Des études du coûts de la vie offrent des éléments
pour lutter pour des améliorations
"Making Ends Meet”:
Un aperçu du coût de la vie en Californie, par Lisa Gardiner,
"California Budget Project"(CBP)
Manuel sur le panier de base en Zambie, par Tina
Nanyangwe-Moyo, "Jesuit Center for Theological Reflection"(JCTR)
Budgets et droits de l'homme: initiatives et
ressources
La société civile et le droit à la santé obtiennent
une victoire au Mexique, par Rocío Campos, International Budget
Partnership (IBP)
Guide budgétaire pour faire progresser le droit à
l'alimentation
Une résolution des Nations unies reconnaît la
mortalité maternelle comme un droit humain, par Morgan Stoffrege,
"International Initiative on Maternal Mortality and Human Rights"(IIMMHR)
Programme pour éduquer la jeunesse brésilienne sur
l'influence des budgets publics, par Alexandre Ciconello, Márcia
Acioli et Lucídio Bicalho Barbosa, Institut d'études socioéconomiques
(INESC)
Conférence sur les décisions budgétaires et les
droits économiques et sociaux, Belfast
Initiative budgétaire pour les droits de l'homme
Etudes pour améliorer l'exercice, les dépenses
et services du gouvernement
Campagne contre la corruption gouvernementale en
Argentine, par Luis Villanueva, "Asociación Civil por la Igualdad y la
Justicia"(ACIJ)
L'efficacité énergétique dans les édifices publics
conduit à l'efficacité des dépenses publique en Russie par Marina
Shapiro, "Institute of Urban Economics"(IUE)
Des villes des Etats-Unis incluent le public dans des
difficiles décisions budgétaires, par Malka Kopell, "Community Focus",
et Harris Sokoloff, "Penn Project for Civic Engagement"
L'enquête PETS améliore les services scolaires au
Guatemala, par Jorge Lavarreda, " Centro de Investigaciones Económicas
Nacionales "(CIEN)
Qu'est-ce qui freine la Déclaration d'Abuja et
l'augmentation des budgets de santé en Afrique? Par Jay Colburn,
" International Budget Partnership "(IBP)
Atelier de formation de l'Initiative de partenariat
Cours sur le suivi des budgets de santé en Inde, par
Thokozile Madonko, " International Budget Partnership "(IBP)
Ressources sur les budgets avec une perspective de
genre
Rapports de UNIFEM
Cours sur les budgets sensibles au genre, Turin
"Making Ends Meet": un aperçu du coût de la vie en
Californie, par Lisa Gardiner, "California Budget Project"(CBP)
Le niveau de pauvreté fédéral laisse beaucoup à désirer pour avoir un
paramètre sur comment vivent les familles aux Etats-Unis. Par exemple,
il ne prend pas en compte le coût du soin infantile en déterminant les
dépenses des familles. Dans notre Etat de Californie, le niveau de
pauvreté fédéral ne prend pas en compte le coût de vie élevé.
En 1999, le "California Budget Project" a entrepris un effort pour
estimer avec plus de précision ce dont les familles ont besoin pour
avoir un niveau de vie modeste, sans l'aide de programmes publics. Le
CBP a adopté la méthodologie qui, originellement, a été développée par
le " Michigan League for Human Services "pour calculer combien cela
coûte à une famille de vivre en Californie, en se basant sur le coût
du logement, de la nourriture, des soins infantiles et d'autres
besoins basiques. Le rapport de cette analyse sous le titre "Making
Ends Meet" (disponible ici:
www.cbp.org), s'est converti en un des piliers du travail de
l'organisation.
L'étude "Making Ends Meet" est actualisée et publiée
approximativement tous les deux ans et a été largement citée dans les
moyens de communication et contribué à attirer l'attention sur le coût
élevé de la vie en Californie, les défis économiques auxquels sont
confrontées les familles travailleuses et la disparité entre les
salaires et le coût pour maintenir une famille. Les conclusions du
rapport ont été utilisées par des organisations de la communauté pour
argumenter sur l'augmentation des toits salariaux pour certains
programmes publics et promouvoir des salaires locaux minimums. Il y a
quelques années, " Making Ends Meet "a été souvent citée par
des politiques et par les médias au moment d'un effort pour augmenter
le salaire minimum au niveau étatique. Récemment, "Making Ends Meet"
a aidé des organisations communautaires à présenter le cas au
conseil de la ville de San Diego pour soutenir, dans le cadre du plan
général de la ville, la création d'emplois de meilleure qualité avec
des salaires auto-suffisants.
L'analyse de "Making Ends Meet" se fonde sur des sources de
données disponibles publiquement, telles que le "U.S. Department of
Housing and Urban Development’s annual Fair Market Rents for the cost
of housing"; le "U.S. Department of Agriculture’s Low Cost Food Plan
to estimate food costs"; et des études réalisées par la "California
Energy Commission "qui offrent des estimations sur les coûts de
transport et les distances.
L'analyse estime des "budgets familiaux de base" en se fondant sur les
dépenses de quatre familles hypothétiques intégrées par: un adulte,
père ou mère célibataire avec deux enfants, une famille avec père et
mère et deux enfants, avec un seul des parents travaillant, et deux
parents travaillant avec deux enfants. Elle essaie de couvrir tous les
scénarios: en plus des dépenses évidentes – logement, payement de
services, aliments, transport et soins infantiles – le CBP considère
les coûts de la couverture de santé, impôts sur les revenus et
dépenses variées comme le shampoing et les couches. En réalisant notre
analyse, nous avons appris les leçons suivantes:
-
Les conjonctures sont tout.
Les conjonctures que nous avons faites ont été critiques pour la
précision des budgets de la famille de base. Par exemple, du fait du
coût élevé de la propriété d'un logement en Californie, l'analyse
assume que les familles louent au lieu d'être propriétaires de leur
foyer. Considérant que les familles aux faibles revenus ont moins de
probabilité d'être assurées que les familles aux revenus élevés,
l'analyse assume que les familles achètent une assurance médicale au
lieu de disposer d'une couverture fournie par leur travail.
-
Il est important de prendre en compte les différences régionales.
La Californie est un grand Etat, densément peuplé et complexe avec
37 millions de personnes vivant dans 58 comtés. Le coût de la vie
varie amplement: le prix moyen d'une maison dans le comté de Fresno
en 2007 représente exactement la moitié de ce que coûte une maison
dans le comté de Los Angeles. De la même façon, les coûts de
transport public ont été considérablement plus élevés à San
Francisco en 2007 que dans le comté rural de Butte. Bien que " Making
Ends Meet "n'inclut pas d'estimation générale sur combien coûte la
vie en Californie, les calculs régionaux sont bien plus
significatifs. L'analyse divise l'Etat en dix régions et calcule les
coûts mensuels dans chaque région.
Au fur et à mesure que les Californiens sont confrontés à de plus
grands défis économiques, la nécessité d'un panorama plus clair sur le
coût de la vie pour une famille se fait plus pressant. "Making Ends
Meet" est un projet que nous poursuivrons surement dans les
prochaines années.
Pour davantage d'informations, contacter Lisa Gardiner
lgardiner@cbp.org.
Manuel sur le panier de base en Zambie, par Tina
Nanyangwe-Moyo, “Jesuit Center for Theological Reflection” (JCTR)
Le "Jesuit Centre for Theological Reflection" (JCTR) basé en Zambie, a
préparé le manuel du panier des besoins de base " Basic Needs
Basket "(BNB) pour promouvoir les évaluations critiques de la pauvreté
et ses causes dans huit zones de la Zambie: Lusaka, Livingstone,
Luanshya, Kabwe, Kitwe, Ndola, Mongu et Kasama. Le BNB a permis au
JCTR de réaliser des activités d'incidence fondées sur des preuves
pour donner une voix aux personnes luttant pour satisfaire leurs
besoins de base et inspirer des actions promouvant la justice sociale.
Le BNB est une enquête mensuelle qui présente le coût de produits
alimentaires de base (farine de maïs, haricots secs, poisson séché,
viande, œufs, légumes, oignon, tomates, lait, pain, sucre, sel,
feuilles de thé et huile pour cuisiner) et de produits non
alimentaires (charbon, savon, détergeant, crème pour le corps,
électricité, eau et loyers). Le BNB estime le panier de base dont a
besoin une famille urbaine de six personnes pour avoir une vie digne
et saine. Il n'inclut pas d'autres produits nécessaires pour augmenter
les opportunités de la famille comme l'éducation, le transport, les
vêtements et les services de santé.
