Enquête sur le budget ouvert 2008
Résumé des observations de l’indice sur le budget
ouvert 2008, par Harika Masud et Julie Seiwell
Réactions des gouvernements à l’enquête sur le
budget ouvert 2008, par Harika Masud
Pourquoi la note du Kenya dans l’IBO s’est-il amélioré?
par Bonfas Owinga, Social Development Network
Stratégies militantes utilisant les résultats de
l’enquête sur le budget ouvert 2008, par Rocío Campos et Julie Seiwell
Transparence et responsabilité budgétaire: Taxations
et dépenses
Rapport de l'ONG Global Integrity: 2008 L’argent
non-régulé en politique représente la plus grande menace mondiale en
matière de corruption
Les taxes et les dépenses sont les deux côtés d’une
même pièce: Engagez-vous dans l’analyse fiscale, par Katarina Ott,
Institute of Public Finance (Institut des finances publiques)
Recovery.gov: Les États Unis ouvrent les comptes du
plan de relance économique, par Delaine McCullough
La divulgation de données budgétaires est
nécessaire à une surveillance citoyenne informée des politiques
agricoles, par Jack Thurston
Une ONG Zambienne souligne le besoin que les fonds
alloués soient effectivement déboursés, par Robert Valencia
Budgets du gendre
Entretien avec l’expert en budgets du gendre de
Mexico, Lucia Pérez-Fragoso (extrait du Bulletin d’information de
l’UNIFEM, Numéro 3, 3 mars 2009, pp. 5-6)
Ressources sur l’éducation
Défis du financement de l'éducation à Orissa, Inde,
par Sarit Rout
L’engagement de la société civile dans les budgets de
l’éducation: Un rapport sur l’expérience du Fond du Commonwealth pour
l’éducation, par Victoria Perry
Comment rendre efficace le budget pour l’éducation:
expériences, réussites et leçons du Civil Society Budget Work,
par Mario Claasen
Un guide budgétaire pour les organisations de
la société civile travaillant dans le milieu de l’éducation
Publications et évènements
Our Money, Our Responsability:
Application d’outils pratiques pour surveiller les dépenses
gouvernementales
Société civile, surveillance budgétaire et influence
politique: l’Overseas Development Institute lance Budgeting for the
Poor, ainsi que l’Enquête sur le budget ouvert 2008
L’Idasa organise un tour de table sur «le parlement, le
budget et la pauvreté » à Le Cap, Afrique du Sud
Répondre aux défis des institutions suprêmes d’audit:
les législatures et la société civile peuvent-ils aider?
Le Guide de la viabilité des médias communautaires:
Comment changer des vies
Efficacité de l’aide: Aperçu des résultats de l’enquête
2006 sur la surveillance de la Déclaration de Paris
Annonces
L’IBO a un nouveau directeur et un nouvel analyste
senior
Le Réseau du mouvement pour la justice et le
développement (NMJD) demande une assistance technique pour l’analyse
budgétaire au Sierra Leone
Appel aux commentaires: Le Fond Monétaire International
propose des réformes pour un nouveau rôle et une nouvelle gouvernance
Résumé des observations de l’Indice sur le budget ouvert 2008, par
Harika Masud et Julie Seiwell
Le 1er février 2009, le Partenariat international pour le
budget (IBP) a publié les résultats de l’enquête sur le budget ouvert
2008, un état des lieux indépendant et comparatif de la transparence et
de la responsabilité budgétaire dans 85 pays. Dans l’ensemble, les
résultats montrent que la transparence budgétaire dans le monde est
déplorable. Cependant, l’enquête offre des raisons d’espérer et apporte
la preuve que des pays de contextes différents peuvent être transparents
et peuvent s’améliorer et gagner en transparence.
Soixante-huit des 85 pays enquêtés, soit 80%, ne procurent pas à temps
au public les informations complètes, utiles, nécessaires pour
comprendre, participer et surveiller l’utilisation des fonds publics.
Près de 50% de ces 85 pays donnent si peu d’informations qu’ils sont
capables de masquer des dépenses impopulaires, inutiles et corrompues.
L’enquête sur le budget ouvert 2008 évalue les gouvernements centraux
suivant leur propension à donner au public des informations budgétaires
et les possibilités de participer au processus budgétaire.
Il examine également la capacité des législateurs et des auditeurs à
tenir leurs gouvernements responsables de la gestion de l’argent public.
Afin de mesurer facilement l’engagement général des 85 pays en matière
de transparence et de permettre une comparaison des pays, l'IBP a créé
l'Indice sur le budget ouvert (IBO) à partir des 91 questions de
l’enquête qui évaluent l’accès public aux informations budgétaires.
L’IBO 2008 conclut que seuls cinq pays (La France, la Nouvelle-Zélande,
l’Afrique du Sud, le Royaume-Uni et les États-Unis) mettent à
disposition une information exhaustive concernant le processus
budgétaire. Douze autres pays livrent des informations substantielles.
Plus inquiétants sont les vingt-cinq pays donnant pas ou très peu
d’informations au public concernant le budget. Cette liste inclue des
pays à faibles revenus tels que le Cambodge, la République Démocratique
du Congo, le Nicaragua et le Kirghizistan, ainsi que plusieurs pays à
hauts/moyens revenus tels que la Chine, le Nigeria et l’Arabie Saoudite.
Restreindre l’accès à l’information limite la capacité du public, des
journalistes, des commentateurs, des académiciens et des organisations
civiles de tenir les fonctionnaires responsables.
Les pays les moins transparents ont des points communs
Les pays mal classés par l'IBO tendent à partager un certain nombre de
caractéristiques, qui pourraient pointer vers certaines des causes et
des conséquences du manque de transparence budgétaire. Les pays les
moins bien notés sont pour la plupart situés au Moyen-Orient et en
Afrique du Nord, ainsi qu’en Afrique subsaharienne. Ils ont aussi
tendance à être des pays à faibles revenus et dépendant souvent
lourdement des revenus obtenus grâce aux aides étrangères ou engendrés
par l’exploitation de gaz et de pétrole. Nombre de ces pays ont de
faibles institutions démocratiques ou sont gouvernées par des régimes
autocratiques.
Cependant, il existe dans la plupart de ces catégories des pays qui s’en
sortent très bien, montrant ainsi qu’une plus grande transparence
budgétaire est possible dans de nombreux contextes très différents. Par
exemple, même si plus des deux-tiers des pays enquêtés en Afrique
Sub-saharienne sont mal classées par l’IBO, le Botswana et l’Afrique du
Sud ont des classements relativement hauts concernant leur transparence
budgétaire.
Alors que les pays à faibles revenus tels que le Tchad et le Liberia
tendent à être classés en-dessous de la moyenne par les mesures de
l’enquête, ils représentent tout de même des exceptions dans ce
contexte. Par exemple, le Pérou et le Sri Lanka donnent tous les deux
accès à une quantité importante d’informations à leur public.
De la même façon, les pays qui dépendent lourdement des revenus du gaz
et du pétrole tendent à obtenir des scores OBI 2008 sous le score global
moyen de 39%. Néanmoins, même dans cette catégorie, la Colombie, la
Norvège et le Mexique obtiennent de relativement bons scores.
De faibles institutions de surveillance exacerbent le manque de
transparence
Les résultats de l’enquête sur le budget ouvert 2008 montre que les pays
disposant des plus faibles législatures et des plus faibles institutions
suprêmes d’audit (SAI) ont tendance à être aussi les pays avec les plus
faibles résultats sur l'Indice sur le budget ouvert. C’est important car
une obligation à rendre des comptes efficaces passe non seulement par la
transparence et l’accès aux informations budgétaires, mais aussi par la
force de ces institutions. L’enquête révèle que la capacité de
surveillance des législatures et des SAI est sapée par plusieurs
contraintes importantes dans la majorité des pays étudiés.
Dans plusieurs des pays enquêtés, les législateurs ne disposent que de
pouvoirs, d’un temps et d’une capacité de révision et de surveillance de
la mise en œuvre, limités sur les propositions budgétaires de
l’exécutif. Les bonnes pratiques internationales recommandent que
l’exécutif fournisse des propositions budgétaires détaillées aux
législateurs au moins trois mois avant le début de l’année fiscale, afin
de permettre une étude législative détaillée. Néanmoins, moins de la
moitié des pays enquêtés respecte ce délai. Étant donné le temps limité
dont les législateurs disposent pour étudier les propositions
budgétaires, il n’est pas surprenant de voir que soixante-sept des
quatre-vingt-cinq pays enquêtés n'effectuent aucune audience publique
lors de laquelle les organisations civiles pourraient attester du cadre
macroéconomique et fiscal, ainsi que des détails des propositions
budgétaires gouvernementales.
De plus, dans près d’un tiers des pays enquêtés, les législateurs n’ont
pas la possibilité d’entériner les rallonges budgétaires avant que les
fonds ne soient dépensés. Ceci est particulièrement problématique dans
les pays faisant appel fréquemment et de façon importante à des demandes
de rallonge budgétaire comme le Kirghizistan, le Malawi, le Mexique, le
Soudan et le Yémen, ce qui permet aux gouvernements de masquer les
dépenses controversées et impopulaires.
Les résultats de l’enquête sur la faculté des SAI à effectuer leur rôle
de surveillance sont tout aussi décevants. L’un des critères les plus
importants pour permettre à une SAI de fournir une surveillance efficace
consiste son indépendance légale et fiscale vis-à-vis de la branche
exécutive. Malheureusement, dans 26 pays enquêtés, l’exécutif peut
décapiter le SAI sans le consentement des branches législatives et
judiciaires. De plus, dans trente-huit des quatre-vingt-cinq pays, c’est
l’exécutif et non le législatif ou la judiciaire qui détermine
l’allocation budgétaire annuelle du SAI. Dans vingt-quatre de ces pays,
les chercheurs civils enquêtés ont senti que le financement du SAI était
en dessous du niveau de ressources nécessaire pour remplir son mandat.
Dans quarante-six des pays surveillés, le SAI entretient des mécanismes
formels de communication avec le public pour recevoir des complaintes et
des suggestions concernant les agences, les programmes ou les projets
qui devraient être audités. Cependant, dans trente et un pays, le SAI ne
dispose que d’un pouvoir de décision limité sur ce qu’il va auditer,
rendant ainsi un grand nombre de SAI impuissantes à utiliser
efficacement les apports du public.
Des améliorations immédiates sont possibles
Malgré la complexité de ces défis, l’Enquête sur le budget ouvert 2008
montre que des améliorations peuvent être apportées rapidement et à coût
relativement bas. Une comparaison entre les résultats de l’enquête 2006
et ceux de 2008 montre que certains pays ont déjà commencé à améliorer
leur transparence budgétaire sur les deux dernières années. Ces pays, la
Bulgarie, la Croatie, l’Egypte, la Géorgie, le Kenya, le Népal, la
Papouasie-Nouvelle-Guinée et le Sri Lanka, ont amélioré leur score IBO
de sept points ou plus entre 2006 et 2008.
Plusieurs facteurs peuvent être avancés pour justifier de ces
améliorations. Par exemple, le désir de rejoindre l’Union européenne a
apporté une plus grande transparence budgétaire en Croatie et en
Bulgarie. Au Kenya, au Népal et au Sri Lanka, des améliorations
importantes ont été influencées par les activités de groupes civils ou
ont donné plus de possibilités à la société civile d'intervenir.
Les forces ayant créé un désir d'amélioration dans ces pays, ces scores
peuvent quoi qu'il en soit être en bonne partie attribuées à la parution
de documents budgétaires spécifiques qui étaient jusqu’alors
indisponibles. Les scores de l’Indice sur le budget ouvert 2008 sont
basés sur la disponibilité de huit documents budgétaires clefs que tous
les gouvernements devraient rendre disponible en fonction des bonnes
pratiques internationales. Ainsi, si un gouvernement révèle un document
au public qui était jusqu’alors retenu, ou s’il rend plus complets des
documents publics disponibles, son score dans l’IBO s’améliorera
grandement.
Dans le cas de l’Egypte, la décision de faire paraître la proposition
budgétaire de l’exécutif a augmenté son score de 25 points dans l’IBO,
de 18%en 2006 à 43 % en 2008. Le cas de la Géorgie est aussi
remarquable par l’augmentation de son score de 33 % en 2006 à 53 % en
2008 (+ 20 points). L’augmentation est en grande partie due à
l’introduction par le gouvernement d’un Budget Citoyen et d’un format
budgétaire s’étalant plusieurs années.
Un autre pays ayant considérablement amélioré son score est le Sri
Lanka, qui passe de 47 % en 2006 à 64 % en 2008 (+ 17 points). Les
chercheurs au Sri Lanka ont principalement attribué cette amélioration à
l’intervention de certaines organisations de la société civile et des
médias. En 2007, des organisations de la société civile sri-lankaise
ont pour la première fois récusé le budget devant les tribunaux,
interrogeant l’autorité donnée au Département du trésor de transférer
des fonds désignés pour des « activités de développement » afin de
respecter les seuils de dépenses dans d’autres programmes. La Cour
suprême a tranché en faveur des organisations de la société civile, avec
l'argument que ce pouvoir niait le droit du public d'évaluer
l'utilisation des fonds publics.
Le gouvernement du Kenya a pris une approche intéressante afin
d’augmenter la participation en demandant au public de faire des
propositions par courriel au Ministère des finances au cours de la phase
d'élaboration. De plus, le Bureau national d’audit a commencé à publier
sur son site des Rapports d'audit fiscaux:
http://www.kenao.go.ke/index.html.
Le Kenya est un très bon exemple de gouvernement utilisant Internet afin
de mettre à disposition des documents et de communiquer par son biais.
En plus d'utiliser Internet pour rendre publiques certaines
informations, le gouvernement kenyan a établi le Bureau du budget
parlementaire afin d'assister les législateurs à effectuer des
recherches budgétaires et d'améliorer leur capacité à s’engager dans le
processus budgétaire.
