et renforce sa démocratie - exigent un public bien
informé qui dispose des capacités pour contribuer à la formation de
politiques et de surveiller son implémentation.
Les
fonctionnaires publics qui contrôlent la majorité de l’information à
laquelle les citoyens veulent accéder, viennent d’une culture qui
cherche à maintenir l’information du gouvernement la plus délicate hors
de portée du public. Faire que les fonctionnaires publics se rendent
compte que l’éthique de gouvernabilité a changé et qu’ils doivent agir
en fonction demande beaucoup de temps et d’effort. Dans le cas d’une
résistance des autorités, la société civile doit aider les citoyens à
comprendre les raisonnements et procédés légaux qui régulent l’accès à
l’information, les mobiliser afin d’agir et leur donner la confiance
nécessaire pour affronter les fonctionnaires publics.
Néanmoins, il existe des arguments officiels qui empêchent l’accès à
l’information publique. Même si la grande nécessité de sauvegarder la
sécurité de l’Etat est compréhensible, il existe toujours une certaine
crainte à ce que cette exception aux raisonnements de ATIA soit
exploitée par des politiques ou fonctionnaires publics sans scrupules,
afin de nier l’information publique qui pourrait exposer des actes de
corruption ou des actions contre les droits humains, civils et
politiques. Nous pourrions dire la même chose de l’exception concernant
l’information d’intérêt commercial. Même si une affaire légale doit
protéger des informations importantes pour son fonctionnement, l’intérêt
public peut être sérieusement compromis s’il existe une preuve de
manipulation et d’usage d’influences sur contrats publics ou évasion
fiscale. Ces préoccupations sur la nécessité d’une plus grande
transparence sont mises en lumière avec l’exploitation du pétrole dans
la région du Lac Albert.
L’accès
à l’information et la lutte contre la corruption
Le défi
le plus grand auquel est confrontée la société civile actuellement est
d’appliquer de manière effective l’ATIA et d’autres lois significatives,
afin de lutter contre la corruption. Une fois la loi rendue
opérationnelle, les citoyens auront le droit de se rendre à un bureau
public et de chercher l’information qui était auparavant cachée dans des
fichiers « confidentiels » et « officiels ». Ce droit donnera aux OSC
l’opportunité d’accumuler assez d’informations crédibles sur les
accusations de corruption pour soutenir ses campagnes d’incidence et
anti-corruption.
Nous
partageons la perspective selon laquelle l’accès à l’information
permettra aux médias d’améliorer l’information présentée au public sur
les mauvaises gestions de ressources publiques et les actes de
corruption grâce à une meilleure capacité de recherches. Cette capacité
additionnelle des médias pour appuyer ses rapports avec des preuves
crédibles, contribuera au consensus national concernant la nécessité
d’éliminer les mauvaises habitudes du gouvernement.
Durant
ces dernières sept années, UDN a conduit des programmes communautaires
de surveillance qui sont un parfait exemple du type de participation
publique que faciliterait un meilleur accès à l’information. Il a été
dit que la politique de décentralisation, amenant avec elle
l’implémentation de programmes de réduction de la pauvreté, du niveau
national aux villes et régions, a aussi amené la décentralisation de la
corruption. Pour faire face à cette situation, UDN a travaillé dans onze
villes avec des contrôleurs communautaires qui examinent de manière
continue la qualité de la prestation de services dans le cadre du Fonds
d’action pour la pauvreté “Poverty Action Fund” (PAF). Dans huit de ces
villes, les surveillants ont aussi produit des programmes hebdomadaires
de radio dans la langue locale, dans lesquels sont présentées les causes
de problèmes dans la prestation de services et l’on demande aux
fonctionnaires publics de venir expliquer au public comment ils pensent
les résoudre.
OSC et
la campagne pour fortifier ATIA
En
Ouganda, l’intérêt des OSC pour le thème de l’accès à l’information
provient de l’article 38(2) de
la
Constitution,
qui établit que : « Chaque personne en Ouganda a le droit de participer
à des activités pacifiques pour influencer les politiques du
gouvernement à travers des organisations civiques. » Ceci est une
provision très important car elle donne à la société civile le mandat
de participer, et c’est pourquoi nous devons faire en sorte que la
population connaisse cette clause. Il est dit que les droits ne se
donnent pas sur un plateau d’argent – même lorsqu’un droit est établi
par
la
Constitution,
il y a des manipulateurs qui essaieront de le nier. Seul un public
conscient peut assurer la protection de ce droit.