L'enquête mensuelle est réalisée en Zambie depuis plus de 11 ans, avec
le soutien de résidents locaux opérant comme chercheurs de terrain.
Chaque mois, ces résidents formés rassemblent des informations
précises sur le coût de produits alimentaires et non alimentaires de
base. En fonction de la taille de la ville, les informations se
fondent sur la collection de données de six à huit marchés locaux. En
outre, les foyers sont sélectionnés pour offrir aux chercheurs de
terrain des informations sur les ajustements à l'accès de produits
alimentaires et non alimentaires, comme le coût du loyer.
Les chercheurs de terrain envoient les informations collectées au
bureau du JCTR à Lusaka où le personnel du JCTR calcule le coût moyen
de produits alimentaires et non alimentaires de base pour une ville
spécifique en utilisant des applications simples d'Excel. Un
communiqué de presse est envoyé aux médias avec les données les plus
récentes sur le coût de la vie dans différentes villes et sont
soulignés les faits ou les cas les plus notoires.
Avec le passage du temps, le BNB s'est converti en un outil utile pour
les foyers, les employés et employeurs, les groupes communautaires,
les ONG, les syndicats et pour le gouvernement. Par exemple:
·
Les syndicats
l'utilisent comme un outil pour lutter pour de meilleurs services
publics et expliquer que le salaire minimum doit correspondre aux
niveaux de pauvreté existants. Ils l'utilisent également pour exiger
des limites plus élevées d'exemption d'impôts sur les revenus,
documenter leur lutte pour les droits des travailleurs et éduquer les
travailleurs sur comment dépenser son salaire de façon responsable.
·
Les ONG
utilisent les informations du BNB dans leurs recherches pour
déterminer quand intervenir avec des propositions et actions de
développement.
·
Les foyers
utilisent le BNB pour organiser les dépenses familiales et établir des
priorités en matière d'achats. Il sert également d'outil pour
influencer les membres du parlement et améliorer certaines politiques
économiques comme les impôts et les tarifs.
·
Le gouvernement
utilise le BNB comme outil pour relier les politiques locales,
nationales et internationales aux besoins du foyer des habitants de la
Zambie. Le BNB peut également être utilisé pour questionner les
priorités ministérielles de dépenses en investissements pour lutter
contre la pauvreté comme les services de santé et la création
d'emplois.
Le BNB offre des éléments sur la situation actuelle à laquelle sont
confrontés les pauvres en Zambie, comme résultat des politiques
nationales. Ces éléments sont utilisés pour promouvoir et influencer
des changements et améliorations dans des politiques socioéconomiques.
JCTR considère que les organisations de la société civile doivent
mener et utiliser des recherches similaires dans d'autres pays
affectés par la pauvreté.
Pour davantage d'informations, contacter Tina Nanyangwe-Moyo
tina.nanyangwe@gmail.com.
La société civile et le droit à la santé obtiennent
une victoire au Mexique, par Rocío Campos, International Budget
Partnership (IBP)
Le 20 juin, après presque 11 ans de lutte, l'Institut de sécurité et
des services sociaux des travailleurs de l'Etat de Sonora ("Instituto
de Seguridad y Servicios Sociales de los Trabajadores del Estado de
Sonora") ou ISSSTESON— un organisme public décentralisé qui a à sa
charge l'attribution des prestations et services de santé, en faveur
des fonctionnaires publics de l'Etat – a affilié M. Abel Montenegro
Velázquez, habitant de l'Etat de Sonora et fonctionnaire public, ainsi
que sa famille. A des personnes comme M. Velázquez et sa famille est
refusé l'accès aux services de santé offerts par ISSSTESON sur la base
de la provision de l'article 6 des régulations internes de
l'institution qui interdit l'affiliation des demandeurs n'ayant pas
une bonne santé. Des recherches récentes démontrent que ces huit
dernières années l'ISSSTESON a rejeté les sollicitudes de 404
fonctionnaires publics dans cet Etat du Nord parce qu'ils ne
jouissaient pas " d'une bonne santé ." Ce qui représente
approximativement 1400 personnes affectés, puisque la règle
discriminatoire s'étend également à la famille du travailleur.
M. Montenegro savait qu'il était victime de discrimination et pendant
presque 10 ans il s'est consacré à présenter son cas à une grande
liste de fonctionnaires publics, mais la situation ne s'est jamais
corrigée. Un jour, M. Montenegro a décidé de contacter l'organisation
de la société civile Sonora Ciudadana A.C., pour présenter son cas une
fois de plus: "je ne comprends pas pourquoi ils me demandent d'avoir
la santé d'un athlète pour m'affilier. Ce ne sont pas eux qui sont
censés dispenser une bonne santé? C'est presque comme si une école
primaire ne permettait pas l'entrée aux enfants parce qu'ils ne savent
pas lire ou écrire!"
En réponse à la réglementation discriminatoire, qui existe aussi dans
13 autres états de la République Mexicaine, Sonora Ciudadana A.C. et
une autre organisation de la société civile mexicaine, Fundar, Centro
de Análisis e Investigación, ont réalisé des recherches sur les
dépenses non exécutées du secteur de la santé au niveau national. Leur
analyse a révélé qu'entre 2004 et 2008, le Fidéicommis de protection
sociale en santé n'avait pas transféré 80% du budget pour la
construction et l'agrandissement de cliniques et hôpitaux. Les
organisations ont souligné l'importance de l'exécution des dépenses du
secteur santé dans leur totalité pour donner une couverture à tous les
intéressés, sans exception. Sonora Ciudadana A.C. et Fundar ont mené
le cas de M. Montenegro devant la Cour suprême de justice et en mars
2009 l'article en question a été déclaré inconstitutionnel.
Tôt ou tard, l'ISSSTESON devra éliminer cette réglementation
discriminatoire et offrir des services de santé à tous les citoyens
auxquels il a refusé le service, parce qu'ils ne jouissaient pas d'une
bonne santé. " Je ne peux expliquer ce que je ressens, je savais déjà
que nous avions gagné, mais ils ne m'affiliaient pas encore et j'avais
peur qu'ils ne le fassent pas. Aujourd'hui est un grand jour, non
seulement pour moi et ma femme, c'est aujourd'hui la première étape
pour tous ceux qui sont dans ma situation ", a déclaré M. Montenegro
le jour où il a finalement été affilié au système de santé sociale que
l'Etat offre à ses fonctionnaires publics.
Pour davantage d'informations, contacter Guillermo Noriega Esparza à
noriega@sonoraciudadana.org.mx.
Guide budgétaire pour faire progresser le droit à
l'alimentation
L'Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation
vient de publier le guide "Many a slip…” Budget work to advance
the right to food.
En se fondant sur les expériences du travail budgétaire dans
différents pays, “Many a slip…” présente, pas à pas, le
processus d'analyse du budget du gouvernement et évalue son respect
des obligations pour satisfaire le droit des personnes à
l'alimentation. Bien qu'il se concentre sur des questions liées au
droit à la nourriture, le processus décrit peut s'adapter à d'autres
droits de l'homme.
La publication construit et amplifie les informations de Dignity
Counts, un guide sur le travail budgétaire autour des droits de
l'homme produit en 2004 par le "International Budget Partnership"(IBP),
Fundar et le "International Human Rights Internship Program"(IHRIP).
Dans les cinq années suivant la publication de Dignity Counts,
des organisations de différents pays se sont consacrées activement au
travail budgétaire dans le cadre des droits de l'homme. Sur la base de
ces expériences, “Many a slip…” offre une perspective plus
détaillée et avancée de l'analyse budgétaire dans le cadre des droits
de l'homme que Dignity Counts.
Le guide est le produit d'un projet coordonné par IHRIP avec la
participation de l'IBP et d'autres organisations. Il contient
également une section qui présente des initiatives dans trois pays
pour produire "un budget du droit à l'alimentation."
La publication est disponible ici:
http://www.fao.org/righttofood/publi09/budget_guide_en.pdf.
Pour demander une copie à la FAO, envoyer un mail à
Frank.Mischler@fao.org.
Pour demander une copie à l'IHRIP, envoyer un mail à
ihripescr@iie.org.
Une résolution des Nations unies reconnaît la
mortalité maternelle comme un droit de l'homme, par Morgan Stoffrege,
"International Initiative on Maternal Mortality and Human
Rights"(IIMMHR)
Le 17 juin est entré dans l'histoire quand le Conseil des droits de
l'homme des Nations unies, "United Nations Human Rights Council" (UNHRC),
a adopté une résolution, approuvée par plus de 70 gouvernements,
reconnaissant la mortalité maternelle comme une question de droit de
l'homme. L'UNHRC s'est engagé à renforcer les efforts nationaux et
internationaux pour protéger les vies des femmes et enfants à travers
le monde. Cette résolution est une avancée notoire alors que plus d'un
million de femmes meurent chaque année à cause de complications durant
la grossesse ou l'accouchement.