L’amélioration du score de la Croatie est en grande partie due à
l’inclusion d’estimations sur plusieurs années dans les documents
budgétaires de 2007, comme la Proposition budgétaire de l’exécutif.
L’augmentation de la transparence budgétaire en Croatie peut être liée
aux efforts militants des organisations de la société civile, comme
l’Institut des finances publiques, ainsi qu’au désir du gouvernement de
répondre aux exigences établies pour l’entrée dans l’Union Européenne.
En général, les améliorations dans les huit pays ont été dynamisées par
la décision des gouvernements de rendre disponible des documents qu'ils
maintenaient jusqu'alors secrets. Cela montre que des progrès pourraient
être effectués ailleurs rapidement et à un coût relativement bas, à
partir du moment où il existe un désir politique suffisant. De nombreux
pays ayant un mauvais classement sur l’IBO génèrent déjà la majorité des
informations nécessaires à la conformité avec les bonnes pratiques. Par
exemple, dans cinquante et un des quatre-vingt-cinq pays enquêtés, le
gouvernement a généré au moins un document budgétaire clef qui n’a pas
été révélé au public. En rendant simplement accessible au public ces
informations déjà présentes, ces pays augmenteraient leur score IBO
ainsi que la capacité du public à jouer un rôle de surveillance
efficace, ce qui est encore plus important. Un autre moyen d’améliorer
rapidement et à relativement bas coût la transparence serait de poster
des documents budgétaires sur Internet.
Réactions des gouvernements à l’Enquête sur le
budget ouvert 2008, par Harika Masud
Une importante couverture médiatique des résultats de l’Enquête sur le
budget ouvert 2008 suscita toute une gamme de réactions de la part de
différents gouvernements. En plus de recevoir des demandes de pays pas
encore inclus dans cette enquête, comme l’Italie, Israël, le Canada et
Singapour, et qui le seront lors de la prochaine session en 2010, le
Partenariat International pour le budget (IBP) et ses partenaires ont
reçu différentes réponses de la part de gouvernements inclus dans la
recherche de 2008.
La majorité des réponses de gouvernements se concentrèrent sur le score
de leur pays dans l’Indice sur le budget ouvert (IBO), une mesure
comparative de l’engagement gouvernemental envers la transparence basée
sur la moyenne de 91 des 123 questions du questionnaire se concentrant
sur la quantité d’information rendue accessible au public. Par exemple,
les inquiétudes concernant le score dans l'IBO de la Bulgarie ont fait
demander un briefing sur l'enquête par le Ministre des finances du pays.
Une fois le briefing effectué, le ministre accepta les réponses de
l'enquête pour la Bulgarie et loua la précision de la recherche. Parmi
les autres réponses engageantes, il faut compter celle de l’Afrique du
Sud qui inclut le classement IBO 2008 dans son année fiscale
Budget Review for the 2009,
ainsi que celle d’un expert brésilien du budget de la Chambre des
représentants qui mentionna les résultats de l’enquête sur le Brésil
dans sa présentation à la réunion de Février des Officiels du budget
parlementaire de l’OCDE à Rome.
En plus de ces remarques positives sur les résultats de l'Enquête, les
réponses allèrent de la défense à l’encouragement. Lorsque la presse
demanda au Premier ministre albanais Sali Berisha de commenter les
résultats de l’IBO concernant l’Albanie, il détourna la critique de son
gouvernement en argumentant que l’enquête évalue le degré de
transparence au niveau local de l’appareil étatique, et non central.
Cependant, le Parti socialiste albanien d’opposition s’avéra être
mieux informé, indiquant que l’Enquête sur le budget ouvert sur laquelle
l’IBO 2008 des pays est basé, se concentre exclusivement sur
l’évaluation des gouvernements centraux.
L’Institut de recherche en politique publique, l’organisation ayant
effectué l’Enquête en Namibie, est en pourparlers avec le Ministère des
finances Namibien, lequel a publié un communiqué de presse pour
protester contre les résultats de l’Enquête concernant la Namibie. Le
ministère argumenta que l’Enquête « ne parvint pas à distinguer le haut
degré d'ouverture déjà atteint en Namibie », et négligea de souligner
que « la Namibie obtient un score proche du double de la moyenne de ses
voisins de l'Afrique subsaharienne. »
L’une des réponses de gouvernement les plus dérangeantes vint de la part
du Cameroun. Bien que le chercheur dépêché sur place ait demandé bien
avant la date de parution fixée au 1ier Février que le
gouvernement lui donne la permission de publier les résultats de
l’Enquête sur le budget ouvert 2008, il ne lui fut pas accordé de rendre
public les tristes résultats du Cameroun.
Les réactions des gouvernements d’Afghanistan et du Rwanda furent plus
encourageantes. Le gouvernement afghan répondit aux résultats de l’IBO
2008 en argumentant que le budget national de l’Afghanistan est
fortement dépendant de l’aide extérieure, qui est imprévisible. Il
serait ainsi difficile de finaliser des documents budgétaires
consolidés, comme la proposition budgétaire de l’exécutif, assez en
avance afin de donner suffisamment de temps au législatif pour
l’étudier. Néanmoins, le Ministère des finances exprima le désir
d'améliorer le score de l’Afghanistan dans l’IBO en rendant plus
d’informations budgétaires accessibles au public.
Le gouvernement du Rwanda est en pourparlers avec l’IBP (via la Banque
mondiale) au sujet de son score 2008 dans l’IBO de 0/100. Le
gouvernement est préoccupé par le fait qu’étant donné que la recherche
fut effectuée en 2007, l’Enquête sur le budget ouvert 2008 ne reflète
pas l’agenda récent des réformes budgétaires qui inclut la publication
dé davantage d'informations budgétaires sur le site gouvernemental.
Étant donné la place importante de l’IBO dans la communauté
internationale préoccupée par les affaires de budget, le gouvernement
pense que le bas classement du Rwanda renforce la perception que le
Rwanda ne fait aucun effort pour devenir transparent et responsable.
Le gouvernement propose que des agences multilatérales entreprennent de
minimiser la publicité négative en s’engageant plus intensément aux
côtés du Rwanda pour préparer la prochaine session de l’Enquête qui aura
lieu en 2010, indiquant ainsi son désir d’amélioration. Comme première
étape, l’IBP encourage les gouvernements des pays à fournir des réponses
détaillées à l’IBO 2008, qui seront alors publiées et mis en valeur sur
son site web. Par la suite, l’IBP pourra conduire des études de cas en
profondeur pour un nombre limité de pays afin de documenter les
améliorations possibles.
Il n’est pas surprenant de voir que les gouvernements des pays ayant
obtenu de bons résultats dans l'Enquête sur le budget ouvert 2008
fassent usage des résultats pour promouvoir leurs efforts, tout comme il
n’est pas surprenant de voir que les gouvernements ayant obtenu de
mauvais résultats critiquent la recherche. Néanmoins, l’IBP se sent
encouragé par les réponses des gouvernements comme l’Afghanistan ou le
Rwanda, qui montrent leur volonté de rendre leur budget plus ouvert et
responsable envers le public, ainsi que leur volonté d’engager une
discussion publique concernant les améliorations présentes et futures.
Pourquoi la note du Kenya dans l’IBO s’est-elle améliorée? par Bonfas
Owinga, Social Development Network (Réseau pour le développement social)
Le Réseau pour le développement social (SODNET – Social Development
Network), basé à Nairobi au Kenya, est l’une des organisations ayant
participé à l’enquête de l’IBP
Open Budget Survey 2008.
Nous réfléchissons ici sur le score de 5 7% obtenu cette année par le
Kenya dans l'Indice sur le budget ouvert (IBO) en comparaison de son
précédent score de 4 8%
2006 score
de 2006.
Les réformes budgétaires initiées par le gouvernement furent menées par
le gouvernement de la Coalition nationale arc-en-ciel, lequel commença
son mandat conscient de la nécessité des réformes, suite à sa victoire
écrasante aux élections en 2002, et qui institua de nombreux changements
dans les trois premières années de son administration. En 2003, le
gouvernement a réintroduit un mécanisme de Revue des dépenses publiques,
qui avait été retiré en 1997. Il a aussi établi le Département des
réserves budgétaires, qui coordonne le processus budgétaire et organise
des forums publics et ouverts sur les sujets liés au budget. On peut
citer comme autres points clefs de la législation liée au budget et à la
responsabilité budgétaire le Government Financial Management Act, l’Anti-Corruption
et Economics Crime Act, le Public Officer Ethics Act, le Public Audit
Act, le Public Procurement and Disposal Act, le Privatization Act et le
Statistics Act.
Au cours de l’exercice fiscal 2005/06, le gouvernement a adopté le
Government Finance Statistics (GFS) ainsi qu'un système de
classification économique compatible avec le budget qui a remplacé le
système de prévisions budgétaires par lignes utilisé à l’époque. De
plus, lors de l'année 2007/08, le Ministère des finances a commencé à
mettre en place des prévisions budgétaires orientées vers les
performances et architecturées autour des programmes, ce qui devrait
faciliter le suivi et la surveillance des fonds publics.
Une étude détaillée du Statistics Act de 2006 montre le genre de réforme
nécessaire pour améliorer la transparence et la qualité des décisions
budgétaires. Décrétée le 1ier février 2006, la loi a été
conçue pour répondre aux problèmes relatifs aux données: piètre qualité,
vides, et un manque d’indépendance professionnelle au Bureau central des
statistiques. L’Act a remplacé le Bureau central des statistiques, et
ses compétences et son mandat ont été restreints par le Bureau national
kenyan des statistiques, une agence gouvernementale semi-autonome.
La nouvelle agence, placée sous l’autorité du Ministère de la
planification et du développement national, est mandatée pour collecter,
analyser et disséminer les informations statistiques officielles dans le
pays et pour diriger un recensement des logements tous les 10 ans. On
estime que l’Act a donné à l’agence une plus grande indépendance
professionnelle, ainsi qu'une autonomie légale. Ces deux aspects
amélioreront la qualité de la collecte et de l’analyse des données,
comme cela est nécessaire pour permettre un développement et une
planification politiques plus forts.
Un second tiers des réformes provient des pratiques promulguées par la
Banque centrale et le Fond monétaire internationale (FMI). En
2006, le Ministère des finances, en consultation avec la Banque mondiale
et le FMI, a lancé une Stratégie de réforme de la gestion des dépenses
publiques complète. Il a introduit le Système intégré d’information de
la gestion financière et l’Enquête de suivi des dépenses publiques afin
d’informer de la mise en place du budget et des pratiques exécutives.
Enfin, des organisations de la société civile travaillant en étroite
coopération avec le Parlement ont aussi joué un important rôle dans la
promotion des réformes budgétaires. En 2007, l’Institut des affaires
économiques, en lien avec d’autres organisations telles que SUNY-Kenya,
menèrent l’élaboration et la préparation du projet de loi sur la gestion
fiscale 2007, laquelle a créé le Bureau du budget parlementaire afin
d’aider les législateurs dans leurs recherches budgétaires et améliorer
leur capacité à participer au processus budgétaire. Le projet de loi a
également créé le Comité d’analyse et d’approbation fiscales afin
d’améliorer le rôle des membres du parlement dans la préparation et la
surveillance du budget.
L’IEA a aussi publié un guide budgétaire pour les législateurs chaque
année après la lecture du budget au parlement, afin d’améliorer le
niveau de compréhension du budget et la qualité des débats le
concernant. L’IEA et d'autres organisations de la société civile
continuent par ailleurs d’organiser des forums publics ouverts pour
discuter les priorités budgétaires avant et après la lecture du budget.
Les organisations de la société civile travaillant sur les problèmes
budgétaires ont développé un budget alternatif, qui génère de sérieux
débats autour du budget proposé, et ont fait pression sur le
gouvernement afin qu'il publie des informations sur le budget. En fait,
elles sont présentement en train de forcer le passage d’un robuste
Projet de loi sur la liberté de l’information qui garantira l’accès aux
informations budgétaires critiques et améliorera les niveaux de
transparence et de responsabilité.
Le Forum Kenyan pour l’engagement budgétaire a été créé par un groupe de
la société civile travaillant sur le budget, des membres lobbyistes du
Parlement et du pouvoir exécutif, pour ouvrir le processus budgétaire à
la participation du public. D’autres exemples d’augmentation de la
participation publique combinent le travail de soutien de la société
civile et des réformes internes au gouvernement. Par exemple, pendant la
phase d'élaboration du budget 2007/08, le gouvernement a demandé aux
citoyens d’envoyer par courriel leur point de vue et leurs propositions
concernant le budget au Ministère des finances.
De plus, le gouvernement a conduit les 175 autorités locales à organiser
des écoutes du public au sujet de la préparation de leur budget et à
lire leurs budgets publiquement. Cette initiative a suscité un grand
intérêt et une grande participation au niveau locale. Il est probable
que cela continue d’avoir un impact positif sur les budgets des
gouvernements locaux étant donné que les priorités des citoyens sont
pris en compte. De plus, cela augmentera la transparence et la
responsabilité au fur et à mesure que les citoyens deviendront plus
engagés et conscients de l’importance du budget dans leur vie de tous
les jours, et qu’ils demandent aux fonctionnaires gouvernementaux locaux
de rendre des comptes.
Biens que d’autres actions nécessitent d’être menées, le Kenya a fait
d’importants progrès dans l’amélioration de sa transparence fiscale et
de sa responsabilité budgétaire depuis 2003. Des améliorations touchant
plusieurs secteurs du gouvernement ont eu lieu, à l'aide de la
participation du Parlement et des organisations civiles. Cependant, il
y a encore beaucoup à apprendre en matière de politique économique,
notamment sur la raison pour laquelle le gouvernement a institué ses
réformes, ou comment les organisations civiles y ont participé, ce qui
rend indispensable une nouvelle étude de cas.