Jusque
maintenant, les efforts pour soutenir une campagne et ainsi fortifier
l’accès public à l’information ont été fomentés par très peu d’OSC, mais
en particulier par “Human Rights Network” et “Foundation for Human
Rights Initiative”. Ces deux organisations ont participé avec le
“Ministry of Information and National Guidance” et avec l’“Office of the
First Parliamentary Counsel” à l’accélération du processus de
formulation et d’approbation des régulations nécessaires pour
opérationnaliser l’ATIA et ainsi organiser des ateliers afin de préparer
les fonctionnaires publics responsables d’aider à l’accès public de
l’information.
Etant
donnée la nature de cette tâche et son importance pour les droits et
intérêts de toute la population d’Ouganda, un plus grand nombre d’OSC
doivent jouer un rôle plus actif dans la campagne et ouvrir de nouveaux
fronts opérationnels afin de supplémenter les efforts de ceux qui sont
déjà investis. En même temps, la société civile a besoin d’amener les
médias et de les aider à comprendre pourquoi l’intérêt de la société
civile sur ce sujet correspond avec l’intérêt des médias – et du public.
Le moindre effort d’incidence et de campagne sur ce sujet et d’autres
thèmes liés bénéficieront énormément au lien croissant entre la société
civile et les médias.
Conclusion
Nous
exhortons les OSC à saisir les opportunités offertes par l’ATIA 2005.
Pour cela, il est nécessaire de revenir à la base et travailler avec les
communautés marginalisées, avec pour but de les préparer avec des
connaissances, des capacités et de la confiance, pour que la population
soit prête et motivée pour faire face aux fonctionnaires publics et
chercher l’information sur une variété de sujets affectant leur vie.
Pour
plus d’informations sur les efforts d’UDN pour implémenter
la Loi
d’Accès à l’Information Publique 2005, contacter Mukotani Rugyendo à
mrugyendo@udn.or.ug.
Le droit
à l’accès de l’information publique : la déclaration d’Atlanta et le
plan d’action, par Laura Neuman
En
juillet, l’ex-président des EUA Jimmy Carter a envoyé
la
Déclaration
d’Atlanta et le Plan d’Action pour l’Avancement du Droit à
l’Information, “Atlanta Declaration and Plan of Action for the
Advancement of the Right to Information”, à tous les chefs d’Etat et
dirigeants des principales organisations internationales et institutions
financières. A l’aide de messages personnalisés pour chaque dirigeant,
le président Carter leur a demandé avec un caractère d’urgence d’assurer
le droit à l’accès à l’information, son implémentation et sa
consolidation.
Les
déclaration et plan d’action sont le résultat de la conférence
internationale sur le droit à l’information publique du Centre Carter,
qui eu lieu du 20 au 27 février à Atlanta, en Géorgie. La conférence a
réuni plus de 125 participants de 40 pays représentant les principaux
acteurs, incluant les gouvernements, la société civile, des
organisations internationales, des institutions financières du secteur
privé, des donataires et universitaires. Les participants réfléchirent
aux progrès des leçons apprises dans le champ de l’accès à l’information
durant la dernière décennie et examinèrent de manière critique les
sujets émergeants. Vers la fin de la conférence, a circulé et a été
débattu un brouillon de la déclaration ainsi qu’un plan d’action parmi
les participants. Au cours des semaines suivantes, plus de soixante
participants contribuèrent à la version finale du document.
La
déclaration et le plan d’action servent de cadre pour faire avancer le
droit à l’accès à l’information, affirmant qu’il est fondamental pour
la dignité, l’équité et la paix avec la justice. Ces documents affirment
aussi que le manque d’accès à l’information affecte de manière
disproportionnée les pauvres, les femmes et autres secteurs vulnérables
et marginalisés de la société. Ils font un appel aux Etats et
organisations intergouvernementales pour promulguer les lois et
instruments pour son exercice et complètent l’implémentation de la
consolidation effective de ce droit et incite toutes les personnes
impliquées à prendre des mesures concrètes pour l’établissement, le
développement, la protection et la promotion du droit à l’accès à
l’information publique.