Dans le contexte des 20 dernières années, alors que la mortalité
maternelle était considérée comme une question de santé et de
développement – et non un droit humain – la résolution du Conseil sur
" la mortalité et morbidité maternelles pouvant être prévenues et les
droits de l'homme "est un énorme pas en avant, non seulement pour la
section des droits de l'homme des Nations unies; mais aussi pour la
communauté des droits de l'homme en général. La résolution reconnaît
que les efforts de combat contre la mortalité maternelle requièrent la
promotion effective des droits humains des femmes, dont le droit à la
vie, à l'équité et à la non discrimination, à l'information, à
bénéficier du progrès scientifique et à profiter des niveaux de santé
les plus élevés possibles, dont la santé sexuelle et reproductive.
En plus d'identifier les droits humains clés impliqués dans la
mortalité maternelle, la résolution:
-
reconnaît que la mortalité maternelle pouvant être prévenue est un
défi collectif qui affecte toutes les cultures et régions du monde;
-
Reconnaît que l'angle des droits de l'homme implique des efforts
effectifs et durables pour éliminer la mortalité maternelle pouvant
être prévenue.
-
Applaudit la participation des corps des Nations Unies chargés du
suivi des traités et procédures spéciales (tels que le Rapporteur
spécial sur le droit à la santé) en traitant la mortalité maternelle
comme une question de droits humains.
-
Demande à l'Office du Haut commissaire aux droits de l'homme,
"Office of the High Commissioner for Human Rights", (OHCHR) de
réaliser une étude thématique pour déterminer les dimensions de
droits humains de la mortalité maternelle et morbidité et recommande
au Conseil des actions pour contribuer aux efforts existants du
point de vue des droits de l'homme.
Qui plus est, la résolution exige des gouvernements qu'ils redoublent
leurs efforts de prévention et qu'ils modifient leur vision de la
mortalité maternelle – c'est-à-dire, comme une question de droits
humains non moins sérieuse que les exécutions, les détentions
arbitraires ou les actes de torture. En le faisant, sont créées des
opportunités pour que la société civile travaille avec le Conseil pour
la promotion de la responsabilisation du gouvernement et que
progressent les standards légaux concernant la mortalité maternelle.
Lors de la dernière année et demie, des organisations de la société
civile autour du monde se sont consacrées à promouvoir cette
résolution et continueront à jouer un rôle important pour s'assurer de
la responsabilisation du gouvernement sur ce thème.
L'initiative internationale sur la mortalité maternelle et les droits
de l'homme, "International Initiative on Maternal Mortality and Human
Rights" (IIMMHR), une association d'organisations de la société civile
aux niveaux international, régional et national engagée dans une
perspective de droits de l'homme inclusive concernant la mortalité
maternelle, travaille conjointement à d'autres groupes pour promouvoir
la résolution. L'IIMMHR se trouvait dans une position stratégique pour
jouer un rôle clé dans les efforts d'incidence de la société civile
devant les gouvernements. Ceci du fait que nous étions la seule voix
issue de la société civile dans le premier panel thématique organisé
par le Conseil sur la mortalité maternelle l'été dernier, qui a
contribué à ce que les gouvernements observent de quelle façon les
droits de l'homme peuvent contribuer à la perspective de santé pour
réduire la mortalité maternelle. Nous avons également aidé à
développer un "white paper" pour établir les bases de la résolution du
Conseil et nous avons travaillé toute l'année pour sensibiliser et
éduquer les gouvernements sur les dimensions de droits humains de la
mortalité maternelle. (Pour voir la transcription du panel, aller sur:
www.righttomaternalhealth.org/resource/panel-un-hrc).
Maintenant que la résolution a été approuvée, l'IIMMHR continuera de
collaborer avec d'autres groupes pour s'assurer que la résolution se
convertisse en actions concrètes des gouvernements autour du monde.
Par exemple, l'une de nos premières activités sera d'influencer le
contenu de l'étude thématique sur la mortalité maternelle que la
résolution a demandé de préparer à l'OHCHR. Cette étude est très
importante car elle posera les bases du travail du Conseil sur la
mortalité et la morbidité maternelles. L'IIMMHR travaillera sur deux
fronts: en contribuant à l'étude et en influençant sa préparation pour
assurer une plus grande participation de la part d'organisations de la
société civile.
Une fois l'étude présentée, nous travaillerons pour assurer que le
Conseil prenne en compte les conclusions et propositions, idéalement à
travers une résolution postérieure en 2010. Une seconde résolution
serait aussi importante que la première, puisqu'elle déterminerait les
mécanismes dont le Conseil a besoin pour répondre plus
systématiquement au thème de la mortalité maternelle.
Dans le futur, nous prévoyons de promouvoir la responsabilisation pour
l'implantation de la résolution comme un outil d'incidence aux niveaux
national et régional. La résolution peut être un outil d'incidence non
seulement pour les groupes de la société civile; mais aussi pour
d'autres acteurs comme les fournisseurs de services de santé qui
désirent que les gouvernements entreprennent des actions concrètes
pour réduire la mortalité maternelle et leur exiger des compte-rendus
sur les engagements pris.
En approuvant cette résolution, les gouvernements indiquent leur
volonté de renforcer leurs efforts pour réduire la mortalité
maternelle dans une perspective de droits de l'homme. Ce type de
reconnaissance est nécessaire, de façon urgente, considérant que
l'objectif du millénaire numéro cinq – améliorer la santé maternelle –
est le plus en retard des huit objectifs. Les groupes de la société
civile doivent continuer avec le momentum créé par la
résolution et s'assurer que leur gouvernement convertisse la
résolution en actions concrètes.
Pour davantage d'informations sur l'IIMMHR, aller sur
www.righttomaternalhealth.org.
Programme pour éduquer la jeunesse brésilienne sur
l'influence des budgets publics, par Alexandre Ciconello, Márcia
Acioli et Lucídio Bicalho Barbosa, Institut d'études socioéconomiques
(INESC)
L'Institut d'études socioéconomiques (INESC), une organisation de la
société civile basée à Brasilia, au Brésil, a organisé un projet pour
introduire les droits de l'homme et les budgets publics dans les
programmes d'études de six écoles. Les écoles participant localisées
dans différentes communautés autour du district fédéral incluent une
école en zone rurale. Celles-ci ont été sélectionnées à partir de
leurs niveaux d'exclusion sociale, de violence juvénile, d'abus et de
trafic de drogues à l'intérieur des installations scolaires. Ces
problèmes expliquent, en grande partie, leur faible rendement
scolaire.
L'idée du projet est de renforcer la capacité des enfants et des
adolescents à garantir leurs droits et surveiller les politiques
publiques qui les affectent. Les principaux objectifs sont d'assurer
que les enfants et les adolescents soient impliqués dans les
discussions sur les droits et la citoyenneté et d'observer comment ces
facteurs sont liés au budget public.
Le projet a organisé des ateliers sur la base de principes d'éducation
artistique et populaire, où la participation est vitale pour le
développement de nouvelles connaissances, de la conscience et de la
sensibilité nécessaires pour la transformation sociale. Le modèle
ludique des ateliers combine art et communication pour introduire des
concepts et des discussions sur les droits de l'homme, la formulation
et le suivi de budgets et la participation démocratique. Lors de
l'atelier de communications, les enfants développent leur capacité à
comprendre le monde et articuler des points de vue de forme critique
et sensible.
Outre ces programmes scolaires, il est prévu que les adolescents
participent à des espaces politiques dans lesquels sont organisés des
débats sur le budget public, tels que les conseils de la ville et la
législature fédérale. Ils sont également encouragés à s'unir à des
réseaux d'activistes d'enfants et adolescents. Dans une réunion pour
discuter du budget pour l'éducation du District fédéral 2009 avec des
avocats et administrateurs publics, les enfants ont proposé un
amendement budgétaire d'environ un million de dollars. L'amendement a
été approuvé et les fonds ont été alloués à la construction de
terrains de sports et à la rénovation des écoles. Le défi est
désormais de surveiller l'exécution des ressources allouées.
A travers les ateliers, les étudiants reçoivent une formation pour
devenir écrivains, photographes et dessinateurs pour une revue qu'ils
prévoient de publier en novembre sur les droits de l'homme et les
budgets publics. L'objectif de cette revue est d'élargir le débat et
d'approfondir la réflexion sur des questions mentionnées durant les
ateliers. Elle veut également offrir un forum pour définir, de façon
consensuelle, les agendas de politiques publiques et budgets qui se
répercutent sur l'éducation et la jeunesse du District Fédéral.