Stratégies militantes utilisant les résultats de l’Enquête sur le budget
ouvert 2008, par Rocío Campos et Julie Seiwell
Le 1ier février, les résultats de l’Open
Budget Index
2008 ont été mis à la disposition de la presse et du public mondial
http://openbudgetindex.org/index.cfm?fa=ipr. L’IBO a été désigné
pour mesurer les pratiques en matière de transparence des systèmes
budgétaires gouvernementaux, en évaluant le degré d’accessibilité au
public de huit documents budgétaires clefs que les gouvernements sont
sensés rendre public suivant les bonnes pratiques internationales. L’IBO
fait partie de l’Enquête sur le budget ouvert 2008, une analyse complète
adjointe d’une enquête évaluant si les gouvernements de
quatre-vingt-cinq pays permettent l’accès aux informations budgétaires
et donnent la possibilité de participer au processus budgétaire au
niveau national.
Le Partenariat international pour le budget (IBP) est convaincu que
l'ouverture budgétaire permet au public de juger si les élus des
gouvernements sont de bons intendants des fonds publics ou non, et
ainsi, puisque le public permet de réduire les dépenses inutiles ou
corrompues, des budgets transparents et responsables peuvent faire
augmenter les ressources disponibles pour le combat contre la pauvreté.
L'enquête est conduite tous les deux ans en partenariat avec des
chercheurs de la société civile indépendants dans chaque pays.
Les partenaires d’IBP dans les sociétés civiles tout autour du globe
travaillent sur les problèmes sociaux, politiques et économiques, en
mettant l’accent sur l’élimination de la pauvreté et l’amélioration de
la gouvernance. Ce travail est directement affecté par le niveau de
transparence budgétaire de leur gouvernement. Afin de faire prendre
conscience de l’importance cruciale de la transparence et de la
responsabilité budgétaires et de générer une couverture médiatique des
constatations faites par l’Indice sur le budget ouvert 2008, IBP a aidé
ses partenaires des sociétés civiles à lancer et à diriger des activités
dans huit régions autour du globe: l’Amérique Centrale, l’Amérique du
Sud, l’Afrique australe, l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique de l’Est, le
Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, l’Asie du Sud, et l’Asie du Sud-est.
Ces lancements ont été entrepris par les organisations suivantes:
-
Le Centre pour la mise en œuvre des politiques publiques, pour
l’équité et pour la croissance (CIPPEC), a organisé le lancement en
Amérique du Sud, en Argentine
-
Fundar, le Centre de recherche et d’analyse a organisé le lancement en
Amérique Centrale au Mexique
-
Le Centre pour les Etudes des politiques publiques (CPPS) en Malaisie
et le Centre philippin pour le journalisme d’investigation (PCIJ)
ont organisé en commun le lancement en Asie du Sud-est en Thaïlande
-
Le Centre pour une gouvernance et un budget responsables (CBGA) a
organisé le lancement de l’Asie du Sud
-
L’Association libanaise pour la transparence (LTA) a organisé le
lancement au Moyen-Orient et en Afrique du Sud
-
Le Réseau pour le développement social (SODNET) a organisé le
lancement en Afrique de l’Est au Kenya
-
Le Centre pour le développement social intégré (ISODEC) du Ghana a
organisé le lancement en Afrique de l’Ouest au Nigeria
-
Idasa a organisé le lancement en Afrique australe en Afrique du Sud
Le lancement régional des activités a beaucoup varié d’un endroit à
l’autre. Par exemple, en Amérique centrale, FUNDAR a produit une
présentation en Flash des résultats de l’IBO, qui fut postée
simultanément sur les sites Web des chercheurs de l’IBO dans la région
et qui fit se réunir les partenaires régionaux à Mexico, pour deux jours
d’évènements médiatiques et de discussion publique. En Asie du Sud, CBGA
a convoqué ses partenaires régionaux à New Delhi pour une conférence de
presse très fructueuse. En Afrique de l’Est, SODNET fit se rassembler
les partenaires régionaux pour deux jours à Nairobi afin de publier
l’IBO, discuter des problèmes de transparence avec les fonctionnaires
gouvernementaux et d’autres représentants de la société civile, et
recevoir une formation sur l’Outil de suivi budgétaire de SODNET. Au
Moyen-Orient et en Afrique du nord, Transparence Liban a convoqué les
partenaires régionaux de l’IBO, la société civile, les représentants
gouvernementaux, ainsi que les médias, à un atelier d’une demi-journée à
Beyrouth, incluant des présentations des résultats de l’IBO des pays de
la région, ainsi qu’une discussion sur les problèmes de transparence
régionaux.
En plus d’avoir fait se réunir les partenaires régionaux d’IBP afin de
collaborer sur ses activités, les évènements régionaux ont étendu la
portée de l’Enquête sur le budget ouvert 2008. La couverture médiatique
générée par ces évènements inclut des émissions radio sur W Radio, sur
Espacio Abierto de Radio Ciudadana au Mexique et sur Capital FM au
Kenya, des articles dans le Cambodia Daily, La Jornada
(Mexique), le Daily Nation (Kenya), le Standard (Kenya),
le Nepal News, le Malaysia Star, le Philippine Star,
le Fiji Times, l’India Journal, le Daily Star
(Liban), le Times of India, et le Financial Express
(Inde).
Les lancements ont aidé à faire avancer la conscience publique sur
l’importance que représentent la transparence et la responsabilité
budgétaires, ainsi qu’à permettre aux partenaires d’IBP de commencer à
discuter et à développer des plans afin d’utiliser les constats de l’IBO
pour améliorer la transparence budgétaire via différentes stratégies
dans les mois à venir. Voici quelques exemples de ces plans:
-
CPPS en Malaisie et Fundar au Mexique travaillent désormais à
l'élaboration d'un Budget citoyen visant à pousser leurs
gouvernements à publier un Budget citoyen officiel (l’un des huit
documents budgétaires clefs, qui est une présentation accessible à
une audience large et non-technique). Présentement, aucun des deux
pays ne publie une version de ce document.
-
CIPPEC en Argentine, SODNET au Kenya et ISODEC au Ghana explorent la
possibilité d’adapter l’Enquête sur le budget ouvert à leurs
contextes domestiques, afin d’examiner le niveau de transparence
budgétaire au niveau infranational et de déterminer si des documents
budgétaires locaux spécifiques sont accessibles au public.
-
Des groupes en Argentine, en Malaisie, au Mexique et au Kenya
planifient de continuer le dialogue sur ces problèmes avec des
fonctionnaires gouvernementaux et de leur fournir des changements
concrets que les gouvernements peuvent mettre en place afin
d’augmenter leur ouverture budgétaire. CPPS, par exemple, planifie
de tenir une réunion avec le Ministère du Trésor responsable de la
formulation budgétaire, afin de discuter des moyens par lesquels la
Malaisie pourrait améliorer son niveau de transparence budgétaire.
-
Des groupes au Cambodge, en Indonésie, en Malaisie et aux Philippines
se sont mis d’accord pour dire que les prochaines étapes importantes
pour la région incluent: de faire un état des lieux, d’établir des
standards de référence communs concernant la transparence
budgétaire, de militer pour ces standards indépendamment et en tant
que réseau sur l'Asie du Sud-est, dans le cadre de l'Association des
nations de l'Asie du Sud-est (ASEAN) déjà existante, et d’autres
réseaux régionaux de la société civile et de groupes médiatiques
indépendants.
-
Les organisations ayant une forte composante médiatique comme le PCIJ
aux Philippines, partageront les constats de l’IBO avec des groupes
de soutien dans leur pays afin d’obtenir un plus grand impact.
-
Au Liban, LTA a utilisé l’IBO comme une plate-forme pour développer
des recommandations afin de répondre aux défis communs de la région
Arabique. Ces recommandations incluent: l’augmentation de la
quantité d’informations disponibles au public sur la manière dont
les taxes sont utilisées, le développement d’un système de
surveillance des dépenses, le passage de lois garantissant l’accès à
l’information, l’établissement d’une relation plus forte entre les
parlements, les activistes de la société civile et les Ministères
des finances afin d’améliorer la compréhension du budget et
d’améliorer la transparence budgétaire ainsi que la participation
publique aux processus budgétaires. LTA planifie également de
soutenir la ratification de la Convention des Nations-Unies contre
la corruption (UNCAC). L’UNCAC est perçue par le LTA comme étant
l'outil anticorruption le plus complet disponible aujourd'hui, et
elle n'est pas ratifiée par tous les pays arabes.
Les huit lancements régionaux, ainsi que les nombreuses activités de
lancement conduites à l’échelle de pays de par le monde, ont réussi à
présenter les constats de l’IBO et à faire prendre conscience aux
médias, aux gouvernements et au public, de l’importance de la
responsabilité et de la transparence budgétaire pour la réduction de la
pauvreté et pour l’amélioration de la gouvernance. L’IBP continuera
d’aider ses organisations partenaires à développer et à mettre en œuvre
leurs stratégies de soutien, afin d’augmenter l’impact des constatations
de l’IBO aux niveaux régional et national.
Rapport de l'ONG Global Integrity: En 2008, l’argent non-régulé en
politique représente la plus grande menace mondiale en matière de
corruption
Global Integrity a récemment publié son rapport sur l’intégrité
mondiale 2008, qui suit les tendances des gouvernances et de la
corruption dans 57 pays. Le rapport 2008 identifie les mouvements
d’argent non-régulés dans le processus politique comme étant la plus
grande menace pour une majorité de pays. « Pour la troisième année
consécutive, la faible transparence du financement des partis politiques
et des candidats représente le point faible de la structure
anticorruption de la plupart des pays » indique le Directeur général de
Global Integrity, Nathaniel Heller.
L’étude couvre des pays développés tels que le Canada, le Japon,
l'Italie, ainsi que des douzaines de marchés émergeants mondiaux et de
pays en voie de développement, de l'Argentine à la Chine en passant par
la Cisjordanie et l'Irak. Plutôt que de mesurer la perception de la
corruption, le rapport utilise plus de 300 « indicateurs d’intégrité »
afin d’évaluer les mécanismes obligeant à rendre des compte et mesurant
la transparence en place (ou pas), permettant ainsi d’éviter la
corruption. Des vides dans ces garde-fous suggèrent les points par
lesquels la corruption passe le plus probablement.
Global Integrity a introduit dans son rapport sa nouvelle Liste de
surveillance de la grande corruption, laquelle identifie les
pays dans lesquels un manque de mécanismes efficaces permettant de
réguler les conflits d’intérêt et les mouvements de capitaux dans le
processus politique, ainsi qu’une pauvre surveillance des grandes
entreprises nationales, se combinent pour constituer une menace
importante de détournement des ressources publiques. La Liste de
surveillance du rapport 2008 compte l’Angola, la Biélorussie, le
Cambodge, la Chine, la Géorgie, l’Irak, le Monténégro, le Maroc, le
Nicaragua, la Servie, la Somalie, la Cisjordanie et le Yémen, dans sa
liste de pays présentant de forts risques de corruption à haut niveau.
« Les pays présents sur la liste de surveillance sont malheureusement
caractérisés par un mélange toxique de facteurs de risque de corruption
qui devraient susciter des réactions », ajoute M. Heller.
Parmi les autres constats du rapport on trouve:
·
L’échec le plus important des mécanismes anticorruption dans la plus
grande partie du monde arabe est le faible accès aux informations
gouvernementales.
Alors que les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du nord présents dans
le rapport 2008 cherchent à atteindre la moyenne mondiale sur bien des
points, leur manque total d’accès efficace aux informations
gouvernementales double virtuellement leurs déficits sur n’importe quel
autre sujet.
·
Plusieurs pays clefs ont fait des progrès ou ont reculé depuis 2007.
D’importantes améliorations des efforts anticorruption ont été notées au
Bengladesh et au Nigeria ; en Chine, l'évaluation plus positive qu’en
2007 est liée à l’introduction d’une nouvelle régulation permettant aux
citoyens d’accéder aux informations gouvernementales. Malheureusement,
la Bosnie-Herzégovine, l’Equateur et la Géorgie ont tous obtenus des
scores déclinants cette année.
·
Les défis de corruption et de transparence semblent empirer dans la
corne de l'Afrique, menaçant d'exacerber des tensions dans une situation
déjà délicate.
La chute des notes du Kenya et de l’Ethiopie, combinée avec la Somalie
qui obtient la plus basse note global du classement, indique que
l'équilibrage et la surveillance nécessaires à l’amélioration des
gouvernances et de la stabilité dans cette région ne sont pas en place.
«Les évaluations des pays qui constituent le rapport sont parmi les
estimations les plus détaillées et les plus justifiées des mécanismes
anticorruption disponibles au monde» précise Marianne Camerer,
Directrice internationale de Global Integrity. «Ils offrent aux
responsables, aux investisseurs et aux citoyens les informations pour
comprendre les défis de gouvernance propres à chaque pays et pour mieux
agir.»
Rapport de l'ONG Global Integrity: 2008, à l’adresse
http://report.globalintegrity.org.
ATTENTION:
Global Integrity est à la recherche de propositions de projets faisant
usage des outils de diagnostics récompensés de Global Integrity pour
améliorer la gouvernance et le combat contre la corruption. Les gagnants
décrocheront un prix de 1000 $US et la possibilité de présenter leurs
idées devant le Partenariat pour la Transparence budgétaire afin
d'obtenir un financement permettant de mettre en place leurs idées. De
plus amples informations sont disponibles à l’adresse
http://tinyurl.com/impactlink.
Les taxes et les dépenses sont les
deux côtés d’une même pièce: Engagez-vous dans l’analyse fiscale, par
Katarina Ott, Institute of Public Finance (Institut des finances
publiques)
L’Institut des finances publiques (IPF) existe en tant qu'institution
académique de recherche en Croatie depuis 1970, mais notre démarche
militante n’a commencé qu'à la fin des années 1990. À l’époque, les
finances publiques croates étaient sens dessus dessous, manquant de
transparence budgétaire, de responsabilité gouvernementale et de
participation citoyenne, suite à la chute de l’ancienne Yougoslavie, à
l’établissement du nouveau pays qu’était la Croatie, à la transition du
socialisme à l’économie de marché et à la guerre et ses conséquences
politiques, institutionnelles, économiques et sociales. C’est pourquoi
l’IFP a décidé de descendre de son piédestal académique doré pour
commencer des activités qui pourraient bénéficier aux Croates et à la
société dans son ensemble.