Les
déclaration et plan d’action sont un appel à tous les niveaux du
gouvernement, national comme local, afin d’établir des lois de l’accès à
l’information respectant ce qui suit:
· L’accès
à l’information est la règle; la dissimulation est l’exception.
·
Le droit d’accès à l’information doit s’appliquer à toutes les branches
du gouvernement (incluant les corps exécutif, judiciaire et législatif,
tout comme les organes autonomes) à tous niveaux (fédéral, central,
régional et local) et dans toutes les divisions des corps internationaux
mentionnés.
·
Le droit à l’accès de l’information publique doit s’étendre aux acteurs
non étatiques, sous les conditions listées dans le principe 5, mentionné
ci-dessous.
·
Le droit à l’accès à l’information publique doit inclure le droit à
solliciter et recevoir l’information, et obliger les institutions
publiques à divulguer l’information en rapport avec ses principales
fonctions.
·
Le droit à l’accès à l’information publique est indépendant des intérêts
personnels et ne doit jamais exister la nécessité de donner une
justification ou un motif.
En plus
de ses efforts pour diffuser la déclaration, le président Carter
encouragea tous les participants à la distribuer à leurs collègues, à
mettre l’information sur leurs pages Internet et blogs, ainsi qu’à
écrire des articles de journal. La déclaration a aussi été présentée
lors de diverses conférences et réunions. Les intéressés ont commencé à
implémenter les points d’action et le Centre Carter surveille ces
efforts et en fait le suivi comme lui convient. L’équipe du Centre
Carter espère que les déclaration et plan d’action continuent d’être
promus comme un outil de la part d’activistes, de gouvernements et
d’institutions financières internationales dans le futur proche, comme
par exemple lors de la prochaine révision interne des politiques
d’ouverture d’information de
la
Banque mondiale.
Après
quasiment une décennie de travail sur ces thèmes autour de l’accès à
l’information, la conférence marqua un pas important dans le travail du
Centre Carter. Le centre a souligné l’importance de réunir la communauté
pour entrer dans des sujets complexes. Le plus important est que la
conférence a offert une opportunité à la communauté pour réfléchir sur
le travail réalisé et pour penser l’agenda de demain.
Pour
plus d’informations sur la conférence, aller sur “Carter Center’s Access
to Information Project”:
www.cartercenter.org/accesstoinformation.html. Les
déclaration et plan d’action sont disponibles en espagnol, français et
chinois, tout comme les notes et documents de la conférence.
Pour
toute question, contacter Laura Neuman, assistante du directeur de
“American Program” et responsable de projet d’“Access to Information” au
(404) 420-5146 ou par e-mail
lneuman@emory.edu.
Vidéos
de l’UNIFEM sur l’impact des budgets de genre en Bolivie et au Maroc
Le Fonds
des Nations Unies pour les Femmes “United Nations Development Fund for
Women” (UNIFEM) en coopération avec d’autres organisations dans des pays
en voie de développement a créé des vidéos sur l’impact des budgets
sensibles au genre.
En
Bolivie, UNIFEM a organisé une série d’ateliers à Cochabamba pour
enseigner aux femmes comment obtenir un financement pour des projets
pouvant leur être bénéfiques. Les femmes révisèrent le budget de la
ville, apprirent d’où provenait l’argent, la manière dont il est
distribué et quelles sont les stratégies qu’elles peuvent utiliser pour
solliciter des fonds publics. Les ateliers aidèrent les femmes à
visualiser ce qu’elles peuvent réaliser par elles-mêmes et leur
permirent de comprendre les différentes demandes qu’elles peuvent faire
au gouvernement. La vidéo présente des femmes parlant de leur
participation dans des initiatives sensibles au genre et présente des
exemples du travail que réalisa UNIFEM en collaboration avec la ville de
Cochabamba. Pour voir la vidéo, aller sur :
http://www.unifem.org/resources/audiovideo/detail.php?VideoID=7
Au
Maroc, UNIFEM a travaillé avec le gouvernement afin de créer une
perspective budgétaire pouvant avoir un impact plus effectif et
immédiat. La vidéo parle de l’importance de s’occuper des nécessités des
femmes et jeunes filles et comment cela se répercute sur la communauté
dans sa totalité. Elle parle aussi de certains des défis introduits au
sein du Ministère des Finances du Maroc afin de développer des réformes
budgétaires par résultats et avec une focalisation de genre. Pour voir
cette vidéo, aller sur :
http://www.unifem.org/resources/audiovideo/detail.php?VideoID=6
Une
évaluation montre que les efforts de reconstruction suite au tremblement
de terre au Pakistan ne remplissent pas leur promesse
Des
chercheurs indépendants de l’Université de Lahore sur l’Administration
de
la
Science ont publié un rapport intitulé “Ruins to Recovery”, qui
évalue dix-huit mois d’efforts de reconstruction après le tremblement de
terre du 8 octobre 2005 au Pakistan. Le rapport, qui se fonde sur les
informations disponibles pour la première moitié du plan des trois
années de reconstruction, expose que l’Autorité de réhabilitation et de
reconstruction du tremblement de terre “Earthquake Reconstruction and
Rehabilitation Authority” (ERRA) n’a atteint ses buts dans aucun
secteur, « même s’il dispose des fonds suffisants ».