L'enthousiasme démontré par les écoles participant confirme que
construire une culture de droits de l'homme est quelque chose de
possible et nécessaire. Les jeunes participants ont développé une
forte motivation pour les causes collectives. En des jours où le
niveau de violence des écoles du District Fédéral est en augmentation,
les écoles inclues dans ce projet vont en sens opposé, se
convertissant en des espaces d'engagement social et politique, de
créativité, d'affect et de solidarité.
Lors des cinq dernières années, l'INESC a développé une méthodologie
pour promouvoir l'accès aux droits de l'homme et les incorporer de
forme tangible dans les politiques publiques et dans l'assignation des
ressources publiques. Réaliser ces activités avec succès requiert une
certaine habilité pour travailler avec le gouvernement aux niveaux
national, étatique et municipal, surtout, avec le Congrès national;
ainsi que se lier à des mouvements sociaux, des ONG, des dirigeants de
mouvements communautaires, des écoles, des organisations de jeunes
pour discuter et diffuser la relation entre les droits de l'homme et
les budgets.
Une partie de la mission institutionnelle de l'INESC est de comprendre
le cycle budgétaire et le système fiscal (revenus et dépenses publics)
pour influer sur la conception politique et l'assignation et
l'exécution de fonds publics au bénéfice des personnes pauvres et
marginalisées. Bien que ceci soit tangible dans différents espaces
géographiques et institutionnels, le travail avec les écoles du
District fédéral démontre un impact effectif sur la conscience
citoyenne et l'énorme potentiel transformateur de l'éducation des
jeunes pour comprendre, surveiller et influencer les budgets.
Pour davantage d'informations, contacter Alexandre Ciconello à
ciconello@inesc.org.br,
Márcia Acioli à
marcia@inesc.org.br
et
Lucídio Bicalho Barbosa à
lucidio@inesc.org.br.
Conférence sur les décisions budgétaires et les
droits économiques et sociaux, Belfast
Le Centre des droits de l'homme de l'Ecole de droit de l'Université de
Queen à Belfast, En Irlande du Nord, organise une conférence sous le
titre "Budget Decisions and Economic and Social Rights" (ESR) du 14
au15 novembre 2009. La conférence veut développer et approfondir la
relation entre l'analyse économique et l'évaluation du respect des
droits de l'homme. La conférence réunira des personnes qui se
consacrent à surveiller le respect par les Etats des obligations des
ESR, avec la perspective particulière du travail des budgets. Les
présentateurs de la conférence incluront des experts des Nations
unies, des universitaires reconnus et des activistes de la société
civile. Sur la base de l'expérience des participants dans des secteurs
tels que le droit, les droits de l'homme, l'économie et le
développement, cet événement multidisciplinaire permettra l'échange
d'expériences pour amplifier et renforcer la recherche dans les
décisions budgétaires et les ESR. Certains des thèmes couverts par la
conférence incluent le lien entre les obligations ESR et l'analyse des
budgets, le suivi des dépenses et les budgets participatifs. Pour
davantage d'informations, aller
ici.
Initiative budgétaire pour les droits de l'homme
En 2006
APRODEV
(“Association of World Council of Churches related Development
Organizations in Europe”), une organisation de droits et
développement, a initié l'initiative budgétaire pour les droits de
l'homme "Budgeting
for Human Rights Initiative." En
janvier 2009, "Equalinrights"—avec
le soutien d'agences d'APRODEV—a institutionnalisé un projet pour
inclure les perspectives et les coûts d'application des droits de
l'homme dans le cycle budgétaire. Le projet a été lancé avec des
ateliers et des recherches pour promouvoir le fait que les droits de
l'homme doivent être financés de la même façon que les gouvernements
financent des secteurs comme la santé et l'éducation.
L'initiative se trouve dans sa seconde phase et lancera un processus
pilote de deux ans pour se concentrer sur l'application pratique du
coût et le " frontloading "des droits de l'homme dans les budgets
nationaux en Palestine, Namibie, au Kenya, en Inde et, possiblement au
Guatemala. La pratique de "frontloading" dans les droits de l'homme
est relativement neuve et part de "combien doit être assigné à
l'éducation primaire pour respecter les critères des droits de
l'homme", au lieu de "si le droit à l'éducation primaire s'est réalisé
progressivement", ce qui permet de disposer d'informations plus
concrètes et mesurables. Parallèlement au processus pilote, seront
réalisées une recherche universitaire et des analyses sur de nouvelles
stratégies et méthodologies pour budgéter les droits de l'homme. A
partir de la documentation issue du processus pilote et du partage de
la recherche, la seconde phase de l'initiative contribuera, tant de
façon empirique que théorique, à l'application des droits de l'homme
pour tous.
Campagne contre la corruption gouvernementale en
Argentine, par Luis Villanueva, Asociación Civil por la Igualdad y la
Justicia (ACIJ)
Même si l'Argentine reconnaît et a signé des conventions
anti-corruption, le pays ne dispose pas d'entités spécialisées où les
gens peuvent rapporter des actes de corruption au sein du pouvoir
législatif, du pouvoir judiciaire ou des ministères publics. Bien que
le système légal argentin dispose de certains mécanismes pour dénoncer
des actes de corruption, en comparaison avec les standards
internationaux, ceux-ci ne sont pas suffisants et leur application
pratique est de moins en moins efficiente. Il est très important que
les citoyens disposent de mécanismes fonctionnels pour dénoncer les
actes de corruption, parce qu'ainsi il est possible de faire des
recherches, de poursuivre et de pénaliser la corruption.
Devant cette situation, l'organisation de la société civile (OSC) "Asociación
Civil por la Igualdad y la Justicia" (ACIJ) basée à Buenos Aires, en
Argentine, a commencé une série d'activités pour diffuser les
mécanismes existants pour dénoncer la corruption et créer une
conscience publique sur l'importance de la participation sociale
active pour combattre la corruption. Une de ces activités était la
campagne publique en collaboration avec deux autres OSC, Fundación
Soporte et Poder Ciudadano. La Campagne publique a produit un
court-métrage intitulé "Si lo ves y lo contás, lo vemos todos."
Le court-métrage a été diffusé massivement dans les médias les plus
importants du pays, avec l'objectif de générer une prise de conscience
concernant l'importance des dénonciations de faits de corruption.
(Pour voir le court-métrage, aller sur: http://www.youtube.com/watch?v=JGjLev5kTAw
, ou visiter
http://www.acij.org.ar.)
ACIJ et la Fundación Soporte ont créé une ligne téléphonique pour
recevoir des dénonciations sur des cas de corruption, pour répondre
aux dénonciations et aux dénonciateurs avec le sérieux qui se doit.
Pour cela, les deux organisations disposent d'une équipe
interdisciplinaire destinée à donner un soutien technique et un appui
aux dénonciateurs –qui sont souvent affectés et ont subi des menaces.
Prochainement sera créé un blog qui fonctionnera comme un centre
virtuel de réception des dénonciations, dans lequel il y aura une
section spécialement conçue pour stimuler et conseiller les petites et
moyennes entreprises fournisseurs de l'Etat désirant dénoncer des
faits de corruption dont elles auraient été les victimes ou témoins.
Finalement, ACIJ est entré en contact avec différentes entités
gouvernementales qui ont exprimé leur intérêt pour implanter des
politiques de transparence, c'est-à-dire promouvoir la dénonciation de
cas de corruption et soutenir la participation citoyenne dans la lutte
contre la corruption. Dans ce processus, ACIJ a trouvé un allié chez
le Ministère de la défense, avec lequel l'association a signé un
accord de coopération. L'accord manifeste la volonté réciproque, entre
ACIJ et le Ministère, d'implanter des activités communes pour
renforcer et diffuser, entre ses fonctionnaires et dépendants, les
mécanismes de dénonciation de corruption; ainsi que d'augmenter le
niveau de transparence dans la gestion des ressources du Ministère.
Une autre activité incluse dans l'accord concerne le lancement d'une
campagne pour diffuser les mécanismes existants de dénonciation
d'actes de corruption et encourager leur utilisation par les employés
publics si nécessaire et la publication d'un guide sur comment
dénoncer des actes de corruption, avec sa distribution parmi les
fonctionnaires publics.