Notre premier objectif a été d’offrir une analyse budgétaire
professionnelle et indépendante et d'attirer l'attention sur les
conditions essentielles à des débats budgétaires plus informés. Bien que
dans un premier temps notre travail budgétaire ait fait ressortir les
dépenses (accès à des données fiables, à des classifications appropriées
et à une transparence globale), nous avons dès le début analysé les
taxes, estimant leurs justesses, leurs structures, leurs taux et leurs
rôles.
Analyser les dépenses peut souvent sembler comme étant plus intéressant
que de regarder les politiques de taxes, particulièrement pour les
groupes engagés dans la défense de sujets particuliers tels que la
pauvreté ou les droits et les besoins des handicapés ou des minorités,
mais le budget comprend deux parties: les revenus et les dépenses, qui
doivent être équilibrées. C’est pourquoi l’IPF analyse de façon
systématique les deux côtés et informe le public des problèmes critiques
(voir les bulletins d’information en anglais à l’adresse
http://www.ijf.hr/eng/index.php?ime=28
et le communiqué de presse à l’adressehttp://www.ijf.hr/eng/index.php?ime=141).
L’analyse des dépenses comme des revenus peut être une démarche complexe
et publier les résultats de n’importe quelle analyse peut souvent vous
apporter plus d’ennemis que d’amis. Ceci est dû au fait que quel que
soit le problème ou la politique que vous examinez et quel que soit le
changement que vous suggérez, vous entrerez presque toujours en conflit
avec les intérêts de quelqu’un.
Identifier les choix politiques auxquels les gouvernements font face est
aussi simple que d’ouvrir le journal ou d’allumer la TV: les
exportateurs demandent des subventions supplémentaires, les handicapés
demandent des importations préférentielles d’équipements nécessaires, le
ministre de l’éducation demande des cahiers gratuits pour tous les
pupilles, les bénéficiaires de soins médicaux appellent à l’abolition
des charges participatives. Répondre à n’importe laquelle de ces
demandes nécessiterait de choisir entre augmenter les revenus, réduire
d’autres dépenses publiques, ou une combinaison des deux, et un débat de
fond informé par une analyse objective augmente la probabilité de
prendre les bonnes décisions. Afin de participer efficacement à ces
débats, les chercheurs et les militants de la société civile doivent se
plonger dans les chiffres des revenus et des dépenses, effectuer les
calculs et suggérer les solutions possibles.
L’analyse des revenus peut prendre plusieurs formes suivant les
problèmes en jeu et l’environnement politique dans lequel vous opérez.
Par exemple, la répartition de l’impôt sur le revenu entre les citoyens
les plus riches et les plus pauvres et la mesure dans laquelle chaque
groupe porte le poids des impôts sont toujours sujet à controverse.
Ainsi, l'IFP a publié de nombreuses évaluations sur qui paye l’impôt sur
le revenu (voir
http://www.ijf.hr/eng/newsletter/9.pdf)
et sur les critères qui rendent l’impôt personnel progressif
(c'est-à-dire que ceux ayant une plus grande possibilité de payer sont
taxés à un plus fort taux, voir
http://www.ijf.hr/eng/newsletter/23.pdf).
Alors que la Croatie avance pour rejoindre l'Union Européenne (UE),
l’IFP surveille étroitement l’alignement des lois fiscales croates avec
les critères de l'UE. Malheureusement, le gouvernement croate n'informe
pas objectivement et avec franchise le public sur les sujets, les
problèmes et les développements des négociations avec l’UE, ou sur ses
prises de position. Bien que nous pensions que l’échec de la mise
à disposition de l’information soit plus du à un manque de capacité et à
un pauvre fonctionnement institutionnel qu’à une conspiration pour
dénigrer les citoyens de leurs droits à être informés, nous pensons
néanmoins que le public doit être informé (voir
http://www.ijf.hr/eng/releases/4.pdf).
La crise économique actuelle placera une plus grande demande sur les
dépenses publiques tout en réduisant simultanément les revenus, ce qui
nécessitera que le gouvernement s’attelle aux réformes institutionnelles
nécessaires et absorbe les dépenses les plus lourdes telles que les
salaires des fonctionnaires, les retraites et la santé. Cette situation
nous demandera de renouveler notre attention sur la politique fiscale
afin d’identifier les moyens de générer des revenus suffisants pour
couvrir les dépenses
(voir
http://www.ijf.hr/eng/releases/9.pdf).
Nous anticipons que ce travail aboutira à de nouvelles recommandations
sur les changements de taux d’imposition, les exemptions (c.à.d.,
lorsque des activités spécifiques, des catégories de contribuable ou des
revenus ne sont pas taxés) et les seuils (c.à.d., à quel niveau de
revenu les individus ou les entités commencent à payer leur impôt avec
un plus fort taux d'imposition).
Afin d’augmenter la capacité du public à comprendre notre travail lié au
revenu, l’IFP a publié son premier guide d’impôt citoyen en 2002, lequel
a été mis à jour de nombreuses fois (voir
http://www.ijf.hr/eng/index.php?ime=16).
Nous sommes en train de préparer une toute nouvelle édition du guide
fiscal ainsi qu’une nouvelle version de notre guide du citoyen au
budget, publié pour la première fois en 2000 (voir
http://www.ijf.hr/eng/budget-guide/guide.pdf).
En plus des guides fiscal et budgétaire, qui sont régulièrement utilisés
par les journalises, les ONG, les syndicats et les communautés locales,
nous avons organisé de nombreux ateliers et autres activités pédagogies
sur les sujets de la fiscalité et du budget.
Gardez bien à l’esprit la devise de l'un de mes collègues préféré de
l’IBP, le brillant Joel Friedmann: « Les taxes et les dépenses sont deux
choses indissociables. » La meilleure chose à faire pour qui veut
entreprendre une analyse des revenus est de se procurer le Guide to
Tax Work for NGOs de Joël, de choisir le problème le plus pressant
dans son environnement local, et de suivre les instructions données dans
ce manuel. (Voir
http://www.internationalbudget.org/GuideTaxWork.pdf).
Bonne chance dans vos travaux fiscaux et n’hésitez pas à contacter
l’IPF.
Recovery.gov: Les États Unis ouvrent les comptes du plan de relance
économique, par Delaine McCullough
Barack Obama a prêté serment en tant que Président des Etats-Unis le 20
Janvier 2009, et dans son discours inaugural il fit la promesse
suivante: « Et ceux d’entre nous qui gèrent les deniers publics seront
responsables, de dépenser sagement, de réformer les mauvaises habitudes
et de mener nos affaires à la lumière du jour, car c’est seulement ainsi
que nous pourrons restaurer la confiance vitale entre un peuple et son
gouvernement.»
L’un des premiers actes d’Obama fut de signer l'American Recovery and
Reinvestment Act, un plan de relance économique de 787 millions de
dollars de mesures fiscales et de dépenses, conçu comme une réponse à la
crise immédiate de l’économie américaine, une loi pour la création
d’emplois, et la base d'une croissance durable. En respect de la
promesse faite dans son discours inaugural, le président Obama s'est
engagé à ce que la mise en œuvre du Recovery Act soit sujette à
des niveaux sans précédent de transparence et de responsabilité.
Contribuant à cet effort, le gouvernement américain a mis en place un
site web (www.recoveèy.gov),
lequel le public peut accéder aux détails de l’utilisation des fonds
alloués par le Recovery Act.
Le président Obama a établi les cinq objectifs suivants pour les agences
fédérales afin d’assurer que les fonds de la relance soient dépensés de
façon efficace et efficiente, et qu’ils soient soumis à l’examen du
public:
Sur
www.recovery.gov,
le public aura accès aux données consolidées sur la façon dont le
Recovery Act est distribué parmi les postes de dépenses généraux et
les mesures fiscales, aux données indépendantes par agence et état,
ainsi que des informations à jour sur la mise en œuvre. À ce jour, il
n’y a que des informations limitées sur le site web qui permettraient
aux visiteurs de suivre l'utilisation des fonds de relance, étant donné
que les agences ont encore à prendre les décisions finales sur
l'allocation budgétaire. Néanmoins, des données consolidées et un aperçu
de la loi et de ses buts sont disponibles.
De plus, de nombreuses agences fédérales ont établi leur propre site de
relance, dont l'Agence pour le développement international, les
départements de l’agriculture, de la défense, de l’éducation, de la
santé et des services sociaux entre autres, l’Agence pour la protection
environnementale et l'administration de la sécurité sociale. Le public
peut se rendre sur ces sites (liens disponibles à l’adresse
www.recovery.gov)
afin d’accéder aux rapports hebdomadaires du financement des agences,
des actions importantes et des activités planifiées qui sont en relation
avec le Recovery Act. En outre, étant donné qu’une portion
importante du plan de relance passera via les gouvernements des états,
tous les états américains sauf 15 ont développé des sites similaires qui
effectuent le suivi de la manière dont les fonds alloués via le
Recovery Act sont dépensés à l’échelle des états.
Les efforts faits par l’administration pour donner l’accès au public à
des informations détaillées concernant le plan de relance sont renforcés
par les mécanismes de rendu des comptes intégrés au Recovery Act,
lequel établi un conseil de surveillance constitué d’inspecteurs
généraux (les chiens de garde du gouvernement) appelé le Recovery
Accountability and Transparency Board. Ce conseil chapeautera les
agences fédérales responsables de la dépense des fonds de relance.
Jusqu’à ce que le conseil devienne opérationnel, le président Obama a
mandaté une équipe transversale aux agences fédérales pour suivre
l’utilisation des fonds du Recovery Act et en reporter les
résultats sur le site web.
La transparence et la responsabilité, ainsi que la participation du
public et la surveillance, sont indispensables au processus
d’utilisation des fonds publics afin d’éviter les dépenses inutiles et
corrompues, de renforcer les politiques, d’assurer l’utilisation
efficace et efficient des fonds et d’atteindre les objectifs désirés.
Ces derniers sont encore plus critiques en temps de crise économique,
lorsque les ressources sont limitées et que le besoin de services
gouvernementaux est important. Dans ce contexte, les actions entreprises
par l’administration Obama pour mettre en place le plan de relance
américain d’une façon responsable et ouverte sont encourageantes.
Au contraire, le document
International Monetary Fund
rapporte que l’Arabie Saoudite comme étant le pays ayant le plus gros
plan de relance fiscal (en pourcentage du Produit intérieur brut) à ce
jour, et la Chine en quatrième place, derrière les E-U et l’Espagne.
L'Arabie Saoudite et la Chine se sont montrés réticents à permettre
l’accès aux informations, sur la manière dont le gouvernement gère les
ressources publiques. Sur
Open Budget Index 2008,
site mesurant l’accès public aux informations budgétaires dans 85 pays,
les notes de 14/100 pour la Chine et de 1/100 pour l’Arabie Saoudite
placent ces pays parmi les 25 pays ne donnant le moins d’information à
leurs publics. Étant donné leurs performances dans le passé, il est
improbable que les citoyens de la Chine et de l'Arabie Saoudite
obtiennent des informations suffisantes sur les plans de relance de
leurs pays afin de participer efficacement aux décisions sur la mise en
œuvre du plan ou de sa surveillance.
La divulgation de données budgétaires est nécessaire à une surveillance
citoyenne informée des politiques agricoles, par Jack Thurston
En Octobre 2006, un éditorial du quotidien français La Tribune
déclara que les détails de qui obtient quoi’ en France de la part de la
Politique agricole commune de l’Union européenne soit le deuxième plus
important secret d'état, juste après les codes des armes nucléaires du
gouvernement. Grâce à un réseau paneuropéen de chercheurs, de
journalistes et de militants d'ONG en faveur de la transparence, ces
détails ne seront plus un secret à compter du 1er mai 2009.
Constitué en mai 2005 par Nils Mulvad, un journaliste Danois et leader
dans le domaine du journalisme assisté par ordinateur (JAR); Brigitte
Alfter, une journaliste Allemande et praticienne de l’accès à
l’information ; Et de moi-même, un analyste politique et ancien
conseiller politique du ministre de l’agriculture du Royaume-Uni, le but
du réseau est de partager nos expériences dans la course à l’obtention
de la publication par les gouvernements du genre de données nécessaires
à une surveillance vraiment informée des politiques agricoles, pour les
citoyens. (À l’époque, seuls deux pays, le Danemark et le Royaume-Uni,
avaient publié de quelconques informations sur le paiement des
subventions agricoles.)
De plus, nous avons pensé qu’il serait intéressant de développer une
base de données en ligne, pour permettre au public d’accéder au fruit de
notre travail sur la transparence, un peu comme la base de données des
subventions agricoles américaines lancées par le Groupe de travail sur
l’environnement en 2002 (voir
http://ewg.org/farm).
En décembre 2005, la base de données
www.farmsubsidy.org
a été lancée et depuis elle a donné accès au public
à toute l’information disponible sur
les subventions agricoles, soit à ce jour plus de 70 milliards d’euros
de paiements. Pendant ce temps environ 3,5
millions de recherches ont été enregistrées sur le site, et des
journaux, la télévision et la radio ont couvert nos révélations
concernant certains paiements massifs à des citoyens européens parmi les
plus riches, dont la reine Elizabeth II, ainsi que des bénéficiaires des
aides agricoles les plus curieux: Les compagnies aériennes, les parcours
de golf, les clubs de poney, les compagnies des eaux et les forages
pétroliers. Le thème récurant de nos constations est que les bénéfices
des subventions agricoles vont, dans l’extrême majorité, aux fermes qui
sont le mieux équipées pour fonctionner correctement sans l’aide de
l’état.