Le
président Pervez Musharraf a garanti la transparence et la remise de
comptes durant le processus de reconstruction et de réhabilitation, mais
Ruins to Recovery reporte que « de telles promesses étaient
fausses » et expose le manque d’ouverture fiscale et de transparence
dans les efforts de reconstruction. Dans le secteur du logement, la
recherche a réalisé qu’ERRA a mal informé sur les progrès et les
chiffres du placement de l’argent ne correspondent pas au travail
réalisé. Par exemple, le rapport fait un appel à vérifier une possible
irrégularité fiscale s’élevant jusqu’à 37.3 millions de dollars, en
relation avec la réhabilitation et la reconstruction de maisons
affectées ou détruites par le séisme – ce qui représente une perte
d’argent considérable, lorsque l’on sait que seuls 51% des 600 000
maisons affectées ont été reconstruites.
Le
secteur éducation, avec 340 millions de dollars de compromis de
donataires, a seulement réalisé 6,5% de l’objectif sur dix-huit mois
concernant la reconstruction de 2 335 écoles. D’après le rapport, seules
152 écoles ont été terminées et 787 supplémentaires sont en
construction. Les réparations et reconstructions complètes des 5 334
écoles et universités endommagées ou détruites par le tremblement de
terre doivent s’achever sur une période de trois mois.
Dans le
secteur santé, 34 cliniques de santé ont été construites pendant cette
période, ce qui représente seulement 15% du nombre désiré. D’autres
secteurs avec des buts non atteints incluent le secteur de la
réhabilitation de réseaux de voies et d’infrastructures d’eau, de
salubrité et de génération d’énergie.
Dr.
Sarah Zaidi, directeur de “Earthquake Budget Project”, une initiative
indépendante pour la surveillance de la reconstruction, explique qu’ “en
essayant d’atteindre leurs promesses quant à la transparence et la
remise de comptes du présidant Musharraf et du premier ministre Shaukat
Aziz, doit être organisé un audit indépendant d’assistance à la
reconstruction. » Zaidi ajoute que « tous les comptes – budgets,
placements et dépenses – doivent être disponibles au public afin que
puissent se mesurer les avancées de la reconstruction et être
identifiées et suivies les situations d’entonnoir de manière
effective. »
Pour
lire le rapport complet, aller sur:
http://www.risepak.com/ebp.
Une étude
lie les programmes du FMI à l’aggravation des niveaux de tuberculose
dans les pays post-communistes
Une
étude récente de David Stuckler et collègues de l’Université de
Cambridge et l’Université de Yale montre que les prêts du Fonds
monétaire international (FMI) aux pays communistes sont liés à
l’augmentation de l’incidence, la fréquence et la mortalité liée à la
tuberculose, avec des indices de 13,9%, 13,2% et 16,6%, respectivement.
Le même rapport démontre que chacune des participations au programme du
FMI fut mise en relation avec l’augmentation de 4,1% du taux de
mortalité par tuberculose et que pour chaque 1% d’augmentation de prêts
du FMI s’expérimenta une augmentation de 0.9% du taux de mortalité par
tuberculose.
D’un
autre côté, les chercheurs estiment que l’abandon des programmes du FMI
a une relation directe avec la diminution de 30,7% des indices de
mortalité par tuberculose. Les découvertes de l’étude indiquent que les
prêts du FMI ne semblent pas répondre à l’aggravation du secteur santé ;
mais qu’ils paraissent précipiter sa dégradation. En revanche, d’autres
programmes du FMI – qui ne sont pas des prêts – sont associés à la
diminution des taux de mortalité par tuberculose.