Toutes ces initiatives cherchent à promouvoir le message suivant:
toute décision publique qui n'est pas bien justifiée, qui n'a pas la
publicité ou la diffusion qui se doit, qui génère des doutes sur
l'intérêt qui guide la conduite du fonctionnaire, ou qui restreint
l'accès à l'information sans que cela soit nécessaire; affecte la
transparence de la gestion et fait la promotion de conduites
incompatibles avec l'éthique dans l'exercice de la fonction publique.
Comme organisation, nous croyons que le manque de transparence dans
l'administration publique nuit à la confiance sociale dans la gestion
des ressources publiques. Plus nous prendrons le temps d'améliorer les
niveaux de transparence, plus les effets sur la démocratie seront
durables. Pour cela, toutes nos activités sont orientées vers le
renforcement institutionnel – un objectif qui ne peut être obtenu
qu'en suivant les principes de transparence, d'accès à l'information
et de responsabilisation.
Pour davantage d'informations, contacter Luis Villanueva à
lvillanueva@acij.org.ar.
L'efficacité énergétique dans les édifices publics
conduit à l'efficacité dans les dépenses publiques en Russie, par
Marina Shapiro, “Institute of Urban Economics” (IUE)
L' "Institute
for Urban Economics"(IUE),
une organisation russe créée pour identifier et analyser les problèmes
sociaux et économiques dans des zones urbaines et promouvoir des
solutions à ces problèmes, a coordonné un projet pour améliorer
l'efficacité énergétique dans les édifices publics de la Fédération
russe à travers l'analyse des cadres commerciaux, financiers et légaux
des services d'énergie du secteur public, dont des association
public/privé. Le projet, “Improving Energy Efficiency in Public
Buildings”, a été confronté à plusieurs obstacles, incluant les
restrictions budgétaires et légales, le manque de ressources et de
capacités, et l'existence d'autorités inefficaces aux niveaux local et
régional.
L'analyse de l'IUE révèle qu'en 2007 plus de 350 milliards de roubles
(14 milliards de dollars), presque 5% du budget de la Fédération
russe, ont été dépensés pour financer les sources d'énergie et autres
dépenses de services de base aux niveaux étatique et municipal.
Cependant, l'exercice énergétique des édifices publics est très
en-dessous des standards européens de consommation d'énergie. Des
évaluations réalisées par des experts en la matière indiquent que ces
édifices pourraient opérer avec 40% du niveau de consommation
d'énergie actuel. Ceci souligne l'inefficacité énergétique des
édifices publics et laisse voir le potentiel et la nécessité de
réduire les dépenses budgétaires dans les services de base.
Des économies budgétaires importantes pourraient être obtenues à
travers la modernisation des édifices publics pour les rendre plus
efficaces en termes de consommation énergétique. Cependant, les
changements nécessaires requièrent des investissements considérables.
Au lieu d'assigner ces fonds à partir du budget national, ceux-ci
pourraient être créés à travers des associations publiques-privées
avec un ESCO, par exemple, pour générer les services de base. Des
contrats type ESCO dans lesquels une ESCO (compagnie de services
d'énergie) couvre tous les coûts d'implantation d'un plan d'économie
énergétique et reçoit un remboursement des économies dérivées de ce
plan, ont démontré être un mécanisme efficace pour optimiser les
dépenses budgétaires dans le secteur public en Europe centrale et de
l'Est ces dernières années. La clé pour le succès de ces associations
publiques-privées est que l'ESCO participe à l'investissement initial
pour les rénovations, sans besoin d'utiliser des fonds publics.
Dans des pays dans lesquels les budgets du secteur public sont limités
et améliorer l'efficacité énergétique des édifices publics est une
priorité importante, l'utilisation d'un modèle ESCO présente des
avantages très clairs. Malgré ces bénéfices, il y a eu jusqu'à
aujourd'hui très peu d'activité ESCO en Russie. Une analyse des
dépenses budgétaires en collaboration avec des autorités locales a
permis à des experts de l'IUE d'identifier les défis suivants pour
améliorer l'efficacité énergétique:
-
Les réglementations locales ne promeuvent pas les associations
publiques/privées comme solution alternative au financement du
budget public.
-
Les lois budgétaires restreignent la capacité des autorités locales
à retenir les économies en énergie.
-
Les autorités locales n'ont pas l'expérience ou les ressources
nécessaires pour développer ou participer à des contrats type ESCO.
-
De la même façon, les compagnies locales d'ingénierie ne disposent
pas de l'expérience suffisante en contrats ESCO, ni d'un accès aux
investissements financiers à long terme.
-
La nécessité de répondre à des contrats du secteur public a empêché
de nombreuses compagnies de développer ce marché puisqu'elles n'ont
aucune garantie concernant les gains à la fin du processus.
-
Les banques locales ne sont pas préparées pour financer des
compagnies d'ingénierie sur la base de revenus de contrats.
C'est-à-dire que seules certaines compagnies disposeraient du
financement nécessaire pour de tels projets.
L'implantation de ce projet améliorerait l'efficacité énergétique dans
les édifices publics, réduirait les dépenses budgétaires dans les
services d'entretien des édifices publics, génèrerait des ressources
hors du budget pour des rénovations et autres améliorations des
édifices publics et développerait des entreprises de services
énergétiques en Russie.
Pour davantage d'informations, contacter Marina Shapiro à
shapiro@urbaneconomics.ru.
Des villes des Etats-Unis incluent le public dans des
difficiles décisions budgétaires, par Malka Kopell, “Community Focus”,
et Harris Sokoloff, “Penn Project for Civic Engagement”
Les villes aux Etats-Unis manquent de fonds. Affectés par la
récession, les baisses de leurs revenus, les coûts en hausse du
personnel et autres services, et les énormes budgétaires, les
fonctionnaires publics se voient forcés de prendre des décisions
difficiles. A la lumière de cette situation, de plus en plus de
services publics sollicitent la participation des personnes qu'ils
représentent – les résidents des villes – pour qu'elles donnent leur
point de vue sur comment équilibrer le budget.
C'est la cas de deux villes: Menlo Park en Californie et Philadelphie,
en Pennsylvanie. Il s'agit de villes avec des dimensions géographiques
et démographiques distinctes qui ont utilisé des méthodes de budgets
participatifs similaires pour éduquer et impliquer des résidents de la
ville dans le processus d'examen des décisions difficiles auxquelles
sont confrontés les fonctionnaires publics. Les deux villes ont
utilisé les résultats de ces exercices de participation publique pour
expliquer leurs décisions budgétaires.
"Ta ville /ta décision"– Menlo Park, Californie
Menlo Park est une ville de presque 30 000 habitants dans la Silicon
Valley en Californie. Bien que, en général, la population jouisse d'un
niveau de vie élevé, la ville ne répond pas aux besoins de ses
résidents aux faibles revenus, concentrés dans un quartier. Début
2005, les fonctionnaires de la ville ont projeté une brèche de 2.9
millions de dollars entre les revenus et les dépenses pour l'année
fiscale 2006-07. Avec l'aide de "Community Focus", une organisation de
la société civile qui facilite les associations entre le gouvernement
et la communauté, la ville a invité la communauté à exprimer ses
priorités devant la formulation du budget public. Ce processus a été
nommé Ta ville/Ta décision “Your City/Your Decision.”
Il y a deux phases dans ce processus. Durant la première phase, la
ville a identifié les priorités de la communauté à travers une enquête
qui demandait aux résidents d'équilibrer le budget, de choisir parmi
une liste d'options développées par des fonctionnaires de la ville.
L'enquête a été envoyée aux foyers et était également disponible sur
Internet. A partir de cette première phase d'informations, les
fonctionnaires de la ville ont développé une liste de stratégies
possibles pour équilibrer le budget (par exemple, différents niveaux
de réductions nettes des coûts, des méthodes alternatives pour offrir
des services, des augmentations de la fiscalisation, etc.) pour
répondre aux priorités de la communauté.
Dans la seconde phase, la ville présente ces stratégies à la
communauté lors d'une série d'ateliers. Les résidents se sont
organisés en petits groupes pour simuler les discussions sur les
stratégies possibles dans le Conseil de la ville, avec chaque groupe
votant, en faveur ou contre, pour chacune des stratégies exposées et
avec finalement une solution pour équilibrer le budget. En moyenne,
les participants de l'atelier ont recommandé 1 573 000 dollars de
réductions spécifiques – dont un grand nombre seront adoptées par le
conseil – pour fermer le déficit de 2.9 millions de dollars. Les
participants ont également suggéré que 1 314 000 dollars puissent être
collectés à travers les impôts, ce qui a amené le Conseil à imposer
une mesure d'impôt pour services dans le vote approuvé en 2006. (Pour
davantage d'informations, aller sur:
http://www.menlopark.org/homepage/priority_budget.html.)