En ce moment, nous reconstruisons la base de données du site web de bas
en haut afin d’offrir de meilleures fonctionnalités, des recherches plus
rapides et plus puissantes, ainsi qu’un nouvel ensemble d’outils pour la
surveillance citoyenne de cette part importante de l’UE.
Nous planifions de partir de notre utilisation innovante des outils de
cartographie en ligne ouverts tels que Google Maps afin de
présenter les données budgétaires d’une façon entièrement nouvelle et
hautement compréhensible et imagée (voir par exemple
http://maps.farmsubsidy.or/sweden,
une cartes interactive montrant quelques 2 milliards d'euro de paiements
sur une période de sept ans). Toutes les
données seront disponibles via une Interface de programmation (API) qui
permettra à tout le monde de combiner ou de réunir les données relatives
aux paiements avec d’autres sources de données, comme des données sur le
niveau de pesticide et d’engrais dans les rivières et dans les mers.
Nous élargissons présentement notre travail en regardant la
disponibilité de données dans d’autres parties des 140 milliards d’euros
du budget annuel de l’UE, comme les subventions à la pêche et à l’aide
au développement. Nous sommes également au début d’un projet qui
examinera l’aide gouvernementale à l’industrie dans l’UE, un sujet
actuellement brûlant.
Notre approche de la transparence budgétaire dépasse le cadre de
l’agenda traditionnel et extrêmement nécessaire du Partenariat
international pour le budget (IBP), qui souligne les processus
budgétaires et la publication des données relatives aux revenus et aux
dépenses. De ces mesures, l’UE et la plupart des pays européens
obtiennent une bonne note, comme le montre l’Indice sur le budget ouvert
2008, publié en février.
Nous promouvons aussi la transparence budgétaire au niveau des sociétés
obtenant une aide gouvernementale. Lorsqu’il s’agit de subventions
étatiques, il est vraiment important de savoir quelles entreprises sont
subventionnés et pourquoi. Alors que les gouvernements du monde entier
lancent leurs plans de relance budgétaire à une échelle sans précédent
pour raviver les économies défaillantes, il est plus important que
jamais de suivre où va cet argent. Une surveillance informée de la part
du public joue non seulement un rôle critique pour s’assurer que les
gaspillages, les fraudes et les abus restent à un minimum absolu, mais
aussi pour aider à s’assurer que les dépenses publiques sont en accord
avec les priorités du public.
La coopération est au cœur de ce que nous faisons, étant donné que des
connaissances locales et spécialisées sont toujours nécessaires à
l’émergence de données.
Si votre organisation aimerait collaborer sur n'importe lequel de nos
projets, envoyez un message à
team@famsubsidy.org.
Pour plus d’informations concernant Farmsubsidy, visitez le site
www.farmsubsidy.org.
Une ONG Zambienne souligne la nécessité que les fonds alloués soient
effectivement déboursés, par Robert Valencia
Dans son programme d’analyse et de recherche politique, la Société
civile pour la réduction de la pauvreté (CSPR) a surveillé et suivi les
dépenses budgétaires gouvernementales et a effectué des estimations des
impacts, notamment sur la pauvreté, de l'efficacité des initiatives et
des programmes gouvernementaux en Zambie depuis 2000. Intégré à ce
travail, CSPR a également publié trois communiqués de presse dans la
première semaine de février, exprimant ses inquiétudes et son optimisme
concernant le budget national de cette année.
CSPR a également souligné une « faiblesse » identifiée dans le Rapport
général d’audit 2007 sur la façon dont le gouvernement Zambien alloue
des fonds aux Programmes pour la réduction de la pauvreté (PRP). Les PRP
auxquels les fonds n’ont pas été totalement déboursés incluent les
programmes pour l’éducation et la santé, le Programme d’aide aux engrais
du ministère du développement communautaire et des services sociaux
(FSP), et le Fond des enfants de la rue, pour n'en citer que
quelques-uns.
La capacité de CSPR de surveiller la mise en place du budget
gouvernemental dépendait en grande partie, de la capacité de
l’institution d’audit suprême à produire et à publier des rapports
d’audits complets à temps. L’expérience de CSPR reflète combien il est
important que toutes les étapes du processus budgétaire soient
transparentes, comme l’exécution de la phase d’audit, afin d’inciter le
gouvernement à rendre des comptes sur la manière dont il gère l'argent
public.
Saul Banda, le directeur général du CSPR, a expliqué que l’efficacité du
Bureau de l’auditeur général à produire des rapports budgétaires « ne
mènera à des résultats positifs que si des mesures punitives sont prises
immédiatement sur les officiers corrompus, spécialement concernant le
détournement de fonds ». Parmi les découvertes consternantes du rapport
de l’auditeur général on compte le fait que le Street Kids Fun (Fond
pour les enfants des rues) ne dispose d'aucune trace de déboursement de
denrées alimentaires destinées à des groupes cibles.
Banda a souligné l’importance que place le CSPR sur le contrôle fiscal
strict et la surveillance lors de la mise en place des PRP, qui servent
les gens vulnérables mais qui « semblent être traités avec peu de
soin. » Banda a dit qu'une mauvaise utilisation des ressources publiques
pour ces programmes peut saper les efforts de la Zambie pour réaliser
son Cinquième plan de développement national, ainsi que ses Objectifs de
développement du millénaire.
Emmanuel Musonda, Coordinateur provincial de CSPR, et l’Easter
Province programme management team (EPPMT, Equipe de direction du
programme de la province est) de CSPR ont réitérés l’appel de Banda pour
une meilleure allocation des fonds. Musonda a demandé au gouvernement de
débourser opportunément des fonds aux secteurs et de donner des
informations sur le paiement aux départements du gouvernement et au
public. « Tant que cela n’est pas fait, le budget de cette année ne
pourra pas être utilisé pour montrer aux citoyens l'engagement du
gouvernement envers la pauvreté.»
Sur les cinq dernières années, l’EPPMT a conduit des exercices de suivi
budgétaire pour des secteurs tels que l’éducation, la santé, la
protection sociale, l'agriculture, l'eau et l’assainissement. Dans
l’exercice de cette année, l’EPPMT a découvert que les fonds alloués
pour les districts de Mambwe et de Chipata ont été soit déboursés
tardivement, soit pas du tout. Par exemple, le Fertilizer Support
Program (FSP, Programme d’aide aux engrais) a constaté l'absence de 1500
sacs d’engrais d’une valeur de 12 291$US.
Néanmoins, le CSPR est optimiste au sujet des allocations du nouveau
budget gouvernemental. Par exemple, la Western Province Program
Management Team (WPPMT, Equipe de direction du programme de la
province ouest) a applaudi l’engagement pris par le gouvernement de
réhabiliter et d’étendre les 27 écoles de formation sanitaire à travers
le pays, lesquelles sont destinées à compenser le manque de personnel
médical, ainsi que l’allocation de 7 millions de dollars pour la
construction et la réhabilitation de sept instituts de formation
professionnelle et d’entreprenariat.
De plus, le CSPR est plein d'espoir concernant l’initiative prise par le
gouvernement de publier des brochures rapportant l'allocation pour
chaque projet. Mubyana Kakenenwa, président de WPPMT, a déclaré que
cette mesure est pertinente étant donné que « nous [WPPMT] avons été
dans l'impossibilité d'obtenir des informations sur les allocations pour
la province [ouest] à cause de la répugnance de certains responsables
gouvernementaux chargés de ces informations de la publier, et cela a
affecté négativement notre travail de soutien.»
CSPR a conclu que les mesures politiques esquissées pour le budget
annuel sont «potentiellement bonnes, et si exécutées correctement et à
temps, surtout au regard des inquiétudes grandissantes de plusieurs
participants consultés, pourraient rendre réalisable la vision "de tous
les citoyens, dans tous les coins du pays, se levant chaque matin bien
nourris, dans des maisons décentes, avec un accès à l’eau propre et
saine."»
Pour de plus amples informations concernant CSPR, consultez le site
http://www.cspr.org.zm.
Entretien avec l’expert en budgets du gendre de Mexico, Lucia Pérez-Fragoso
(extrait du Bulletin d’information de l’UNIFEM, Numéro 3, 3 mars 2009,
pp. 5-6)
Les initiatives locales du GRB sont de plus en plus reconnues pour leurs
capacités à aborder les problèmes d’égalité homme-femme dans les
contextes décentralisés. À Mexico, Equidad de Género, une organisation
bien connue pour son travail dans le domaine du Gender Responsive
Budgeting (GRB, Budgétisation du gendre), a été approchée en 2006 par le
gouvernement local nouvellement élu pour l’aider à réaliser une de ses
promesses de campagne: Construire une «ville équitable». Cette demande a
été faite au milieu de réformes politiques plus vastes introduites par
le gouvernement nouvellement élu, qui inclut le passage d’une «Loi
positive sur l'égalité homme-femme» et de directives pour une évaluation
systématique des différences d’impact des politiques publiques entre les
hommes et les femmes.
La collaboration a mené en un an et demi à l’adoption en 2008 par la
ville du premier budget sensible su gendre. Dans l’entretien suivant,
nous avons questionné l’économiste féministe Lucía Pérez-Fragoso,
coordinatrice du programme GRB d’Equidad de Género, à propos du
processus ayant mené à cette réussite, et ce qu’il signifie pour les
femmes de l’une des plus grandes villes du monde, Mexico.
UNIFEM: Pourriez-vous nous dire comment a été faite la proposition
budgétaire de la ville de Mexico?
LPF:
La proposition de budget 2008 de la ville de Mexico nommée « Budget
sensible à l’égalité homme-femme » a été le résultat de formidables
efforts et d’un engagement indéfectible du nouveau gouvernement, qui a
présenté le premier budget sensible au gendre dans la première année de
son mandat. Développer cette proposition budgétaire a été le résultat
des efforts sur de nombreux fronts en 2006 et 2007, en plus des
nombreuses années de militantisme et de construction entrepris depuis
2000 par les organisations féministes et le National Women Machinery
Institute of Women in the Federal District (INMUJERES DF, L’Institut
national du dispositif féministe des femmes dans le district fédéral),
les parlementaires, des membres particuliers de la Gender Equity
Commission (Commission pour l’égalité homme-femme) et de l’UNIFEM.
Lorsque la nouvelle administration est arrivée, une alliance a été
établie entre le Finance Secretariat of the Federal District
Government (FDG, Secrétariat aux finances du gouvernement du
district fédéral), l’INMUJERES DF et Equidad de Género. INMUJERES
DF avait un réseau de centres pour l’égalité homme-femme de la part de
chacune des agences du Gouvernement du district fédéral, qui étaient
responsables de l’intégration de la problématique de l’égalité
homme-femme dans leurs institutions. Ce réseau a existé depuis plusieurs
années, et a reçu des formations sur les problèmes liés aux disparités
homme-femme. En 2007, il a été demandé à Equidad de Género de former le
réseau et les hauts fonctionnaires dans la formulation de politiques, de
programmes et de budgets sensibles au gendre, à l’aide de sa
méthodologie largement reconnue d’application du GRB, pour promouvoir
l'égalité entre les hommes et les femmes. Dans le même temps, le
Secrétariat aux finances établit un Conseil d’administration sur la
sensibilité budgétaire au gendre dont la tâche était de fournir des
conseils aux agences gouvernementales sur la manière de suivre le
différences du gendre dans les allocations budgétaires. Le Secrétariat
aux finances, INMUJERES DF et Equidad de Género ont travaillé ensemble à
l'inclusion d’éléments du gendre dans les formats du nouveau budget et
dans les nouveaux manuels de programmation et de budgétisation qui sont
utilisés pour former tous les fonctionnaires publics de l'Administration
de la ville de Mexico.
UNIFEM: Qu’est ce qui fait le budget 2008 de la ville de Mexico sensible
au gendre?
LPF:
Le concept de budget sensible au gendre est très large et peut inclure
plusieurs définitions. Le budget 2008 du Gouvernement du district
fédéral de Mexico (FDG) peut être considéré comme un budget sensible au
gendre pour plusieurs raisons.
Premièrement, des efforts importants ont été faits dans toutes les
agences du FDG pour formuler des politiques, des programmes et des
budgets sensibles au gendre. Les vingt premières pages de la Proposition
budgétaire de la ville expliquent clairement le travail qui a été fait à
ce sujet.
Deuxièmement, la proposition budgétaire décrit des ressources allouées
aux préoccupations des femmes et à l’égalité homme-femme. Elle propose
également des indicateurs spécifiques pour surveiller l’utilisation des
fonds, par exemple, le nombre de réponses du Bureau gouvernemental pour
la sécurité publique à des cas de violence contre les femmes.
Troisièmement, en 2008, et pour la première fois, des ressources ont été
désignées pour l’égalité homme-femme dans le budget de la ville. Elles
représentent un total de 1234 millions de pesos soit 1,12 % du budget
total. La proposition budgétaire inclut également des fonds pour un
programme cherchant à éliminer la violence contre les femmes dans les
transports publics. Cela fait partie d’un programme plus vaste nommé «Viajemos
seguras» (Transport sûr) qui fournit des bus « seulement pour les
femmes » à certaines heures et dans certaines parties de la ville. Le
gouvernement de la ville de Mexico a lancé cette initiative en résultat
des échanges effectués avec le programme régional « Pas de violence
urbaine contre les femmes: Des villes sûres pour tout le monde » lors
d’une réunion internationale organisée par In Mujeres avec l’aide
d’UNIFEM. L’objectif de cette réunion était de discuter, d’analyser et
de comparer les expériences et les initiatives réussies de « villes
sûres » pour les femmes dans la région. Le modèle théorique du Programme
régional de l’UNIFEM pour des «villes sûres» a été analysé et son
application à la ville de Mexico a été promue comme un moyen d’assurer
des politiques publiques efficaces, de s’occuper de la sécurité des
femmes et de se conformer à la loi du district fédéral sur VAW (Ley
de Acceso de las Mujeres a une Vida Libre de Violencia). Entre
autres mesures, des posters dénonçant la violence contre les femmes dans
les transports ont été placés dans les équipements de transport. Des
unités de transport dédiées aux femmes ont aussi été assignées dans
certains bus et dans certains wagons de métro; des entrées réservées aux
femmes et une protection spécialisée sont aussi proposés à certains
endroits.