Afin
d’expliquer la relation entre les prêts du FMI et l’augmentation des
niveaux de tuberculose, les chercheurs utilisent une série de modèles
indépendants, suggérant que les programmes du FMI sont associés à la
diminution de 8% de la dépense du gouvernement, 7% du nombre de docteurs
per capita et à une moindre couverture pour le contrôle de la
tuberculose. Même si ces découvertes suggèrent que les prêts du FMI
mènent à des diminutions liées au contrôle de la tuberculose, l’étude
conclut que les futures recherches « doivent examiner la relation entre
les programmes du FMI et d’autres indicateurs de santé. »
Pour
lire l’article complet, paru dans le numéro de juillet 2008 de la
publication “Open Access from PLoS Medicine”, aller sur:
http://www.plos.org/press/plme-05-07-stuckler.pdf.
Budgets participatifs à Porto Alegre par
le Département du Développement Soutenable / Amérique Latine et Caraïbes
de la Banque Mondiale
Le
rapport Toward a More Inclusive and Effective Participatory Budget in
Porto Alegre a été publié par
la
Banque mondiale en réponse à une sollicitude de la municipalité de Porto
Alegre, ville capitale du Sud du Brésil, à Rio Grande do Sul. La
municipalité demanda à la banque de se focaliser sur cinq points
centraux :
-
Comment peut être améliorée la qualité de participation des budgets
participatifs?
-
Comment peut se fortifier l’interphase entre les budgets participatifs
et l’administration fiscale municipale?
-
Comment peut être améliorée la capacité des budgets participatifs à
surveiller l’exécution du financement?
-
Comment peut s’établir un système plus cohérent de remise de comptes
social dans la ville, ainsi qu’améliorer l’articulation entre les
budgets participatifs et les différents forums de participation?
-
Quels
sont les impacts sociaux et fiscaux des budgets participatifs?
Le
rapport présente une évaluation plus profonde des défis présents
qu’affrontent les budgets participatifs à Porto Alegre, évalue leur
impact fiscal et social et offre des recommandations pour améliorer le
processus.
Le droit à l’alimentation et les budgets
gouvernementaux
L’
“International Human Rights Internship Program” (IHRIP) a organisé un
atelier sur le droit à l’alimentation et les budgets gouvernementaux du
9
au
12 juin 2008, à Washington, D.C. Avec le soutien de la “Food and
Agriculture Organization” (FAO), cet atelier est le second dans un
projet qui cherche à produire un guide pour les OSC et les institutions
gouvernementales, sur comment utiliser le travail budgétaire pour faire
progresser le droit à l’alimentation.
Lors du
premier atelier, qui se déroula en octobre 2007, les participants
développèrent un essai de méthodologie pour intégrer le travail de
budgets en recherche sur le droit à l’alimentation, l’analyse et
l’incidence. Durant les mois séparant les deux ateliers, trois équipes
nationales mirent à l’épreuve la méthodologie, dont le Centre
international de recherche sur les droits de l’homme (CIIDH) du
Guatemala et l’Association Civile pour l’Egalité et
la
Justice
(ACIJ) d’Argentine. De plus, des groupes comme ESCR des Philippines en
Asie et “Uganda Debt Network” collaborèrent dans un projet qui analysa
la conception et l’implémentation d’un programme pour le service de
l’extension agricole “agricultural extension service programme”.
L’économiste Frank Mischler, du Département de développement social et
économique de
la FAO,
explique que le groupe commença littéralement depuis zéro et « passa par
des moments difficiles, tentant de comprendre des sujets compliqués qui
ne concordent pas : l’analyse de budgets et le droit à l’alimentation. »
Malgré les différents essais pour comprendre et expliquer comment une
analyse de budgets peut être un outil puissant pour promouvoir le droit
à l’alimentation, Mischler est convaincu que le groupe a produit « une
structure très logique du guide ».