"Temps difficiles, décisions difficiles"– Philadelphie
Philadelphie, le berceau de notre démocratie aux Etats-Unis, est une
ville d'un peu plus d'1,4 millions d'habitants, dont plus de 23%
vivant en-dessous du niveau de pauvreté. Le budget annuel de la ville
est de 3,85 milliards de dollars. Depuis 1991, les finances de la
ville sont surveillées par la "Pennsylvania Intergovernmental
Cooperation Authority"(PICA), qui requiert que la ville développe des
plans fiscaux de cinq ans avec des budgets équilibrés.
Alors que la crise fiscale commençait à s'installer durant l'automne
2008, le maire tout récemment élu Michael Nutter a été confronté à un
déficit budgétaire de cinq ans de 1 milliard de dollars, avec 200
millions correspondant à l'année fiscale 2008-2009. Mi-novembre, le
maire a annoncé que le plan sur cinq ans commençant avec l'année
fiscale 2009-10 montrait un déficit additionnel de 1 milliard de
dollars.
En réponse, le "Penn Project for Civic Engagement" a développé les
ateliers budgétaires de la ville, nommés "Temps difficiles, décisions
difficiles", “Tight Times, Tough Choices.” Les ateliers se sont
concentrés sur une liste d'options pour diminuer les dépenses et
augmenter la collection d'impôts sur la base d'informations
proportionnées par l'office du budget de la ville. Les feuilles de
données incluaient les options qui s'offrent à l'administration pour
réduire le déficit, et qui ont été utilisées dans quatre ateliers dans
toute la ville. Durant les ateliers, plus de 1700 citoyens ont formé
de petits groupes dans lesquels ils ont pris des décisions. Chaque
option a reçu une note reflétant sa valeur monétaire avec un point
équivalant à 2 millions de dollars. L'objectif de chaque groupe était
d'atteindre 100 points, ou 200 millions de dollars, soit la valeur de
la moyenne annuelle du déficit de cinq ans.
Un ensemble de recommandations issues des priorités des citoyens –
concernant l'augmentation des revenus ou les réductions des dépenses –
est sorti des forums. Le maire Nutter s'est référé à ces
recommandations dans sa présentation du budget, qu'il a appelé Budget
des gens, "People’s Budget." La principale exception fut la décision
du maire de proposer une augmentation significative des impôts sur la
propriété, un des impôts les plus populaires discutés dans les
ateliers budgétaires. Cette augmentation fut la plus critiquée durant
la présentation du maire. (Pour davantage d'informations, aller sur:
http://www.gse.upenn.edu/node/690.)
Conclusion
Clairement, le public joue un rôle en donnant des informations aux
décideurs durant la formulation de leur budget annuel. Afin que ces
informations soient utiles et productives, celles-ci doivent 1)
impliquer les résidents dans un processus délibératif, informatif et
interactif 2) demander au public qu'il fasse face aux même décisions
auxquelles sont confrontés les politiques. Tant le cas de Philadelphie
que celui de Menlo Park incluent ces éléments. Ces deux villes ont été
au-delà de la création de processus dans lesquels les résidents
expriment leurs priorités. Il a été demandé au public de décider de ce
qui l'incommoderait le moins.
Il faut mentionner, cependant, qu'aucune des villes n'a donné
l'autorité à ses résidents pour la prise de décisions sur comment
dépenser l'argent. Effectivement, la pratique existe pour des budgets
déterminés dans certains quartiers de certaines villes des Etats-Unis,
mais cela ne se pratique pas au niveau national. Nous pensons que
notre démocratie requiert que nos fonctionnaires élus maintiennent
leur rôle de décideurs dans ce processus, afin de rester leaders
concernant le budget final. Cependant, les fonctionnaires publics sont
responsables d'informer le public sur les décisions prises et leur
pourquoi. Cette réciprocité est fondamentale pour construire la
relation de confiance nécessaire pour promouvoir la participation
publique dans les processus politiques.
Pour davantage d'informations, contacter Harris Sokoloff
harriss@gse.upenn.edu
ou
Malka Kopell
malka.kopell@sbcglobal.net.
L'enquête
PETS améliore les services scolaires au Guatemala, par Jorge
Lavarreda, "Centro de Investigaciones Económicas Nacionales"(CIEN)
L'expérience du Centre de recherches économiques nationales, "Centro
de Investigaciones Económicas Nacionales", (CIEN), un des "think
tanks" les plus prestigieux du Guatemala, indique que la rigueur
technique de ses recherches est nécessaire, mais pas suffisante pour
avoir une incidence sur les politiques publiques. En outre, il est
fondamental de concevoir une stratégie appropriée de communication et
de divulgation des résultats des recherches. Cet article décrit une
expérience réussie d'incidence réalisée par des chercheurs de l'aire
économique, financière et sociale du CIEN, dans laquelle ils ont
implanté la méthodologie d'enquêtes de suivi des dépenses publiques,
"Public Expenditure Tracking Surveys" (PETS, par ses sigles en
anglais), dans le secteur éducatif.
Dans le cadre du Projet de transparence et responsabilisation impulsé
par la "Brookings Institution" et le "Results for Development
Institute" en 2008, le CIEN a réalisé une étude sur l'administration
des services de soutien des écoles du département de Guatemala (le
Guatemala compte 22 Etats ou départements dans le pays, dont l'un
porte le même nom que le pays). Les programmes de soutien à
l'éducation incluent une série de programmes visant à maintenir
l'intérêt des enfants et parents pour l'école. Des preuves importantes
ont été trouvées montrant que ces programmes ont un impact positif
réel sur l'enfance, et c'est pourquoi la décision a été prise de les
étudier. Pour cela, a été élaboré un plan de travail qui a fixé comme
objectif central le développement d'une analyse détaillée des
catégories de dépenses du secteur éducatif comme: l'alimentation
scolaire, les livres de texte, le matériel scolaire, la valise
didactique, les bourses et le verre de lait, conjointement à des
propositions pour améliorer leur impact.
Le CIEN met toujours l'accent sur la conception méthodologique de ses
études. Dans ce cas, ont été formulées six questions ou hypothèses de
travail auxquelles il a été répondu à travers la méthodologie PETS.
Certaines des questions qui ont été utilisées sont: Est-ce que
suffisamment de ressources sont assignées pour répondre aux besoins de
tous les enfants durant toute l'année? Les ressources
parviennent-elles intégralement aux bénéficiaires? Ainsi, ont été
réalisées des enquêtes statistiquement représentatives et une analyse
financière pour générer des informations sur le fonctionnement des
services d'appui du Ministère de l'éducation (MINEDUC). Pour cela, une
équipe d'experts de cette méthodologie a mené une enquête auprès du
directeur de l'école, du personnel enseignant, des pères et mères de
famille, des étudiants et des responsables des associations scolaires.
Elle a également visité des écoles dans des zones urbaines et rurales
à partir d'un échantillon statistiquement représentatif des écoles du
département de Guatemala, rassemblé des observations importantes et
révisé leurs informations financières.
En outre, l'équipe du CIEN a conçu une stratégie de divulgation des
conclusions et résultats de l'équipe pour améliorer les services de
soutien à l'éducation durant les trois prochaines années. La stratégie
a identifié la nécessité de disposer d'un résumé exécutif de l'étude
conjointement à une version illustrée pour faciliter la participation
de la communauté éducative au niveau local.
L'exécution du programme d'incidence a commencé avec une réunion de
travail avec le responsable des services d'appui du Ministère de
l'éducation. La réunion a atteint les objectifs de garantir la qualité
technique de l'étude et de promouvoir les recommandations pour
améliorer les services scolaires. A partir de la réunion, ont été
identifiées et corrigées certaines erreurs dans la codification des
écoles et ont été redéfinies les recommandations pour améliorer les
services d'appui.
Avant le lancement public de l'étude, a été organisée une réunion à
laquelle a assisté la Ministre de l'éducation et où on lui a
communiqué les conclusions et recommandations de l'étude. La
recommandation de repousser le début du cycle scolaire a été bien
reçue, puisqu'elle augmente la probabilité que les étudiants disposent
au début du cycle scolaire des services d'appui.