Quatrièmement, trois éléments budgétaires ont été créés afin d’assigner
des ressources à l’égalité homme-femme. Les allocations assignées à ces
éléments budgétaires sont dédiées à des activités telles que la
conception, la coordination et la mise en œuvre de politiques respectant
l’égalité homme-femme. Un certain nombre d’agences gouvernementales ont
assigné des ressources à l’analyse du gendre sur des sujets plus vastes
comme le lien entre homme, femme et environnement. Un effort a également
été fait pour décomposer le nombre de bénéficiaires des programmes
publics par sexe. La fiche technique offre des informations pour
améliorer la conception de politiques, de programmes et de budgets
sensibles au gendre, entre autres nombreuses choses.
UNIFEM: Le budget 2009 inclut-il des mesures similaires?
LPF:
Pour 2009, les ressources assignées aux femmes et à l’égalité
homme-femme représentent 1,27 % du budget, soit une faible augmentation
qui constitue néanmoins une amélioration considérable en comparaison de
2008. Un certain nombre de programmes ont été créés et l'on constate une
amélioration globale des programmes liés à la problématique homme-femme
dans tous les services gouvernementaux. INMUJERES et Equidad de Género
continuent également de renforcer leurs capacités en matière de GRB d'un
nombre toujours grandissant de participants engagés dans le processus de
formulation de politiques et de budgets sensibles au gendre. De plus,
trois nouveaux éléments budgétaires liés au gendre ont été introduits
dans le budget: la prévention de la violence contre les femmes, l'aide
aux femmes victimes de violences et la garantie de l’accès à la justice
aux femmes. Il a également été demandé aux agences gouvernementales
d'effectuer des rapports sur les actions entreprises par chaque
institution pour intégrer la problématique homme-femme comme partie
intégrante de tous les programmes.
UNIFEM: Quels sont les clefs du succès de l’initiative du GRB de Mexico?
LPF:
Le succès de l’initiative de Mexico est sans aucun doute dû à une
combinaison de facteurs: la volonté politique, les partenariats
stratégiques, la réforme des moyens et des budgets. Le partenariat entre
INMUJERES DF, le Secrétariat aux finances (en fait le sous-secrétariat),
responsable des dépenses publiques et de l’établissement du budget du
FDG, des organisations de la société civile, a été essentiel au cadrage
de l’initiative. Il a également été stratégique pour Equidad de Género
d’avoir le savoir-faire technique et la méthodologie pour aider à la
formulation de politiques, de programmes et de budgets du gendre et de
donner des moyens aux fonctionnaires du budget et aux centres pour
l'égalité homme-femme dès les premières étapes. Je pense que
l’engagement du Secrétariat aux finances a été un facteur clef en termes
de changement du format budgétaire et des manuels de formation et en
demandant aux agences gouvernementales de prendre au moins une action
ayant des dispositions du gendre dans leur programme annuel de
fonctionnement 2008 (document de planification). Dans l’ensemble, le FDG
a énormément aidé en 2008 et 2009 à la formulation de budgets prenant en
compte les spécificités homme-femme. Entre autres choses, le cadre
politique demande à chaque agence gouvernementale de définir ses
objectifs y compris pour les problèmes homme-femme sur l’année. Cela
offre un outil utile à la surveillance et à la transparence de la mise
en place.
UNIFEM: Quel est l’avenir du travail sur le GRB à Mexico?
LPF:
L’expérience de l’établissement d’un budget sensible au gendre dans le
FDG est en cours, ce qui demande une attention et un dévouement
constants pour la plus grande partie des temps à venir. Si nous
regardons seulement l'exemple des transports publics à Mexico,
pouvez-vous imaginer un instant ce que cela prend de déplacer huit
millions de personnes et les problèmes relatifs aux femmes qui viennent
avec? En réalité, l’accès à l’éducation impacte l’accès à l’éducation,
aux services sanitaires, au travail, aux marchés, etc. Si GFR aide à
améliorer ces services et à augmenter leur l'accès aux femmes de façon
sûre et correctes, l’impact sur les vies des femmes sera inestimable.
Nous avons besoin d'être en mesure de surveiller cela dans les années à
venir.
Pour lire le numéro complet du bulletin d'information sur le GRB de
l'UNIFEM, rendez-vous à l’adresse:
http://www.gender-budgets.org/component/option,com_docman/task,doc_download/gid,450/
Défis du financement de l'éducation à Orissa, Inde, par Sarit Rout
En Inde, comme dans la plupart des pays à revenu faible ou moyen, le
gouvernement est le premier prestataire de services fondamentaux, comme
la santé et l’éducation. Le pays a récemment voté le 93ième
amendement constitutionnel faisant de l’éducation un droit fondamental,
mais il fait face à d'énormes défis pour offrir une éducation de haute
qualité à tous, et particulièrement aux pauvres et aux marginaux.
Certains de ces défis sont clairement visibles dans l’état d’Orissa en
difficulté, un état majoritairement agricole dans lequel environ 85%des
36,8 millions d'habitants vivent dans des zones rurales.
Près de 38%de la population totale d’Orissa proviennent de castes et de
tribus privilégiées, de groupes vulnérables confrontés à des préjudices
et à l’isolement économique. En conséquence, l’état est sous la moyenne
nationale pour la plupart des indicateurs, dont l'alphabétisation des
femmes (50,5%à Orissa en 2001 contre 53,7 à l’échelle nationale),
l'espérance de vie (57,2 années contre 61,1), et la mortalité infantile
(65 pour mille naissances contre 57).
Non seulement l'alphabétisation des femmes est plus faible à Orissa que
dans le pays mais il existe des disparités importantes et persistantes
en matière d’alphabétisation entre les hommes et les femmes dans l'état
qui indiquent un manque un échec de réponse aux besoins des femmes et
des filles. D’après le consensus de 2001 (données disponibles les
plus récentes), les disparités homme-femme semblent atteindre 24,98 pour
cent, soit un pourcentage inchangé depuis celui de 25,79 en 1971.
Plus inquiétants sont les sept districts dans lesquels l’alphabétisation
des femmes est inférieure à 30%, un taux tiré par le faible niveau
d’éducation des femmes dans les tribus privilégiées. Ces districts sont
dominés pour la plupart par des tribus et sont caractérisés par leur
extrême degré de privation en termes de revenu et d’infrastructure,
ainsi que par les faibles taux d'alphabétisation. Il existe de
nombreuses autres incohérences en termes de disponibilité de salles de
classe et d’aide aux infrastructures qui empêchent une éducation
élémentaire de qualité.
Dépenses publiques pour l’éducation: Tendances et problèmes
Bien que le secteur privé fournisse de l’aide à l’éducation à Orissa,
l’état et les gouvernements nationaux sont les premiers acteurs
permettant l'éducation. Le gouvernement de l'état a fait face à une
sérieuse crise financière dans les années 1990, ce qui a résulté en une
plus grande dette publique et moins de ressources pour d’autres domaines
de dépenses publiques telles que l’éducation. En réponse à cela, le
gouvernement de l’état d’Orissa a mis en place une série de mesures de
consolidation fiscale, qui a amélioré la situation financière et qui
ont, in fine, permis de dégager un surplus de revenu en 2005-06. Sur
cette période, la part des dépenses totales pour l’éducation dans le
budget total de l’état a diminué, tout comme les dépenses pour
l’éducation élémentaire. C’est important car pour de nombreux résidents
de l’état, l’école primaire constitue leur première, et bien souvent
dernière et seule opportunité de recevoir une éducation formelle.
Trop peu de fonds pour l’éducation élémentaire sont destinés à améliorer
la qualité
Les allocations pour l’éducation élémentaire sont réparties parmi de
nombreux programmes et activités, dont l'administration scolaire, l'aide
aux écoles gouvernementales et non gouvernementales, les manuels, les
bourses d’étude, et le Tribal Areas Subplan (TSP, Plan pour les
zones tribales), un plan particulier introduit lors du cinquième plan
quinquennal pour le développement socioéconomique des peuples tribaux.
Améliorer la qualité de l’éducation offerte par les écoles nécessite des
investissements dans la formation des professeurs, les manuels et autres
supports pédagogiques, les bourses d’étude et les bâtiments scolaires.
Malheureusement les efforts pour répondre aux besoins scolaires des
étudiants de l’état, la part des allocations du budget de l’éducation
élémentaire dédiée aux manuels a décliné entre 1997-98 et 2003-04, et
les allocations totales pour les bourses d’étude représentent moins d’un
pour cent des dépenses de l’éducation élémentaire. De la même façon,
très peu d’investissements dans la formation des professeurs ont été
effectués dans cette période. Plus dérangeant, l’allocation dédiée au
TSP a diminué de façon importante sur la période étudiée, contribuant
clairement à la réponse inadaptée des besoins scolaires des membres des
tribus privilégiées.
Les dépenses pour l’éducation à Orissa ont-elles apporté des résultats
concrets?
Une observation sur le terrain effectuée dans deux districts test de
l’état a cherché à évaluer l’impact des dépenses pour l’éducation, pour
des défis aussi simples que d’améliorer la qualité de l’enseignement
primaire et sont accès. Les aménagements scolaires et la disponibilité
de professeurs sont les deux facteurs principaux influençant à la fois
l’accès à l'enseignement primaire et sa qualité. L’étude conclut que sur
les 50 écoles étudiées, douze écoles ont cinq enseignants, trois écoles
ont quatre enseignants, et vingt-cinq écoles n’ont seulement que deux
enseignants. De plus, dans la plupart des écoles, les enseignants
doivent préparer et servir le repas du midi, ce qui les écarte encore
plus de leurs devoirs d’enseignement. Ceci est particulièrement lourd
pour les écoles ne disposant que deux professeurs.
Le district ne dispose que de 39 % du nombre de classes qui serait
nécessaire, et près de la moitié des écoles étudiées ne disposent
seulement que de deux classes. Plus important, plus des deux-tiers des
écoles du district n’ont pas de bureau indépendant pour les enseignants.
L’étude indique aussi que 70%des écoles du district manquent de
toilettes, que 68 % n'ont pas d’aire de jeux, et que 62%des écoles
manquent d’un mur d’enceinte. De plus, 60%des écoles ont des fuites
pendant la saison des pluies et seulement 26 % sont reliées aux routes.
En termes de support d’apprentissage et d’enseignement, l’étude a
découvert que dans les écoles du district, les manuels étaient soit
inexistants, soit en nombre insuffisant pour tous les étudiants. Les
écoles des deux districts ont souvent un retard de six mois sur les
manuels. S’ajoute à la piètre qualité ou à l’inadaptation des
aménagements, des professeurs et des manuels, le fait que dans les deux
districts la disponibilité des bourses d’étude et des subventions est la
plupart du temps irrégulière.
Conclusion
Les déclarations politiques, telles que l’amendement constitutionnel
établissant l’éducation comme un droit fondamental, et les actions
concrètes ne sont pas toujours cohérentes, comme le montre l’exemple
d’Orissa. Alors que l’investissement public reste une composante
fondamentale pour une éducation de haute qualité, les résultats sont
souvent déterminés par la manière dont les fonds sont utilisés et s’ils
atteignent les bénéficiaires cibles ou non. La question centrale est de
savoir comment augmenter l’utilisation efficace et efficiente des
ressources publiques pour l’éducation, et la participation de la société
civile représente une part importante de la réponse.
Les budgets pour l’éducation à Orissa, et ailleurs en Inde, manquent
souvent de fonds dédiés à la surveillance de la performance des
enseignants. La société civile peut aider à combler le manque en
construisant et mobilisant les capacités des membres des communautés à
surveiller les performances des enseignants et des élèves, ainsi qu'en
aidant à la préparation et au service des repas afin de libérer du temps
pour que les professeurs enseignent.
Comme le montre l’exemple d’Orissa, l’Inde fait face à d’importants
défis en termes d’accès à l’enseignement élémentaire et de qualité. La
société civile peut documenter les cas à problèmes et organiser des
compagnes militantes afin de faire pression sur le gouvernement pour
améliorer la situation. Les priorités budgétaires devraient être basées
sur les besoins réels et la société civile joue un rôle pivot dans
l’identification de ces besoins en réclamant qu’ils soient comblés.
Pour de plus amples informations sur le financement de l’éducation en
Inde et à Orissa, veuillez contacter Sarit Rout à l’adresse
saritrout@gmail.com.
L’engagement de la société civile dans les budgets de l’éducation: Un
rapport sur l’expérience du Fond du Commonwealth pour l’éducation, par
Victoria Perry
http://www.internationalbudget.org/resources/CEFExperience.pdf
Le Commonwealth Education Fund (CFE, Fond du Commonwealth pour
l’éducation) a été créé en mars 2002 pour promouvoir la participation de
la société civile dans le programme Education for All (EFA,
L’éducation pour tous), développer le débat public autour des objectifs
de l’éducation, d’emmener une plus grande transparence dans le budget de
l’éducation, et de se concentrer sur les besoins des enfants en dehors
du système scolaire. Le CEF a aidé des partenaires dans 16 pays afin de
donner la capacité à des communautés de surveiller les dépenses en
matière d’éducation aux niveaux local et national. Cela a inclus le
développement des moyens d'organisations de la société civile pour
influencer les décisions politiques en matière de budget et d'éducation.
Ce rapport offre un aperçu de l’expérience menée dans tous les 16 pays.
Il explique comment les organisations de la société civile ont pris part
au processus budgétaire, comment ils ont suivi les versements de fonds,
et comment ils ont surveillé les dépenses et fait pression pour des
allocations budgétaires pour le secteur de l’éducation.