Ricardo
Zepeda du CIIDH, coordinateur dans le champ des droits économiques, note
que l’essai de guide peut aider à analyser les politiques publiques aux
niveaux micro et macro. « Le niveau macro doit être lié à la définition
de politiques dans les moyen et long termes », dit Zepeda. De la même
manière, il ajoute que durant la formulation du budget, tous les
secteurs concourent les uns avec les autres pour être prioritaires. Cela
veut dire que l’établissement de priorités se reflète dans des tendances
budgétaires tout au long d’administrations présidentielles de quatre
ans, ce qui démontre les « niveaux d’attention » que le gouvernement a
donnés à chaque secteur. Ceci représente pour les OSC une opportunité
pour faire une analyse comparative et lutter en faveur de ou contre
certaines politiques.
Zepeda
parle de la possibilité que l’analyse “micro” permette d’examiner
l’impact des politiques budgétaires appliquées. Ce type d’analyse peut
rendre compte de la manière dont sont utilisés les fonds publics. Ces
dépenses peuvent être pour des programmes isolés sans être liées à une
stratégie compréhensive de long terme. Une analyse « micro » peut
évaluer l’effectivité de la dépense publique. Cette analyse « micro »
peut permettre aux OSC d’utiliser de nouvelles technologies, comme les
audits sociaux, afin de promouvoir la participation publique dans la
prise de décisions publiques et de fomenter la transparence.
Martin
Sigal de ACIH offre plusieurs raisons de la valeur de ce guide.
« Premièrement, il démontre de manière pratique et directe l’étroite
relation pouvant exister entre les budgets et les droits humains », dit
Sigal, « Deuxièmement, il peut permettre à ceux qui portent de la
curiosité pour ce type de travail, de pouvoir compter sur des outils
pour faire les premiers pas. » Sigal mentionne que l’aspect le plus
important de ce guide est que les experts en droits humains ou en
questions budgétaires peuvent trouver des points communs.
« L’organisation pour laquelle je travaille se consacre à l’analyse des
budgets comme un outil de plus dans le contrôle des politiques, à la
lumière de l’accomplissement des droits humains », dit Sigal. « De ce
fait, ce guide rend possible le fait de vérifier si les discours
politiques sont suivis d’actions, mais sert aussi à identifier les
inconsistances et mauvaises priorités. »
Zepeda
déclare que participer à l’atelier lui a permis d’examiner la
transparence du processus politique au Guatemala en parlant avec les
citoyens et en visitant des communautés. Il explique que sa recherche a
généré un débat au Guatemala sur l’importance du programme « Vaso de
Leche » (verre de Lait). « J’ai pris part au débat, ai identifié
quelques déficiences dans ce programme. Aidons à en finir avec ce
programme afin d’en commencer un nouveau et, même s’il n’est pas
complètement à notre goût, cela reflète notre préoccupation pour que le
nouveau programme arrive aux secteurs les plus nécessiteux. »
IHRIP
révise actuellement le brouille du guide, en vu des discussions et
suggestions offertes durant les réunions de juin. En accord avec les
commentaires au brouillon révisé par les participants à l’atelier,
la FAO publiera et diffusera le guide à la fin de l’année 2008. Pour
plus d’informations sur le guide et pour l’envoie de copies de celui-ci,
merci de bien vouloir contacter Ann Blyberg, à
ablyberg@iie.org
ou Frank Mischler à
Frank.Mischler@fao.org.
Conférence sur le suivi de la dépense publique en
Azerbaïdjan
En
juillet, le “Center for Economic and Social Development” (CESD) a
organisé une conférence sur un projet promouvant la participation
communautaire dans le suivi des dépenses publiques. La réunion eu lieu à
l’ambassade des Etats-Unis à Baku, et y assistèrent des fonctionnaires
gouvernementaux, organisations internationales, donataires, ONG,
laboratoires d’idées et moyens de communication.
Le
projet inclût un atelier de trois jours dans les villes de Salyan,
Shamkir et Verter. L’objectif central de l’évènement fut d’ « expliquer
aux bénéficiaires de la dépense publique la manière dont le gouvernement
acquiert et distribue des fonds pour offrir des services de santé aux
résidents en zones rurales, afin de donner aux citoyens locaux les
informations et outils nécessaires pour exiger des fonctionnaires locaux
qu’ils rendent des comptes sur les pratiques de dépense dans le secteur
santé, » dit le Dr. Vugar Bayramov, directeur du CESD. Pendant les
cours, les participants discutèrent de méthodes pour donner un suivi à
la dépense de santé et révisèrent des exemples sur la manière dont les
membres de la communauté peuvent surveiller les fonds publics.