Une semaine avant le lancement de l'étude, la Ministre de l'éducation
a déclaré dans l'un des principaux journaux du Guatemala que " les
classes ont commencé le 15 janvier seulement par habitude, mais il n'y
a aucune justification technique "et a informé que le MINEDUC était en
train d'analyser la pertinence de passer le début du cycle scolaire au
1er février 2009. En outre, elle a annoncé que seraient créés des
fonds rotatifs, c'est-à-dire des mécanismes financiers qui permettent
de dépenser des ressources financières jusqu'à un montant maximum,
lesquelles sont réattribuées une fois réalisée la liquidation
comptable des dépenses effectuées. De cette manière les associations
scolaires (se consacrant à administrer l'argent pour l'achat et la
distribution de matériel scolaire, d'aliments, le payement de bourses
et de matériel de construction et d'entretien) peuvent recevoir le
premier apport pour la consommation d'aliments des étudiants en
décembre. Ceci était une des autres recommandations du CIEN.
Les recommandations pour améliorer les services de soutien à
l'éducation incluent des mesures comme accélérer la pré-inscription
dans toutes les écoles. Ceci permettrait un meilleur contrôle des
étudiants arrivant à l'école l'année suivante, favorisant ainsi un
meilleur processus de planification budgétaire.
Les autres efforts de diffusion incluaient la publication d'un
prospectus illustré avec les principales conclusions de l'étude,
dirigé aux parents et enseignants, et le lancement public des
conclusions et recommandations de l'étude pour un public de
spécialistes en éducation et de journalistes des principaux médias de
communication sociale. Ces activités ont contribué à diffuser,
amplement, les résultats de l'étude et obtenir l'engagement public de
la part du MINEDUC d'améliorer les services d'appui. Le jour du
lancement, le CIEN a publié sur la page Internet le rapport complet de
l'étude, le résumé exécutif et la présentation PowerPoint utilisée
durant le lancement. Le prospectus a été réparti entre les assistants
à l'événement et le communiqué de presse entre les journalistes.
Quelques jours plus tard, ont été remis au responsable des services
d'appui du MINEDUC 160 exemplaires du prospectus illustré pour appuyer
les formations offertes par le MINEDUC aux associations scolaires en
2009. Finalement, a débuté la phase de diffusion avec la participation
dans un programme de radio de couverture nationale dénommé Point de
vue, "Punto de Vista", qui cherche à atteindre les leaders de
l'opinion publique.
Ce cas montre, entre autres faits, que toutes les activités réalisées
doivent avoir des objectifs clairs établis préalablement et que la
rigueur technique permet d'augmenter les probabilités d'avoir une
incidence effective sur les décideurs.
Pour voir les documents du projet du CIEN, aller sur
http://www.cien.org.gt/index.aspx?menu=3&indice=182.
Pour davantage d'informations, contacter Jorge Lavarreda
jlavarre@cien.org.gt ou Mario Cuevas à
mcuevas@cien.org.gt.
Qu'est-ce qui freine la Déclaration d'Abuja et
l'augmentation des budgets de santé en Afrique? Par Jay Colburn,
“International Budget Partnership” (IBP)
Dans la Déclaration d'Abuja de 2001, les nations africaines ont promis
d'allouer au moins 15% de leur budget national au secteur de la santé.
Huit ans plus tard, la majorité des pays n'ont pas respecté cette
promesse. Ceci est dû en partie à l'inefficacité dans la relation
entre les ministères des finances et les ministères de la santé dans
de nombreux pays africains. Des experts nationaux ont documenté cette
inefficacité à l'intérieur et entre les ministères au Ghana, au
Sénégal et en Ouganda dans des rapports qui ont nourri le contenu d'un
atelier de deux jours pour des représentants ministériels en mars 2009
à Accra, au Ghana.
Puis l'initiative de santé globale du "Woodrow Wilson International
Center for Scholars" a publié un rapport sous le titre Improving
Ministry of Health and Ministry of Finance Relationships for Increased
Health Funding le 24 juin à Washington, D.C.
Pourquoi ces pays et d'autres n'ont pu atteindre les objectifs fixés
dans la Déclaration d'Abuja? Quels sont les obstacles s'opposant à
l'augmentation des budgets de la santé, spécialement au Ghana, au
Sénégal et en Ouganda? Un élément affectant ces nations est que partie
de leur financement provient de sources externes, et que peuvent être
assignées des sources à des secteurs spécifiques, tels que l'éducation
ou l'infrastructure. Une grande part des ressources des donateurs sont
disponibles à travers le Ministère des finances, où plusieurs
ministères s'occupent d'établir des priorités dans les débats pour
obtenir des ressources. Ainsi, la difficulté pour atteindre les
objectifs d'Abuja se doit en partie à la nature capricieuse du
processus d'assignation; certaines caractéristiques des ministères et
de la relation entre eux ont contribué au manque de financement dans
le secteur santé.
A partir d'entretiens avec des ministres clés et de la révision de
différents documents budgétaires, des chercheurs du Ghana, du Sénégal
et de l'Ouganda ont préparé des lignes directrices et recommandations
pouvant être utilisées par tous les ministères africains se consacrant
à augmenter les fonds pour la santé:
-
le personnel du ministère de la santé avec davantage d'expérience et
capacité de négociation doit être celui qui fait la promotion du
financement auprès du ministère des finances.
-
Le personnel de santé doit renforcer ses arguments concrets pour
augmenter le financement en reliant les indicateurs de santé avec
des catégories déterminées du budget, cela sans oublier de prendre
en compte les limites des ressources disponibles.
-
Les ministères des finances doivent promouvoir des débats et
discussions pour jouer le rôle de médiateur dans l'assignation des
fonds.
-
Les budgets doivent être flexibles et adaptables et non rigides et
prédéterminés comme d'accoutumée.
-
Le ministère de la santé doit être consulté avant que le ministère
des finances assigne des fonds pour des projets de santé, pour
éviter la confusion et planifier le budget avec plus d'efficacité.
-
Le ministère de la santé sent que le processus budgétaire est une
formalité avec peu d'espace pour négocier et, parfois, ne sait pas à
qui demander de l'aide au sein du ministère des finances.
-
Les ministères des finances n'offrent pas de formation suffisante
sur le cadre des dépenses de moyen terme, ce qui est très important
pour la budgétisation en effectif, "cash budgeting."
-
La relation entre les ministères est également affectée par le
faible niveau de ressources assignées au secteur santé.
Sur la base de ces évaluations et analyse, il semble que ce n'est pas
seulement le manque de ressources financières qui empêche que ces
nations africains augmentent le budget de santé et atteignent les
objectifs de la Déclaration d'Abuja; il existe aussi des obstacles
bureaucratiques, techniques et de communication. Avec l'espoir, non
seulement de présenter, mais aussi de discuter et répondre aux
questions soulevées par la recherche, ces informations ont été
divulguées lors de l'atelier au Ghana auquel ont assisté plusieurs
fonctionnaires ministériels du Ghana, du Sénégal et d'Ouganda. Chaque
conseiller national a partagé ses conclusions et les représentants des
ministères des finances et de la santé ont ensuite discuté de leurs
expectatives et préoccupations. Cette occasion a permis à des
collègues des finances et de la santé d'interagir pour la première
fois. Chaque partie a présenté ses besoins et expectatives et des
formes alternatives pour le développement de capacités techniques et
communicatives plus efficaces.
L'atelier au Ghana s'est achevé avec différentes recommandations non
seulement pour les ministères des finances et de la santé, mais aussi
pour les partenaires du développement.
Recommandations pour le ministère de la santé:
a)
Conduire des activités de formation pour promouvoir les capacités
financières et la compréhension.
b)
Embauche d'économistes experts en santé pour la planification de long
terme.
c) Améliorer
la documentation du ministère des finances et surveiller et évaluer
les rapports pour justifier des augmentations au budget de la santé.
Recommandations pour le ministère des finances:
a)
Embauche de personnel spécialisé en thèmes de santé.
b)
Améliorer la projection du versement de fonds.
c) Développer
des plans budgétaires de cinq à dix ans, ainsi que des plans pour les
urgences et épidémies.
Recommandations pour la relation entre les ministères de la santé et
des finances:
a) Institutionnaliser
un mécanisme pour le dialogue entre les ministères.
b) Chaque
ministère doit assigner des fonctionnaires pour travailler avec les
ministères, collaborer dans la planification budgétaire et augmenter
les compte-rendus et l'échange d'informations.
c) Apprendre
des expériences d'autres pays en partageant problèmes communs et
solutions.
Recommandations pour les partenaires experts en développement:
a)
L'aide doit être assignée à travers le budget, au lieu d'être
attribuée directement à des projets de santé spécifiques.
b)
Des partenaires experts en développement doivent travailler avec les
ministères pour harmoniser les efforts de multiples donateurs et les
intégrer aux stratégies générales de développement des pays.