Comment rendre efficace le budget pour l’éducation:
Expériences, réussites et leçons du Civil Society Budget Work,
par Mario Claasen
http://www.internationalbudget.org/resources/BudgetsforEducation.pdf
Le Commonwealth Education Fund (CEF, Fond du Commonwealth pour
l'éducation) soutient l’investissement des sociétés civiles et de leurs
gouvernements dans leurs engagements envers les objectifs des programmes
l’Education pour tous (EFA) et Millennium Development Goals (MDG,
Objectifs de développement pour le millénaire) depuis 2002. Ce rapport
offre un aperçu des cinq études de cas au Bengladesh, au Ghana, au
Kenya, au Malawi et en Uganda, dans lesquels des organisations de la
société civile et leurs communautés locales ont pu utiliser l’analyse et
la surveillance budgétaire pour rendre les budgets de leurs
gouvernements responsables devant les objectifs de l’EFA et des MDG. Les
cas d’études présentent des initiatives locales et nationales permettant
de tirer des leçons clefs, de montrer des réussites reconnues et
d’identifier les défis communs rencontrés par les organisations de la
société civile et des communautés locales. L’objectif de cette
publication est de tirer des leçons clefs pour les organisations de la
société civile du secteur de l’éducation afin qu’ils puissent prendre
des initiatives similaires dans leurs propres contextes.
Un guide budgétaire pour les organisations de la société civile
travaillant dans le milieu de l’éducation
http://www.internationalbudget.org/resources/EducationBudgetsGuide.pdf
Les budgets peuvent apparaître comme des objets complexes et intimidants
pour de nombreuses personnes. Néanmoins, le travail budgétaire entrepris
par les organisations de la société civile du monde entier depuis plus
d’une dizaine d’années a démontré que, bien que les budgets soient
parfois techniques, les citoyens peuvent apprendre par des calculs
simples à les utiliser et à les comprendre. Le travail budgétaire a
démontré que les budgets ne sont pas des documents abstraits mais des
outils utiles à la société civile pouvant être utilisés dans leurs
campagnes militantes et permettant de tenir responsable leurs
gouvernements et leurs responsables pour leurs engagements financiers
envers les pauvres. Ce guide met particulièrement l’accent sur le
secteur de l’éducation, offre des informations simples sur la manière
dont les organisations de la société civile peuvent entreprendre un
travail budgétaire, introduit les concepts budgétaires clefs et utilise
des études de cas pour informer les organisations de la société civile
sur la manière dont le travail budgétaire peut les aider à adapter leurs
messages stratégiques et promouvoir le changement dans le secteur de
l’éducation.
Our Money, Our
Responsability:
Application d’outils pratiques pour surveiller les dépenses
gouvernementales
Du 7 au 20 novembre à Le Cap, Afrique du Sud, l’IBP a tenu un atelier de
formation pilote sur la mise en place de la surveillance budgétaire. Ont
participé à l’atelier des représentants d’organisations de 13 pays du
monde entier intéressés dans la surveillance des résultats obtenus à
l’aide des dépenses gouvernementales.
L’atelier, qui dura 14 jours, fit un usage intensif de la publication
d'IBP,
Our Money, Our Responsability: A Citizen’s Guide to Monitoring
Government Expenditures (Notre argent, notre responsabilité:
Application d’outils pratiques pour surveiller les dépenses
gouvernementales). Le guide présente 10 méthodologies de bonnes
pratiques utilisées par les organisations de la société civile pour
surveiller l’exécution du budget gouvernementale et évaluer l’impact des
dépenses budgétaires. Les supports de cours ont été le résultat d’un
effort commun et ont été tirés de l’expertise et de l’expérience
d’organisations du monde entier qui mettent en place actuellement des
méthodologies et des outils innovants pour surveiller les dépenses
publiques. Le travail de ces organisations va de l’influence du
développement budgétaire (l’établissement du budget) au suivi des
budgets jusqu'à leur mise en place finale (exécution du budget).
L’atelier de formation est conçu pour donner aux participants les idées
et les outils essentiels qui composent quatre méthodologies de
surveillance, ce qui leur permettra de commencer la surveillance des
dépenses budgétaires. L’atelier est fortement participatif et similaire
aux autres initiatives de formation d’IBP dans lesquelles il est demandé
aux participants de réagir sur les sujets, de soulever des questions, de
discuter des documents de l’atelier et d’entreprendre des travaux et
exercices de groupe. La formation utilise un ensemble complet de
documents, dont une simulation des informations budgétaires d’un pays
fictif ainsi qu’un problème sur une étude de cas sur la santé maternelle
que les participants doivent analyser.
L’un des participants a remarqué que «la formation a été très intensive,
instructive et pratique en termes d’application des méthodologies. »
Suite à ce qu’ils ont appris, les participants ont senti qu’ils étaient
désormais « capables d'identifier les documents nécessaires et
pertinents et ce qu’ils devaient chercher dans l’analyse des documents
pour développer des objectifs budgétaires.»
En plus de la surveillance des budgets, l’atelier se concentre sur la
participation budgétaire. Les militants budgétaires doivent atteindre
une audience diversifiée, ce qui nécessite une réflexion stratégique sur
la manière de faire passer un plaidoyer aux gens ordinaires. Lors de
l’atelier, des médias innovants ont été présentés aux participants pour
qu’ils puissent communiquer sur leur plaidoyer budgétaire. Il a été
demandé aux participants d’utiliser le média suivant pour leurs
présentations: Des rassemblements, des spectacles de marionnettes, des
drames radiophoniques, des chansons et des tirages. Suite à ce qu’ils
ont appris, les participants ont dits être capables de se voir eux-mêmes
faire «plus de travail militant intensif ». Un des participants a senti
que « la formation [lui avait] apporté une bonne expérience,
spécialement dans l'amélioration de la compréhension des plaidoyers
"basés sur les évidences".»
Un objectif à long-terme important d’IBP concernant cet atelier est la
mise en place de ces méthodologies de surveillance par les organisations
participantes. Afin de déterminer l’utilisation pratique des outils, il
a été demandé aux participants de considérer si leurs organisations
pourraient être en position de mettre en place, ou seraient intéressés à
mettre en place, ces méthodologies.
Les réponses ont été globalement positives. Lors de l’évaluation du
cours, un certain nombre de participants ont dit que le contenu était
utile au budget actuel de leur organisation. Par exemple, un participant
déclara, «la pertinence de la formation vis-à-vis de notre situation de
travail est excellente, spécialement en ce moment, alors que nous
finalisons notre plan annuel pour 2009. En même temps, nous esquissons
notre stratégie pour guider les activités pour 2009 et après. Il est
certain que les compétences du cours sur la surveillance de la mise en
place budgétaire contribueront à accomplir ces activités très
importantes.»
Un autre participant conclut que «ce fut une expérience formidable de
participer à l’atelier. Cela a été plein d’expériences enrichissantes et
multidimensionnelles, d’interaction avec des gens expérimentés, et de
partage de points de vue avec les participants de l’atelier provenant de
différents pays et de différents environnements de travail. Je suis sûr
que dans les jours qui viennent, je serai en mesure de [faire une]
contribution utile et de jouer un rôle productif en tant que membre de
l'équipe de mon organisation, ou de surveiller la mise en œuvre du
budget et la politique budgétaire.»
Pour de plus amples informations, contactez Vivek Ramkumar à l’adresse
Ramkumar@cbpp.org
ou Thokozile Madonko à l’adresse
madonko@cbpp.org.
Pour lire notre livre Our money, Our Responsability: A Citizen’s
Guide to Monitoring Government Expenditures, rendez-vous à
l’adresse:
http://www.internationalbudget.org/resources/expenditure/index.htm.
Société civile, surveillance budgétaire et influence politique: L’Overseas
Development Institute lance Budgeting for the Poor, ainsi que
l’Enquête sur le budget ouvert 2008
Les organisations de la société civile jouent un rôle clef en s'assurant
de la transparence et de la responsabilité gouvernementale. En y
consacrant des efforts, elles peuvent aussi aider à éclairer le
processus de prise de décision en l’étayant de preuves et de recherches.
Le 17 mars 2009, l’Overseas Development Institute (Institut pour
le développement extérieur) a organisé un évènement pour souligner
l’importance du fait que les processus de budgétisation soient
intégrateurs et participatifs en présentant un nouveau livre sur le
sujet, Budgeting for the Poor. Il a aussi profité de l’évènement
pour situer le livre dans un contexte international plus général en
offrant un aperçu des résultats de l’Enquête sur le budget ouvert 2008
d’IBP.
Budgeting for the Poor
examine le rôle de plus en plus important joué par les organisations de
la soci été civile dans l’analyse des politiques budgétaires
gouvernementales en militant pour des processus budgétaires plus
transparents et plus inclusifs dans les pays en transition et en voie de
développement. S’appuyant sur les études de cas de six groupes
budgétaires à travers l’Europe, l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine,
ce livre est la première étude complète de l’impact et de l’importance
des initiatives civiques visant à améliorer la transparence budgétaire
et l'accent mis sur la pauvreté dans les priorités de dépense
gouvernementales. Les réussites constatées incluent des améliorations de
la transparence des décisions budgétaires, une augmentation de la
conscience budgétaire et de la culture de l’information, ainsi qu’un
engagement plus profond dans le processus budgétaire de la part des
législateurs, des médias et des organisations de la société civile. Les
études de cas de ce livre montrent comment les groupes budgétaires
produisent une meilleure équité dans les politiques budgétaires et
renforcent la démocratie en rendant les personnes responsables, en
améliorant la transparence et en approfondissant la participation.
L’évènement comprenait des présentations de Mark Robinson, directeur de
Profession for Governance and Conflict (Groupe gouvernement et
conflit), UK Department for International Development (DFID, Ministère
du développement international) et éditeur du livre Budgeting for
Poor ; Paolo de Renzio, associé de recherche, Institut de
développement extérieur ; Et Warren Krafchik, directeur d’IBP.
Pour de plus amples informations sur l’évènement et pour télécharger les
présentations, visitez la page
http://www.odi.org.uk/events/details.asp?id=442&title=civil-society-budget-monitoring-policy-influence.
L’Idasa organise un tour de table sur «le Parlement, le budget et la
pauvreté» à Le Cap, Afrique du Sud
Le 14 Octobre 2008, le programme Political Information and Monitoring
Service (PIMS, Service d’information et de surveillance politique)
de l’Idasa a convoqué des spécialistes des finances publiques, des
législateurs et des membres d'organisations de la société civile afin de
discuter le rôle du Parlement Sud-Africain dans le processus budgétaire,
avec un accent particulier sur la réduction de la pauvreté. Paul Graham,
directeur exécutif d’Idasa, a souligné que le report récent des « Money
bills » au parlement, étant donné l’importance des puissances
d’amendement budgétaire comme outil de participation démocratique, a
rendu cette table ronde spécialement pertinente et d'actualité.
Joachim Wehner de la London School of Economics (Ecole d’économie
et de sciences politiques de Londres) a présenté un article sur
l’histoire de la législation de l’amendement budgétaire en Afrique du
Sud intitulé « Les réformes budgétaires et le contrôle législatif en
Afrique du Sud: Le Parlement peut-il être à la fois puissant et
fiscalement responsable? » Wehner a également présenté les résultats
d’une étude de 2003 sur les puissances d’amendement, les budgets
réversibles, la flexibilité intra-annuelle, la durée du processus
budgétaire, la capacité d’engagement et la capacité de recherche. Une
analyse comparative des résultats a montré que les puissances
législatives d’Afrique du Sud sont parmi les plus faibles des pays
enquêtés. Néanmoins, Wehner a remarqué que dans les cinq années suivant
l’enquête, la capacité du Parlement Sud Africain à participer au
processus budgétaire a augmenté, ce qui inclut les capacités
grandissantes du bureau de recherche du Parlement.
Wehner a suggéré que la présente 2008 Draft Money Bill Amendment
Procedure and Related Matters Bill (Loi de 2008 concernant la
procédure d’amendement des lois pour lever des fonds et autres sujets
rattachés) contient un certain nombre de garde-fous procéduraux
nécessaires à assumer la responsabilité fiscale dans le contexte de plus
grandes puissances d’amendement budgétaire législatifs, dont
l’établissement de forts Appropriations Committees et d’un
processus descendant. Néanmoins, il a conclu que le vrai test des
arrangements institutionnels proposés est de voir comment les exercices
de législature s’en sortent dans un contexte partisan fragmenté, étant
donné que les politiques déterminent en fin de compte comment le
contrôle législatif se reflète dans le budget.
La présentation de Wehner a mené à des discussions sur la politique
fiscale et sur comment équilibrer la flexibilité dans la puissance
d’amendement budgétaire avec des contraintes et des règles pour assurer
la prudence. Les autres ont souligné la valeur d’un Bureau du budget
non-partisan, qui offrirait une capacité analytique aux comités et aux
membres du parlement.
Dans la seconde session, Tania Ajam du Applied Fiscal Research Centre
(AFREC, Centre de recherche fiscale appliquée) a présenté « Surveillance
budgétaire et réduction de la pauvreté: Opportunités et défis », qui
questionne comment une forte surveillance budgétaire au sein du
parlement, couplée à la transparence et à la responsabilité, peut
inciter les institutions publiques à être efficaces, efficientes,
responsables et réactives aux besoins du public. Ajam a suggéré qu’une
surveillance efficace est déterminée par un certain nombre de facteurs,
dont les systèmes politiques et culturels, la surveillance formelle et
les puissances d’amendement, les incitations à une surveillance
efficace, la crédibilité et la ponctualité des informations, ainsi que
la conscience et les perceptions publiques.
Ajam a identifié un certain nombre de défis liés à la capacité
institutionnelle, aux perceptions de la crédibilité du Parlement et au
besoin de souligner les résultats et les impacts du budget plutôt que
ses sorties et de clarifier la différence entre la responsabilité
managériale et la responsabilité politique. Elle a également observé que
les budgets provinciaux et locaux ont d’énormes implications pour la
réduction de la pauvreté et d'après elle, le Parlement devrait exercer
activement ses capacités de surveillance à ces niveaux ; Manquer cette
étape réduirait sa pertinence et sa crédibilité.