Le CESD
a organisé des rencontres trimestrielles avec des membres de la
communauté, pour les aider à faire le suivi de la dépense publique et
espère continuer de surveiller leurs avancements.
Pour
plus d’informations, aller à:
http://www.cesd.az.
Des OSC
d’Afrique Occidentale participent à un atelier d’incidence budgétaire
En
juillet, “Civil Society Legislative Advocacy Centre” (CISLAC) organisa
un atelier de deux jours sur l’incidence budgétaire à Abuja au Niger.
Avec le soutien d’ActionAid International, l’évènement rassembla plus de
vingt participants venant d’OSC de Gambie, du Sénégal, de Sierra Leone
et du Niger.
Awaul
Musa, directeur exécutif de CISLAC, ouvrit l’évènement avec un message
de Hussaini Abdu, coordinateur de gouvernance d’ActionAid pour
l’Afrique. Les participants parlèrent sur le rôle des OSC dans le
processus budgétaire, dans toute la sous région d’Afrique occidentale et
de l’importance de la participation régionale dans la formulation et
l’exécution des budgets.
Les
participants observèrent que le budget joue un rôle important dans la
planification et le contrôle des activités économiques de n’importe quel
Etat moderne. Il existe une tendance commune de tous les pays d’Afrique
Occidentale à la corruption et la malversation des fonds, de la part des
fonctionnaires publics ; beaucoup d’acteurs de la société civile n’ont
pas la capacité pour se consacrer au processus budgétaire et il est
difficile pour les OSC d’avoir accès au parlement, même avec la campagne
globale visant à augmenter l’interaction mutuelle.
Les
participants offrirent un grand nombre de recommandations, incluant des
appels à une interaction plus régulière entre les OSC dédiées à
l’incidence budgétaire en Afrique Occidentale et de meilleures
opportunités de formation pour ces groupes. D’autres recommandations
parlèrent de fomenter les efforts des OSC pour participer avec leur
parlement national respectif au processus budgétaire et défendre des
législations de responsabilité fiscale.
La
cession se conclut par un appel à d’autres OSC et à des donataires à
offrir des forums similaires, aidant à créer des synergies régionales
afin de fomenter la participation publique et l’éducation civique sur la
bonne gouvernabilité en Afrique occidentale.
Pour
plus d’informations sur le CISLAC, aller sur:
http://www.cislacnigeria.org/
Opportunité de travail
HakiElimu, une ONG de Tanzanie qui travaille pour promouvoir le droit à
l’éducation, cherche un expert en analyse budgétaire. Les candidats
intéressés devront avoir une expérience dans le travail budgétaire
appliqué à la société civile. L’analyste budgétaire sera basé à Dar es
Salaam en Tanzanie, et fera partie de l’Unité d’Analyse Politique et
d’Incidence de HakiElimu. Le salaire sera défini conformément à
l’expérience et le contrat initial d’un an est assujetti à
renouvellement. Merci de bien vouloir envoyer votre curriculum vitae à
Elisabeth Missokia, directrice exécutive de HakiElimu à
ed@hakielimu.org.
Pour connaître les détails de cette opportunité de travail, cliquer
ici.
Nouveaux membres de l’équipe de l’IBP
L’IBP est heureux de présenter les trois nouveaux membres de son équipe.
En juin 2008, Gary Hawes et Delaine McCullough se sont joints à l’IBP.
Gary est directeur associé et responsable, en collaboration avec
l’équipe administrative de l’IBP, de développer, affiner et implémenter
les systèmes administratifs de l’organisation, mais aussi de superviser
les relations de l’IBP avec la communauté de donataires. Il jouera aussi
un rôle actif dans l’agenda d’apprentissage du “Partnership Initiative”.
Delaine a rejoint l’IBP comme coordinatrice de communications et
supervise les communications imprimées et électroniques de l’IBP et
conduit les relations avec les médias. Thokozile Madonko s’est uni à
l’équipe en septembre 2008 et sera localisée dans l’agence de Cape Town
de l’IBP. En tant que formatrice et fournisseuse d’assistance technique,
elle aidera au programme de formation de l’IBP et au “Partnership
Initiative”, grâce au développement de matériaux de travail et
l’impartition de cours et d’assistance technique. Pour lire les
descriptions complètes des membres de l’IBP, aller sur :
http://www.internationalbudget.org/about/staff.htm |