En coordination avec le lancement du rapport "Improving Ministry of
Health and Ministry of Finance Relationships for Increased Health
Funding", le Wilson Center a organisé une discussion avec trois
des participants de l'atelier pour discuter des conclusions et
recommandations et de leurs propres perspectives sur la relation entre
le ministère des finances et le ministère de la santé dans leur pays.
Dans cette réunion, Mavis McCarthy de MCM et associés (qui a participé
à la recherche du Ghana) et Mary Nannono, secrétaire permanente du
Ministère de la santé d'Ouganda, ont souligné la nécessité que les
ministères de la santé donnent plus d'importance à leurs projets avec
rétroalimentation des ministères des finances. Leur relation doit
arrêter d'être "un processus purement mécanique pour devenir un
dialogue stratégique", faisant la promotion du respect mutuel entre
les ministères.
Eva Mends, représentante du Ministère des finances du Ghana, a fermé
la session en soulignant " action, action, action ": les gens des
ministères de différents pays doivent apprendre et utiliser la
recherche et les progrès réalisés durant l'atelier. Mends observe que
le processus budgétaire n'est pas un processus technique, mais
politique qui inclut des opportunités de participation qui ne sont
souvent pas saisies.
Les conclusions de cette recherche ont des implications qui vont
au-delà du Ghana, de l'Ouganda ou du Sénégal. Dans toute l'Afrique,
des individus, des organisations, des fonctionnaires gouvernementaux
et des ministères peuvent apprendre de ces informations dispensées
durant l'atelier au Ghana et le rapport publié à D.C. pour augmenter
le financement de la santé et améliorer les vies des citoyens.
Pour voir le rapport, la vidéo de l'événement à D.C., la présentation
PowerPoint et le résumé, aller
ici.
Cours sur le suivi des budgets de la santé en Inde,
par Thokozile Madonko, "International Budget Partnership"(IBP)
Du 20 au 29 septembre 2009, l' "International Budget Partnership" (IBP),
le "Centre for Economic Governance and AIDS" en Afrique (CEGAA), et "Fundar,
Centro de Análisis e Investigación" ont organisé un atelier pilote sur
la santé et les budgets à Kerala, en Inde. Parmi les participants,
figuraient 18 organisations de 10 pays du monde entier intéressées par
l'utilisation de l'analyse et l'incidence budgétaires comme un outil
pour renforcer leur influence sur les politiques et budgets de la
santé. Huit des organisations participent aussi au programme de
financement de l'IBP dénommé "Partnership Initiative" (PI). Ces
organisations réalisent ou planifient un projet sur le budget et la
santé. Les autres organisations sont des partenaires de ECEGAA, WEMOS et
de l' "Open Society Institute."
Le cours sur la santé et les budgets est une innovation dans le
programme de formation de l'IBP. L'IBP avec CEGAA et Fundar ont conçu
le cours pour aider les participants à surveiller les politiques et
budgets de la santé. Le cours couvre une période de deux ans
commençant avec un atelier introductif intensif, suivi d'une
assistance technique personnalisée et de tutorats avec les partenaires
ou pairs durant l'implantation de leur projet sur la santé et le
budget. Les matériels de l'atelier ont été conçus pour aider les
participants à comprendre les aspects essentiels des budgets de santé,
tels que le droit à la santé, les déterminants pour la santé, les
informations de santé, les systèmes de financement de santé, les
politiques de santé et le processus budgétaire, les calculs
budgétaires et les coûts de base et l'équité dans la santé. Les
exercices pratiques de l'atelier se sont concentrés sur la mortalité
maternelle, le VIH/SIDA et l'accès aux services de santé.
Lors de l'atelier, les participants ont aussi appris des techniques de
base pour développer des stratégies d'incidence et pour communiquer
des messages sur la santé et les budgets. Un des participants a
déclaré "je sais que je vais planifier de façon très distincte, à
partir de ce que j'ai appris. Le module sur la stratégie d'incidence
aura sans aucun doute un impact sur le travail de mon organisation."
L'atelier était de caractère participatif, tout comme d'autres
initiatives de formation de l'IBP, où les participants répondent et
font des questions, discutent sur le matériel de l'atelier et
réalisent un travail et des exercices en équipe. Deux ateliers se sont
organisés simultanément avec deux équipes d'entraineurs. Ceci a permis
aux participants d'interagir de plus près avec le matériel de
l'atelier, incluant l'exercice de simulation de Polarus, un pays
fictif avec plusieurs problèmes de santé. Les participants ont révisé
une étude de cas très similaire à leur projet sur la santé et le
budget pour avoir une idée des capacités nécessaires pour implanter
leur projet.
Concernant les exercices de Polarus et de l'étude de cas, un des
participants a déclaré "j'ai beaucoup apprécié l'étude de cas de
Polarus, ce fut comme une aventure avec les autres participants et
j'ai beaucoup appris de cet exercice en particulier." Une autre
personne a déclaré "Polarus fut définitivement une expérience
incroyable, parce qu'elle nous a tous mis au même niveau."
En se fondant sur les commentaires des participants, l'IBP redéfinira
la structure de l'atelier et des matériels, pour lancer formellement
l'atelier en 2010. Le secteur santé requiert des activités de suivi et
d'incidence et l'IBP est convaincu que cet atelier thématique
contribuera aux différents efforts dans le monde.
Pour davantage d'informations, contacter Helena Hofbauer à
hofbauer@cbpp.org,
ou Thokozile Madonko à
madonko@cbpp.org.
Rapports d'UNIFEM
Rapports du programme EC-UNIFEM
"Integrating GRB into the Aid Effectiveness Agenda", par Debbie
Budlender
En 2008 UNIFEM a lancé un programme de trois ans dénommé " Integrating
gender responsive budgeting into the aid effectiveness agenda. "Le
premier composant de ce programme a impliqué une recherche dans 10
pays en voies de développement pour observer comment ont été appliqués
les outils stratégiques de la budgétisation répondant au genre, "gender
responsive budgeting" (GRB), dans le contexte des modalités présentes
d'aide financière. Cette recherche tente d'approfondir la
compréhension des partenaires nationaux et des décideurs de l'Union
européenne sur les opportunités d'utilisation de la GRB pour
promouvoir la responsabilisation sur l'équité de genre dans
l'efficacité de l'aide. Les rapports sont disponibles en anglais,
français et espagnol.
"Budgeting
for Women’s Rights: A Summary Guide for Policy Makers, Gender Equality
and Human Rights Advocates", sur la base d'un rapport, par Diane
Elson
Ce texte s'interroge sur le sens qu'implique l'adoption d'une
perspective de droits de l'homme dans l'étude des budgets
gouvernementaux. Il reprend les leçons et expériences d'initiatives de
budgets adoptant une perspective de genre, " Gender Budgets
Initiatives "(GBIs), d'autres parties du monde et relie les
engagements gouvernementaux à la Convention pour l'élimination de
toute forme de discrimination (CEDAW, par ses sigles en anglais) avec
les quatre dimensions principales des budgets: perception, dépenses,
macroéconomie du budget et processus de prise de décisions. Il
explique comment l'analyse des budgets avec une perspective de genre
contribue au suivi des actions gouvernementales concernant la CEDAW,
identifiant de quelle façon la CEDAW peut aider à établir des critères
d'équité dans les activités budgétaires et guider les GBI et d'autres
initiatives vers l'équité de genre. Cette publication est un
instrument d'incidence pour les acteurs clés dans le champ des budgets
gouvernementaux et des droits des femmes, incluant les politiques, les
législateurs au niveau national et les activistes du genre et des
droits de l'homme. Le texte est disponible en arabe, anglais, français
et espagnol.
Cours sur les budgets sensibles au genre, Turin
Le Centre international de formation de l'Organisation international
du travail, " International Training Centre of the International Labor
Organization ", (ILO) offrira des cours sur les budgets sensibles au
genre du 26 au 30 octobre 2009. Les participants de cet atelier de
cinq jours analyseront les budgets sensibles au genre comme un outil
stratégique pour impulser l'équité de genre dans la planification
économique et l'administration financière. Les méthodes de formation
incluront des présentations de spécialistes et exposants externes de
l'ILO et du Centre de Turin. Elles incluront aussi des activités
d'apprentissage individuelles et de groupe sous l'indication de
spécialistes hautement qualifiés dans des champs thématiques, des
thèmes de genre et des méthodologies d'apprentissage. Les participants
et facilitateurs travailleront dans une atmosphère très participative.
Les cours seront dispensés en français et anglais. Pour voir l'agenda,
aller
ici.
Pour davantage d'informations, envoyer un message à
gcu@itcilo.org.