Cette présentation a conduit à des discussions sur l’efficacité des
issues budgétaires, la prestation de service et le retour sur
investissement. Les participants se sont aussi concentrés sur le rôle
des institutions de surveillance complémentaires, dont le judiciaire.
Dans la troisième session, les chercheurs de l’Idasa Len Verwey et Mario
Classen ont présenté leurs observations des études de cas sur
l'engagement de la société civile dans le budget. Claasen a discuté du
Women’s Budget Initiative (Initiative budgétaire pour les femmes)
en Afrique du Sud et du All-Party Parliamentary Caucus on Education
(Caucus parlementaire interpartis sur l’éducation) au Bengladesh. Dans
les deux cas, les organisations de la société civile ont fait face à un
certain nombre de défis, dont un manque de volonté et de dévouement
politique, de capacité institutionnelle et de classement en ordre de
priorité des politiques dans les législatures. Verwey et Claason ont
argumenté que la participation active des organisations de la société
civile dans le processus budgétaire est vital et qu’elle peut réduire
les asymétries d’information entre les branches législative et
exécutive, effectuer une surveillance efficace et apporter de la
légitimité au budget final. Ils ont recommandé que les organisations de
la société civile forment des partenariats efficaces entre eux et avec
les législateurs dès le début de leur travail militant, développent des
recherches crédibles et pertinentes et cherchent à construire des moyens
d’agir au sein même du Parlement.
En examinant pourquoi un nombre limité d’organisations de la société
civile effectuent un travail d’analyse budgétaire et en se demandant si
les apports de telles organisations sont représentatifs de la
participation du public dans le processus budgétaire, certains ont
suggéré que les organisations de la société civile fondées par le
gouvernement peuvent hésiter à participer aux processus budgétaires ou à
critiquer les allocations ou les priorités de dépenses. D’autres ont
soulevé des problèmes tels que la relative inaccessibilité aux données,
la nature de l'information disponible, dirigée par l'offre, et la
capacité et l’expertise technique nécessaires.
Il a été développé que pour participer efficacement au processus
budgétaire, les organisations de la société civile doivent éviter de
simplement « légitimer » les besoins de participation publique et se
concentrer plutôt sur les issues et les impacts. L’analyse budgétaire
devrait être couplée plus efficacement avec les campagnes et les
plaidoyers orientés vers un problème, comme c’est le cas pour le Caucus
parlementaire interpartis sur l’éducation au Bengladesh. Les autres
stratégies devraient inclure un engagement plus efficace avec les
comités parlementaires, le secteur privé et les médias, ainsi que des
partenariats et des coopérations plus forts entre les organisations de
la société civile effectuant une analyse budgétaire de toutes les
parties du gouvernement.
Pour de plus amples informations, veuillez contacter Len Verwey à
l’adresse
lverwey@idasa.org.za.
Répondre aux défis des institutions suprêmes d’audit: Les législatures
et la société civile peuvent-ils aider?
Les écarts entre les budgets approuvés et la réalisation d’objectifs
politiques et de développement font partie des défis clefs pour la
gouvernance de nombreux pays en voie de développement. Les institutions
suprêmes d’audit (SAI) jouent un rôle important auprès des gouvernements
en les faisant rendre des comptes. Cependant, de nombreux SAI font face
à de sérieux défis lorsqu’ils essayent d’évaluer les dépenses et la
performance des agences gouvernementales. Ce papier étudie ces défis en
détail et suggère la manière dont les SAI peuvent en surmonter certains
en formant et en renforçant des alliances avec des parlements et la
société civile. Il propose que dans les cas où la législature est
faible, le SAI nécessite peut-être d’étendre les termes de leurs
mandants au bénéfice d’une utilisation plus efficace des ressources
publiques pour les défis du développement. Pour en savoir plus,
rendez-vous à l’adresse:
http://www.cmi.no/publications/publication/?3287=responding-to-the-challenges-of-supreme-audit.
Le Guide de la viabilité des médias communautaires: Comment changer des
vies
L’organisation internationale à but non lucratif de développement média
Internews a récemment publié un guide sur la façon d’inclure de
nouvelles plateformes en ligne et utiliser l'énergie alternative pour
alimenter des stations de radio et donner la possibilité aux médias
locaux d'apporter aux gens les nouvelles et les informations dont ils
ont besoin. Les médias communautaires offrent aux gens communs la
possibilité de s’interconnecter et les moyens de faire entre leurs voix.
Aujourd'hui, cela représente une part estimable du paysage médiatique,
et les agences internationales montrent un intérêt croissant dans la
capacité qu’ont les médias communautaires à informer. D’après Internews,
de plus en plus de gouvernements reconnaissent la contribution des
médias communautaires à l’éducation, à la santé publique et au
développement économique, et créent des politiques et des cadres légaux
qui permettent cette expansion. Ce guide peut être particulièrement
utile aux efforts militants des organisations de la société civile
tirant déjà parti des nouvelles technologies numériques et travaillant à
rendre viable les médias communautaires. Pour en savoir plus,
rendez-vous sur la page:
http://www.internews.org/pubs/pdfs/InternewsCommunityMediaGuide2009.pdf
Efficacité de l’aide: Aperçu des résultats de l’enquête 2006 sur la
surveillance de la Déclaration de Paris
Dans la Déclaration de Paris, les donneurs et les partenaires se sont
engagés à surveiller leurs progrès en améliorant l’efficacité de l’aide
à l’encontre de cinquante-six actions spécifiques, desquelles 12
indicateurs et cibles ont été établies pour 2010. Ce rapport présente
les observations et les recommandations de la première session de
surveillance effectuée en 2006 sur la base des activités entreprises en
2005. Les conclusions de ce rapport sont basées sur une enquête de 34
pays volontaires, et une liste complète des organisations donatrices
recouvrant 37 % de l’aide mondiale planifiée en 2005. Le rapport montre
que la moitié des pays en voie de développement signataire de la
Déclaration de Paris, les partenaires et les donneurs, ont une longue
route devant eux pour réaliser les engagements qu’ils ont pris. Les
implications clefs de l’enquête incluent de plus hautes attentes en
matière de réformes, une possession plus profonde et des institutions
plus responsables, ainsi qu’une efficacité grandissante de l’aide
conjointement à une harmonisation des donneurs. Les auteurs suggèrent
que les problèmes d’efficacité de l’aide et les résultats soient
discutés plus explicitement au niveau du pays et que des mécanismes de
surveillance crédibles soient développés. Pour de plus amples
informations, rendez-vous sur:
http://www.oecd.org/dataoecd/58/28/39112140.pdf.
Le Réseau du mouvement pour la justice et le développement (NMJD)
demande une assistance technique pour l’analyse budgétaire au Sierra
Leone
Le Network Movement for Justice and Development (NMJD, Réseau du
mouvement pour la justice et le développement) est une organisation
nationale militante de la société civile et de développement établie en
1988 à Kenema, dans l'est de la Sierra Leone. NMJD s’est engagé à
promouvoir la bonne gouvernance, les pratiques de démocratie
participative, les droits de l’Homme, l’égalité homme-femme, les
justices sociales et économiques, et une culture de la paix. NMJD
comprend quatre programmes centraux: La paix et sécurité, l'exploitation
minière et les extractibles, la responsabilisation de la jeunesse et la
responsabilité de la gouvernance. L’objectif du projet pour la
gouvernance et la responsabilité pour lequel cette demande est faite est
d’augmenter la transparence et la responsabilité du budget et des
processus politiques dans les secteurs de la santé et de l’éducation
dans la Sierra Leone. Les objectifs du projet sont:
-
D’augmenter la capacité de la société civile de demander de meilleurs
services dans les secteurs de la santé et de l’éducation
-
D’améliorer la performance des services offerts dans les secteurs de
la santé et de l’éducation
-
D’augmenter la capacité du gouvernement et de la société civile à
fournir des données pertinentes, fiables, exactes et à jour sur les
programmes de la santé et de l’éducation
-
D’arriver à une gestion efficace et responsable de la planification et
l’exécution des programmes
Le projet couvre trois districts, Kono à l’est, Bombali au nord, et le
District de la zone rurale de l’ouest, à l’ouest. Afin de maximiser
l’impact du projet et de promouvoir sa viabilité, une approche basée sur
le partenariat et la constitution d'équipes partenaires et dédiées à des
programmes sont nécessaires. À cet égard, le personnel du programme et
les projets partenaires ont acquis des compétences élémentaires en
matière de budget, de droits de l’Homme, de surveillance, de politiques
de santé et d’éducation. Néanmoins, un support technique supplémentaire
sur les sujets de l’analyse budgétaire, du suivi du budget et des
dépenses, des opérations envers les pauvres (établissement de budget
pour la santé, l’éducation, les femmes et les enfants) et la
documentation des observations, est nécessaire. Le personnel de support
technique dans ces zones apporterait des approches innovantes aux
plaidoyers budgétaires, ainsi que l’utilisation des compétences acquises
pour renforcer les autres organisations de la société civile.
Par la présente, NMJD sollicite des experts budgétaires compétents pour
offrir une assistance technique sur les sujets de l’analyse budgétaire
et du processus budgétaire pour une période de deux mois, prenant effet
en avril-mai 2009. Pour plus d’informations, contactez Abu A Brima,
directeur exécutif, à l’adresse
abrima@nmjd.org
ou
abubrima@yahoo.com.
L’IBO a un nouveau directeur et un nouvel analyste senior
L’Initiative sur le budget ouvert est sur le point de prendre un nouvel
élan d’importance. L’IBP planifie d’étendre l’Initiative pour y inclure
des travaux au niveau infranational et accélérer de façon substantielle
son travail militant avec les institutions internationales et à
l’échelle internationale, en plus de sa publication tous les deux ans de
son Enquête sur le budget ouvert. En tant que nouveau directeur nommé à
la tête de l’Initiative sur le budget ouvert, Vivek Ramkumar est la
personne idéale pour diriger l’Initiative dans cette période
passionnante. Lorsque Vivek a rejoint l’IBP, son expérience principale
était dans le militantisme pour le droit à l’information,
particulièrement au niveau infranational. À l’IBP, il se concentre
désormais sur l’analyse et le militantisme budgétaire. Cette nouvelle
nomination donne à Vivek la possibilité de combiner son militantisme du
droit de l'accès à l'information à celui du militantisme budgétaire et à
l'analyse budgétaire. Et cela donne une opportunité à l'équipe d'IBP
d'apprendre à rapprocher ces deux communautés et à développer sa propre
démarche militante.
De plus, l’IBP est très heureux de présenter Maurice Nsabimana, qui a
récemment rejoint l’équipe de l’Initiative sur le budget ouvert en tant
qu’analyste W qu’analyste senior. Sa tâche principale se situe en
recherche collaborative sur la transparence et la surveillance
budgétaire au niveau national et infranational des gouvernements. Avant
de rejoindre l’IBP, Maurice a travaillé dans le secteur privé, la
société civile et dans des institutions multilatérales. Plus récemment,
il a travaillé sur la politique macroéconomique à la Banque mondiale, où
il s’est concentré sur la dette et la viabilité fiscale en Afrique
Centrale et en Afrique de l’Ouest. Avant cela, Maurice a travaillé comme
assistant légal à l'ancien procureur général des Etats-Unis Ramsey
Clark, au Tribunal criminel international du Rwanda. Maurice détient un
MA en affaires internationales de la School of International and
Public Affairs de la Columbia University ainsi qu’un BA en
informatique du Collège Versalius à Bruxelles, Belgique.
Appel aux commentaires: Le Fond Monétaire International propose des
réformes pour un nouveau rôle et une nouvelle gouvernance
Dans un rapport publié le 24 mars 2009, le Fond monétaire international
(FMI) cherche à tirer profit de la crise mondiale actuelle pour étendre
son rôle en assurant les réformes de gouvernance au sein de
l’institution pour une sécurité financière mondiale et une gouvernance
facilitée. Dans son rapport final, le Comité sur la réforme de
gouvernance du FMI, présidé par le ministre des finances Sud-Africain
Trevor Manuel, identifie le besoin d’un « corps décisionnaire disposant
du poids politique requis, de l’autorité délibérative nationale, de la
flexibilité et de la légitimité largement reconnue, pour fournir un
mécanisme efficace de collaboration et de réponse aux premiers
avertissements et aux problèmes financiers mondiaux. » Le rapport étaye
que le FMI pourrait être ce corps, si l'ensemble recommandé de réformes
du comité est adopté et mis en œuvre à temps.
En bref, le
rapport
recommande les grandes réformes suivantes:
-
Compléter le prochain ensemble de réformes sur les quotas et les voix
pour le printemps 2010 pour « faciliter une meilleure représentation
des économies émergeantes et en voix de développement. »
-
Amender les projets de convention pour éliminer les cinq sièges
attitrés du directoire et consolider les autres sièges
-
Activer un conseil, composé de ministres et de gouverneurs des pays
membres, qui sera responsable des décisions stratégiques sur les
amendements financiers et de surveillance
-
Reconfigurer les responsabilités de gouvernance aux niveaux du
directoire, du directeur général et du personnel afin d’améliorer la
responsabilité et améliorer le fonctionnement
Pour de plus amples informations, dont un lien vers le rapport complet,
rendez-vous à l’adresse
http://www.imf.org/external/np/sec/pr/2009/pr0988.htm
ou contactez les Affaires publiques du FMI à
publicaffairs@imf.org.
Le FMI cherche des points de vue de la part du public sur sa politique
de transparence et a posté un
call for comments.
Vous pouvez donner votre avis via un court questionnaire ou donner
d’autres commentaires par courriel à l’adresse
transparency@imf.org.
Veuillez noter que la date butoir est le 30 avril 2009.